Valeurs et Réussite, une combinaison possible ?

Stephanie Hervas
Oct 1, 2019 · 5 min read

Comment casser le système pour une vie plus riche de sens

Une synthèse du livre People Over Profit de Dale Partridge, une invitation à penser les organisations différemment.

L’accélération d’un renouveau organisationnel

Nous observons au fil de nos accompagnements que les entreprises sont, de plus en plus, en quête de sens. La popularité grandissante des méthodes du Why de Simon Sinek ou de l’Ikigai en sont la preuve. L’atteinte des objectifs financiers ne suffit plus à satisfaire les dirigeants et les collaborateurs. Tous recherchent leur raison d’être qui justifie leur existence.

Dale Partridge, dans ce livre People Over Profit, explique comment une entreprise peut connaître à la fois la réussite et l’harmonie, tout en vivant pleinement ses valeurs et sans remettre en question ses convictions.

1 cycle, 4 ères qui mettent à mal les entreprises

Avant toute chose, Partridge nous invite à comprendre le système actuel pour pouvoir finalement apprendre à s’en défaire. Il décrit un cycle de comportement organisationnel, basé sur une recherche historique des 60 dernières années et comprenant quatre ères par lesquelles passerait une majorité des entreprises.

Ere de l’honnêteté

Les premières années de l’entreprise sont fondées sur des valeurs fortes. Durant cette période, l’entreprise cherche à fidéliser ses clients en leur apportant une expérience mémorable. On recherche la fameuse “proposition de valeur” mise en lumière par le Business Model Canvas de Yves Pigneux et Alexander Osterwalder, et elle passe au centre de la stratégie. Qualité du produit et intégrité de la démarche sont alors de mise. L’innovation est au coeur de tous les process : de l’expérience collaborateur à l’expérience utilisateur, tout est balayé.

Cependant c’est également là que l’ego s’installe, et que tout peut basculer s’il n’existe pas de garde-fous.

Ere de l’efficacité

Dans cette deuxième phase, l’entreprise réussit et l’appât du gain se fait sentir plus fort. C’est attirant, mais peu à peu les valeurs se délitent et on passe de la qualité et l’honnêteté à l’efficacité et la quantité. Le rendement devient l’objectif premier. Adieu les belles ambitions ! Il est temps de faire des compromis.

Une de nos dernières interventions dont l’objectif était la redéfinition des valeurs d’une entreprise comptant une quinzaine d’années sur le marché, a illustré ce propos. L’entreprise avait la valeur “humain” comme un des piliers de sa stratégie. Or, au cours de nos ateliers, celle-ci n’est pas ressortie, ce qui a surpris plusieurs des plus anciens collaborateurs. L’identité initiale de l’entreprise a évolué vers des valeurs davantage orientées métier rognant peu à peu sur sa dimension humaine. Serait-ce un signe du dérapage décrit par Partridge ?

Il conclut le chapitre par la phrase suivante : « L’histoire nous a appris que la poursuite sans répit de l’efficacité et l’expansion peut mener au succès financier, cependant cela débouche aussi souvent sur des organisations qui ne savent plus différencier plus de mieux. »

Ere du mensonge

La descente aux enfers est bien entamée et l’avidité détruit ce qui reste de l’entreprise.

Pour se rassurer, les valeurs restent accrochées aux murs mais elles sont loin d’être appliquées. L’entreprise vit dans le déni de la réalité. La culture de l’entreprise est affectée. Le moral des collaborateurs est au plus bas et pourtant on trouve des excuses pour ne pas traiter le problème de fond. Du côté client, l’insatisfaction grandit car la qualité s’est détériorée et les prix sont plus élevés.

Un exemple parlant est le scandale du DieselGate, qui touche le groupe Volkswagen et d’autres constructeurs. Ils ont installé un logiciel fraudeur pour tromper les tests anti-pollution et augmenter les ventes de véhicules diesel. Pourtant, dans un premier temps, ils n’admettront pas la fraude. A quand la repentance ?

Ere de la repentance

Heureusement, selon Partridge, il est possible de restaurer la confiance. Nombreuses sont les entreprises qui connaissent ce sursaut et savent en tirer des conséquences. Pour cela, la transparence et l’humilité sont des éléments clés qui permettent de retrouver la personnalité initiale de l’entreprise. Le changement doit s’opérer de l’intérieur même si parfois cela implique de devoir prendre des décisions difficiles. C’est ce qu’à fait Free, par exemple. L’opérateur de télécoms a récemment fait son mea culpa public et a changé toute sa stratégie. Après des résultats dramatiques en 2018, le groupe note déjà des signes positifs pour la fin 2019.

Alors comment ne pas sombrer dans ce cycle et se maintenir dans l’ère de l’honnêteté ?

7 croyances clés

D’après Partridge, toutes les entreprises qu’il a étudiées et s’étant maintenues dans l’ère de l’honnêteté partageaient 7 croyances clés :

1) Les gens sont importants — que ce soient nos clients, nos collaborateurs ou nos fournisseurs, tous méritent un traitement juste. Ils doivent également tous comprendre la vision de l’entreprise et leur rôle.

2) La vérité gagne — la vérité va au-delà du fait ne pas mentir. Lorsqu’elle est dite, elle doit aussi être complète, venir rapidement et être exprimée clairement, car elle crée la confiance. Évidemment cette valeur doit être appliquée au plus haut sommet.

3) La transparence libère — la ligne stratégique est claire et connue de tous afin de donner du sens. Lorsque la transparence manque, cela laisse libre cours à la spéculation.

4) L’authenticité attire — il est important de rester vrai, de nommer les points non-négociables et de résister à l’envie de devenir quelque chose d’autre. Il est également important de créer un espace où les collaborateurs puissent s’épanouir sans masque (cf. la plénitude dans Reinventing Organizations)

5) La qualité parle d’elle-même — l’entreprise ne peut se contenter du satisfaisant. Il suffit d’écouter et de corriger pour maintenir ou améliorer la qualité.

6) La générosité revient — elle doit être sans arrière-pensée ni conditionnelle, ce n’est pas un outil marketing. Appliquée aux collaborateurs, ils le rendent par davantage d’implication.

7) Le courage maintient — Faire le pas de favoriser les gens plutôt que le résultat est cher et prend du temps. Il faut donc du caractère pour rester sur ses positions.

Par où commencer ?

L’auteur avoue qu’il est certes plus facile de démarrer une entreprise et de la maintenir dans l’ère de l’honnêteté que d’y revenir. Une chose est sûre, la démarche ne fonctionne pas si elle n’est pas appliquée dans son intégralité. C’est un engagement profond qui passe par une exemplarité au plus haut niveau. La démarche prend du temps et n’est pas sans obstacle, mais n’en vaut-elle pas la peine ?

A La Capsule, les réflexions et les ateliers de travail sur notre identité, nos valeurs, notre positionnement, l’expérience collaborateur sont en cours…#workinprogress

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Une structure dédiée pour mener de bout en bout les démarches d’innovation dans les entreprises. #designthinking #UX #collaboration

Stephanie Hervas

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Consultante en innovation et transformation des entreprises, entrepreneur, COO

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