Batucada: l’Artisan Parfumeur visite le Brésil.

C’est avec plaisir que je reprends ici la plume, suite à une période d’inactivité: manque d’inspiration (oui, comme vous l’aurez peut-être constaté par vous-même, les derniers mois, entre l’Air de Nina Ricci, Jimmi Choo et autres splendeurs de la parfumerie moderne, l’actualité ne s’est pas beaucoup prêtée aux coups de coeur), problèmes sur blogspot, manque de temps…. autant de raisons qui m’avaient momentanément fait délaisser mon blog.


Heureusement, l’inspiration est revenue, notamment grâce au dernier-né de l’Artisan Parfumeur, Batucada, une eau de toilette soufflant le chaud et le frais, en hommage au Brésil. Composée par deux nez, français et brésilien, Karine Vinchon Spehner, (à qui l’on doit le Coeur de Vétiver Sacré, sorti l’an dernier) et Elisabeth Maier, cette eau de toilette évoque aussi bien les fameuses caïpirinhas, que les odeurs de peau ensoleillées, sur fond baumé de sensualité latine.

Dédiée à cette danse sensuelle, la Batucada, qui signifie “les battements du coeur”, cette nouvelle eau de toilette s’ouvre sur des notes hespéridées de citron vert (limette), mariées à de la menthe crépue, mais aussi à de la lie de vin, pour évoquer l’odeur de la caïpirinha, (un de mes cocktails favoris, au passage). Cette sensation très réaliste est assez saisissante ici, tandis que le davana vient ajouter un effet légèrement fruité, qui ajoute à l’aspect rafraïchissant des notes de tête.

Mais Batucada n’est pas seulement un parfum frais, puisqu’ il va dévoiler en coeur le côté charnel et ensoleillé des fleurs blanches, avec un ylang-ylang très présent, dont on a déployé l’effet solaire avec des notes salicylées, mais aussi un accord fleur de tiaré. Comme l’ylang -ylang développe parfois des effluves un peu “banane”, (comme dans Vanille Galante d’Hermès par exemple), je me demande si ce n’est pas le cas ici, et si l’on aurait pas ajouté un peu d’acetate de benzyl à la composition, à moins que ce ne soit la combinaison avec le davana qui donne cette sensation.

Sans tomber véritablement dans l’effet opulent des fleurs blanches, le parfum prend à ce stade une tournure “peau chauffée au soleil”, évoquant un peu les effluves de crèmes solaires dont on s’enduit l’été sur la plage. Des aldehydes C 18, (note coco), viennent ajouter à l’effet exotique de la composition, et une légère note calone apporte un côté iodé et aquatique, heureusement assez discret.

Batucada s’achève sur un fond plus chaud, boisé et baumé, où le benjoin se mêle au santal d’Australie, au patchouli et au vétiver. Il est intéressant de noter ici qu’il s’agit d’un vétiver du Brésil, assez rare, puisqu’on utilise plutôt généralement du vétiver de Haïti, de Madagascar ou de Java. Le vétiver du Brésil est assez fumé en comparaison des variétés de Haïti ou Madagascar, mais moins que celui de Java. Quant au patchouli, il s’agit ici d’une fraction de patchouli, gommant ainsi l’aspect un peu camphré du patchouli au profit de ses facettes chocolatées et gourmandes, qui se marie ainsi parfaitement bien aux notes de fond baumées, chaleureuses et sensuelles.

C’est donc une composition originale que nous propose encore une fois l’Artisan Parfumeur, atypique et poétique, même si pour ma part, je lui aurais préféré un peu plus de sillage.

Disponible à partir du mois d’octobre dans les boutiques de l’Artisan Parfumeur.

Originally published at mybluehour.blogspot.fr on December 13, 2014.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.