Carnet brûlé (du monde qui crie) / Marilyne Busque-Dubois

La Recrue
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Oct 24, 2019 · 2 min read
Carnet brûlé (du monde qui crie) / Maryline Busque-Dubois
Carnet brûlé (du monde qui crie) / Maryline Busque-Dubois

Errance imposée dans la traversée de l’Ouest canadien

Par Axel Roy

Dans Carnet brûlé (du monde qui crie), Marilyne Busque-Dubois nous livre un journal de voyage, une journée à la fois, une page à la fois. Les marges de chaque page sont tatouées d’une date, du 7 mai au 26 juin 2018. Entre ces dates, une voyageuse se perd dans un pèlerinage solitaire, la traversée de l’Ouest canadien, dans l’espoir peut-être de se retrouver soi-même.

Un lyrisme dans les images se heurte à la réalité du voyage : tente, jeep, route qui ne finit plus, soupe en canne, ampoule mauve, moustiques, boue, cendre, marécage, montagne. La voyageuse se pousse au bout d’elle-même et de son corps, se heurte à la pluie, la soif, la faim, l’épuisement. Elle se vide et se coupe complètement du monde et nous finissons par l’oublier, nous aussi, le monde. Nous entrons dans un univers sans unité de temps. Les repères se brouillent. La solitude est intemporelle et permanente. Les limites entre son corps, ses émotions, et le paysage qui l’entoure ne sont plus claires. La nature reflète des états d’âme tout au long du recueil. Son être friable s’immerge dans les cendres des forêts brûlées du nord de la Colombie-Britannique, se questionne sur sa propre vitalité, sur le sens qu’il faut donner aux choses. Une partie d’elle meurt dans ce voyage rude, cette errance forcée à soi.

La mise en page est intéressante ; les vers sont fragmentés et dispersés dans l’espace, tout comme la voyageuse, en fait. Une mise en page plus sobre par moments aurait peut-être pu aider à cibler certains passages où le morcèlement des idées sert essentiellement les propos.

La mention d’un amour qui l’attend après le voyage vient briser par moments cette bulle d’isolement si bien construite. Toutefois, pendant la lecture, il est naturel de se sentir témoin des aventures relatées, de s’imaginer les paysages, de ressentir les débordements humains et de la nature.

C’est une expérience de lecture condensée et courte, mais très riche en instants, en sensations, en moments concrets d’humanité.

Carnet brûlé (du monde qui crie)
Marilyne Busque-Dubois
Les Éditions du Blé, 2019
87 pages

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Vitrine des premières œuvres littéraires québécoises

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