Liberté et Vérité

Tu vois, Florence, que je les ai mis avec des majuscules: Liberté et Vérité. La Liberté qui prend des ailes et s’envole m’a interpellé et a tourné dans ma tête sur le Chemin, peut-être à cause justement d’un curieux sentiment de liberté qui me prenait de temps à autre dans les champs et les sous-bois. Puis la Vérité, qu’on cherche comme on cherche quelque chose qu’on ne connaît pas et qu’on n’atteindra pas, un peu comme le but d’un pèlerinage parce que, en pèlerinage, si on cherche trop délibérément c’est qu’on ne trouvera pas.

Je sais que tu te méfies beaucoup de la notion de “La Vérité” parce que tu y vois une notion religieuse qui justifie l’imposition de la loi de “sa” religion sur les autres (et je précise qu’il y a aussi des religions séculières). De ma part je me méfie beaucoup de la “Liberté”; tu sais que George Orwell faisait la remarque que “Liberté, Égalité, Fraternité, c’est ce qu’on affiche aux portes des prisons et des commissariats de police en France”.

Cela dit, c’est clair que la notion de “Liberté” n’est pas seulement une mystification. On la prend, en général, pour un bien, une chose désirable. Selon Paul Radin, l’homme archaïque (et de cela j’en déduit que c’est un caractéristique fondamental de l’homme) est foncièrement individualiste, et cherche avant tout à se réaliser et se mettre en valeur en tant qu’individu, à acquérir le mana, terme Maori qui signifie puissance, charisme, prestige. Il cherche à pouvoir agir librement – toujours selon les lois de sa communauté – afin de gagner la considération de ses congénères. La notion donc de liberté ne lui est pas inconnu loin s’en faut.

Sur le Chemin, par moments, me vient une étrange sensation de liberté, d’absence de repaires et de contraintes. Pourtant, ma vie sur le Chemin est entourée de toute sorte de contraintes: le sac qui empêche de faire des folies pour commencer, puis le fait du Chemin lui-même. Le Chemin va à Compostelle, il est fait d’étapes qui se suivent, les étapes étant mesurées par les kilomètres, on choisit les étapes selon ses goûts et surtout selon ses forces, puis par la possibilité d’hébergement ou pas. Je ne suis donc pas “libre” de faire ce qui me passe par la tête.

(Disons juste entre parenthèses, et pour être honnête, que ce sentiment de liberté provient sans doute aussi du fait que je ne subis pas les contraintes habituelles de notre vie quotidienne: pas de ménage, pas de courses à faire, pas de responsabilités envers autrui, pas besoin de répondre à la porte, and so on…).

A un moment le Chemin a longé le chemin de fer et j’ai vu passer le train qui relie Limoges à Périgueux. Un instant, il m’a semblé absurde de faire tout ce chemin si lentement et parfois péniblement à pied alors qu’il serait si simple de sauter dans un train pour couvrir la même distance en quelques minutes. Évidemment cela irait à l’encontre même du but que je me suis fixé, d’arriver à Compostelle à pied, et voilà sans doute une partie de la réponse à la question. Toutes ces contraintes, ne me semblent pas en être parce que je me les ai fixés moi-même. J’ai fait le choix de partir sur le Chemin, et ce choix m’a imposé ses contraintes, que j’accepte librement parce que j’ai choisi librement – après tout, j’aurais pu choisir de rester à la maison. Et de fait, si on y pense, à chaque fois qu’on fait un choix, qu’on prenne une décision, on choisit une voie plutôt qu’une autre; du coup, la liberté de choisir la voie qu’on a délaissé n’existe plus. Si être libre c’est choisir, c’est aussi donc se fermer des portes, accepter et s’imposer des contraintes. Ainsi notre sentiment de liberté vient-il de la possibilité de faire des choix qui nous paraissent libres.

Mais le sont-ils vraiment?

Ces choix que je fais dépendent en fait des autres. Je ne pourrais pas envisager de faire ce chemin si ce n’était pour l’aide de tous ces bénévoles des associations de Compostelle, qui balisent la voie ou qui tiennent les gîtes. Ma capacité de choisir librement ce chemin dépend donc des décisions libres des autres. Ça semble banal au plus haut point, une évidence même, dit comme ça. Mais n’est-ce pas l’inverse de ce qu’on dit habituellement, de l’idée normée qu’on nous propose de la liberté: “ma liberté s’arrête là où celle des autres commence”? Au contraire, ma liberté dépend de celle des autres et ma liberté doit aussi contribuer donc à celle des autres.

Il paraît que Socrate, quand il voulait penser une question, commençait par demander l’avis de gens dans la rue. Alors, si ça marchait pour Socrate pourquoi pas pour moi? Je me suis mis donc à poser la question aux autres que je rencontre sur le Chemin: “Qu’est-ce que la liberté pour vous?”. Il faut avouer que les gens sont un peu surpris quand je leur pose cette question tout de go. Peut-être que c’est parce qu’on nous répète sans arrêt que nous sommes “libres”, que nous vivons dans un pays “libre”, que nous finissons pas supposer que c’est vrai sans chercher plus loin. Les réponses me semblent assez similaires et reviennent à dire — pour faire simple — que la liberté c’est vivre à sa guise; à cela on ajoute (après tout, je pose la question aux gens du Chemin, qui sont un peu particuliers) qu’il faut savoir distinguer l’essentiel de ce qui ne l’est pas. Il y a une touche du Bodhisattva là-dedans: ce qui nous fait de la peine ce n’est pas de manquer des choses, mais le désir de choses qui nous n’avons pas; surmonter le désir, ne plus désirer, c’est se débarrasser de la peine du manque.

Il me semble qu’il y a du vrai et du faux là-dedans.

Ce qui est dans le vrai, c’est la résistance aux faux besoins, c’est à dire des besoins qui ne proviennent pas de nous-mêmes mais qui sont créés en-dehors de nous par toute l’immense machinerie d’indoctrination et de lavage de cerveau qu’on appelle média et publicité. On se rappelle de Patrick Lay, directeur de la chaîne de télévision commerciale française TF1, qui déclare sans fard que son métier est de “vendre du temps de cerveau disponible”. Ci-dessous un reportage contemporain à ce propos.

Cela a fait scandale dans le média à l’époque (ironie du sort!), mais en réalité le scandale ne fait que cacher la réalité sous-jacente, qui est bien plus insidieuse et difficile à discerner. J’y reviendrai. En tout cas, même si c’est un peu au premier degré, mes interlocuteurs avaient raison, je pense, d’identifier comme une atteinte à la liberté, les besoins qui sont créés de toutes pièces et qui nous sommes, en quelque sorte, imposés. Même si ces besoins ne sont imposés que par défaut, par la destruction de toutes les cultures populaires qui existaient autrefois, avec leur propres échelles de valeurs qui ne correspondaient pas complètement à l’idéologie dominante.

Je me souviens du coup de ce que me racontait mon ami poète, fils de réfugiés espagnols qui avaient fui la victoire franquiste après la guerre civile. Il a grandit dans un quartier immigré pauvre où les espagnols maintenaient en vie une sorte de petit centre culturel, avec une bibliothèque, où les gens se réunissaient pour lire, pour jouer aux échecs, même pour mettre en scène du théâtre amateur. La disparition de ce centre a correspondu à l’arrivée de la télévision. Sans doute aussi à une certaine amélioration des conditions matérielles qui ont permis aux ouvriers d’acheter des télévisions. Mais l’atomisation créée par la télévision, qui permet de se “divertir” sans participer activement dans le divertissement et sans sortir de chez soi, a sonné le glas de la culture indépendante.

On nous dit que nous sommes “libres”. Nous vivons en réalité dans une société profondément totalitaire.

“Se satisfaire de peu” exprime une résistance, pas complètement consciente peut-être, que j’estime parfaitement justifiée, valable, et nécessaire. Néanmoins, il nous met devant une nouvelle difficulté: c’est quoi, le “peu” en question? Pour prendre un exemple: la plupart d’entre nous aujourd’hui considérons que vivre dans un logement avec WC, salle de bains, et de l’eau à volonté (chaude et froide) est une nécessité de base, mais ce n’était pas toujours le cas. Quand je suis arrivé à Paris, je me souviens d’amis qui habitaient un logement géré par la Loi de 1947 et qui n’avait pas de salle de bains; une génération avant, beaucoup se satisfaisaient de toilettes collectives sur le palier, et les bien-pensants disaient que cela ne servirait à rien d’installer une baignoire chez les ouvriers car ils ne s’en serviraient que pour y stocker du charbon. C’est à dire que même quand nos besoins surgissent d’une base physiologique, la manière dont ils sont satisfaits est déterminée par le degré de culture et de développement technique que la société dans son ensemble a atteint. Marx le disait très bien: physiologiquement, la faim de l’homme préhistorique est sans doute identique à la nôtre; mais il y a un monde entre la faim assouvie par des tranches de viande crue taillées dans le cadavre d’une bête qu’on vient de tuer soi-même, et celle assouvie par un steak-frites consommé dans un restaurant parisien.

Notre liberté est ainsi indissociable du niveau matériel auquel nous avons accès. Dire ça peut sembler assez banal, n’est-il pas évident que si je veux voyager je dois en avoir les moyens matériels? Je dois vivre dans une société qui rend le voyage possible et je dois disposer moi-même des moyens financiers qui me donne accès à ces moyens matériels sociaux (navires, trains, points de chute, nourriture…). Ainsi un milliardaire peut sembler à première vue être bien plus libre que moi. Mais le milliardaire vit d’autres contraintes: lui ne peut voyager que dans des hôtels de luxe, entouré de larbins qui assouvissent ses envies. Le milliardaire ne peut voir le monde qu’à travers l’écran de tout ceux qui lui rendent service. Le milliardaire, tout autant que moi, est enfermé dans des contraintes sociales à ce différence que ce que je moi je vis comme pauvreté et manque de moyens, lui le vit comme privilège.

Si nous ne poussons pas plus loin, “se satisfaire de peu” devient lui aussi une piège, son positif se transforme en négatif.

Si la liberté c’est “vivre à ma guise”, quelle est au juste ma guise? Il ne suffit pas de vouloir, il faut savoir ce qu’on veut, et ce qu’on veut est lui-même déterminé par notre imagination, notre capacité d’imaginer — c’est à dire se figurer — ce qu’on pourrait avoir envie de faire. Et notre imagination est fortement déterminée: par le niveau matériel et culturel (dans le sens le plus large) de la société dans laquelle nous avons grandi et dans laquelle nous vivons; par notre éducation; par les habitudes de pensée sociales.

En relisant ces lignes du coup je pense à tous ces peuples, comme les Indiens des plaines d’Amérique, qui se battaient pour être «libres». Ça ne veut pas dire forcément que leurs sociétés étaient plus libres que la société occidentale qui les a engloutis, mais ils avaient certainement le sentiment de y être plus libres parce qu’ils pouvaient vivre selon leurs propres règles – des règles qu’ils n’avaient peut-être pas choisies mais qui leur étaient familières, qu’ils considéraient comme les leurs (puis évidemment, tous les peuples assujettis par le capitalisme subissaient le racisme et généralement des lois qui les excluaient en parti de la société).

Mais pour revenir à nous, et à la société dans laquelle nous vivons.

Ne voyons-nous pas dans notre société un effort très conscient de la part des dirigeants de cadrer, enfermer, enchaîner et surtout appauvrir nos imaginations? C’est comme la nourriture. MacDonald’s veut vendre un produit unique et facile à fabriquer en masse pour un coût minimal; pour cela, il fait appel aux goûts élémentaires qui sont communs à tout être humain et qui n’ont besoin d’aucune éducation gustative: sucré, salé, acide. De même, complexité, variété, originalité, individualité des masses sont à proscrire; ou peut-être serait-il plus juste de dire que ces qualités ne peuvent être permises que dans la mesure où on puisse les canaliser et les asservir.

Et tout comme un régime alimentaire MacDonald’s rend difforme la morphologie et le métabolisme humains, le régime culturel qu’on nous sert habituellement (tu as jamais remarqué à quel point, à la télé, c’est interdit d’être vieux, mal-portant, et malheureux?) exprime et renforce l’immense vide émotionnel qui se creuse au coeur de la société contemporaine. Cet appauvrissement de nos ressources émotionnelles ne porte-t-il pas atteinte à notre capacité d’agir librement?

Il faudrait penser une société radicalement différente dans laquelle le développement de la complexité, variété, originalité, individualité de chaque être humain est un but consciemment assumé de la société elle-même et où le développement de l’individu est une facteur de développement social. En attendant, la liberté sera toujours une acte de résistance qui commence par l’auto-éducation. Là aussi, d’une certaine façon, c’est une évidence: plus je suis capable d’envisager des choix possibles, plus je suis potentiellement libre de faire des choix. Être libre, c’est ainsi s’ouvrir à l’autre, aux autres individus, aux autres cultures passées et présentes, à la richesse de l’histoire humaine. Être libre c’est confronter ses propres poncifs, ses propres habitudes de penser, se mettre en question, et cela ne peut se faire qu’avec l’aide des autres. Sans doute faut-il accepter que notre degré de liberté est limitée dans la mesure où notre imagination est déterminée. Mais on peut, jusqu’à un certain point, augmenter notre champ de liberté en faisant appel aux ressources artistiques et scientifiques de notre société et des sociétés antérieures afin d’élargir notre imagination et de mettre en question les chaînes que nous forgeons nous-mêmes pour notre imagination.

Tout à l’heure j’ai dit que la liberté dépend des contraintes dans le sens qu’être libre c’est faire des choix, et chaque choix implique inévitablement la fermeture des choix alternatifs. Mais ne faut-il pas pousser plus loin cette idée? Être libre n’est pas faire ce qu’on veut indépendamment de toute contrainte. Celui qui agit selon sa guise sans aucun sentiment d’obligation envers les autres est un sociopath, et un sociopath est tout sauf libre: au contraire, il est enfermé en lui-même, esclave de lui-même et de ses propres passions. En vérité, la liberté ne peut se réaliser qu’à travers les autres et cela veut dire aussi accepter, assumer, et même revendiquer ses obligations envers les autres.

Tout cela n’est pas une question d’éducation formelle. Le but du système éducatif n’est pas de créer des esprits libres, indépendants et critiques mais de reproduire le système social existant qui ne s’intéresse à la créativité que dans la mesure où celle-ci puisse être canalisée vers la production marchande ou idéologique.


Est-ce que ça t’arrive à toi aussi? Je mets l’écrit de côté, je me lève le jour suivant profondément insatisfait de ce que j’ai écrit. Ça me semble brouillon, même s’il y a probablement des idées cachées là-dedans. J’ai été tenté de tout scratcher et reprendre à zéro, puis je me suis dit qu’une partie du but de ce que j’écris ici c’est de saisir la pensée comme elle émerge, quitte à y inclure des parties qui sont inadéquates et sur lesquelles je devrais revenir un jour.


Je me rends compte que jusqu’ici, je n’ai parlé que de la liberté, de la libre action, de l’individu. Mais cette liberté individuelle est circonscrite, encadrée, par toute la société matérielle qui l’entoure et dans laquelle elle s’exerce. L’environnement social – c’est à dire, en fin de compte, toutes les relations sociales que les êtres humains se nouent entre eux dans les processus de leurs vies – dans lequel nous agissons est hors de notre contrôle, d’ailleurs il est hors du contrôle de tout le monde même les puissants. Nous ne contrôlons rien ou si peu du système productif par lequel nous produisons de quoi satisfaire nos besoins, voire de créer nos besoins.

L’humanité est divisée en classes, en nations, et ces divisions sont aussi entretenues par ceux qui en profitent le plus. Penses au 14 juillet, ou à tous les partis politiques de la dernière élection qui nous disent tous sans exception que nous sommes des «français» qui avons besoin d’une «France forte», ou à Theresa May pour qui «un citoyen du monde est un citoyen de nulle part».

À propos du 14 juillet, je ne peux que penser à la «Mauvaise réputation» de Georges Brassens, qui était un des esprits les plus libres possibles dans le monde que nous vivons. Et voici la chanson, à l’honneur de son compositeur.

À cause de toutes ces divisions, du fait que le mécanisme social est comme une immense machine emballée hors de contrôle, nous ne pouvons pas agir en tant que individus libres et associés. Il est impossible de se fixer des buts communs, pourtant des buts dignes d’intérêt ne manque pas: la restauration de l’équilibre entre l’homme et la nature, l’exploration des océans et de l’espace, ce sont mes préférés je suis sûr que tu pourrais en ajouter d’autres.

Tant que nous ne sommes pas libres d’agir sur tout le champ social, de participer à un but collectif, de déterminer ensemble les règles sociales et d’élargir les limites de ce qu’il est possible d’imaginer, la liberté n’est qu’un petit domaine étriqué. Nous devons nous saisir des possibilités que nous avons bien sûr, mais ne jamais se laisser bercer par l’illusion que nous sommes «libres». George Orwell, je me rends compte, avait plus que raison. Le mot «Liberté» est inscrit, sans aucune ironie, au-dessus des portes des prisons, mais au fond, la liberté dont nous jouissons s’exerce aussi au sein d’une énorme prison.

La Vérité

Je sens déjà que nous allons revenir sur la Vérité, déjà parce que nous n’arrivons pas à nous accorder sur une définition de ce que la Vérité pourrait être. Quand nous en avons parlé j’ai compris (mais tu me corrigeras si j’ai mal compris) que pour toi la notion d’une Vérité est nécessairement une vérité unique et exclusive, par exemple à la manière de l’église catholique (ou des sectes divers et variés d’ailleurs) dont le Pape détient La Vérité. Si on accepte cette définition, alors il est évident (je crois au moins que nous sommes d’accord là-dessus) que La Vérité est un non-sens. Personne, aucune structure (église, parti, ce que tu veux) ne peut détenir toute la vérité (on peut avoir plus ou moins raison, mais ce n’est pas la même chose).

Moi, je t’avais proposé une autre définition, que la Vérité c’est «la meilleure description possible à un moment donné de l’ensemble de la réalité». Tu m’as répondu, je crois, que pour toi, ça c’est la réalité.

Ça me pose tout de suite un problème, et je devrais commencer par expliciter deux présupposées de base. La première c’est que il y a une réalité, qui englobe l’ensemble de l’univers que nous connaissons, depuis le Big Bang. Il n’y a pas plusieurs réalités, il n’y a pas de terre ici-bas et un royaume des cieux qui obéit à ses propres règles, il n’y a pas un monde des esprits qui transcende le monde matériel dans lequel nous vivons. La deuxième (c’est assez évident mais l’idée m’a plue quand je l’ai rencontré pour la première fois) c’est que toute description de la réalité fait partie elle-même de la réalité, mais une partie seulement. La description ne pourrait jamais donc correspondre complètement à la réalité, ce serait une contradiction dans les termes parce que cela voudrait dire que la partie englobe le tout.

Ce que je trouve beau et poétique dans l’effort humain de comprendre le monde (et qui peut prendre des formes scientifiques, historiques, artistiques) c’est que malgré l’impossibilité d’y arriver les êtres humains cherchent néanmoins à atteindre une description universelle, que tout un chacun pourrait comprendre et saisir, de l’ensemble de la réalité dont nous faisons partie. N’est-il pas beau d’essayer l’impossible, et en essayant rendre plus adéquate notre connaissance de la réalité, et de léguer cette connaissance et l’histoire des tentatives, mêmes fausses, aux générations futures?