Les passions d’Ariane Michaud

La Recrue
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Nov 21, 2019 · 4 min read
Ariane Michaud © Sophie Jean Photographe
Ariane Michaud © Sophie Jean Photographe

Par Mylène Viens

Celle qui se destinait à enseigner la littérature au CÉGEP afin de combiner sa passion de la lecture et de l’écriture à sa carrière a quelque peu déjoué ses plans en publiant son tout premier roman Les mouches en papier en septembre dernier aux Éditions au Carré.

Une histoire de passions

« Je voulais jumeler mes deux passions : la littéraire et l’enseignement », m’avoue-t-elle. On peut dire qu’elle a bien réussi, puisqu’elle occupe un poste en tant que conseillère pédagogique tout en poursuivant ses projets d’écriture.

L’écriture devait absolument occuper une place dans sa vie, car d’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours écrit. « J’écrivais un journal intime, de la chanson, de la poésie. Je lisais des livres et je réécrivais la fin. Je réécrivais la fin des films que j’aimais », me raconte-t-elle en riant.

Toutefois, c’est seulement il y a quelques années qu’un projet sérieux s’est installé. « J’ai commencé en 2012 à écrire ce qui allait donner Les mouches en papiers. Une histoire que j’avais écrit pour mon propre plaisir et, plus j’y mettais du temps, plus je me disais que ça vaudrait la peine d’en faire quelque chose de plus professionnel. Et ç’a donné ce qu’on sait aujourd’hui. »

Récipiendaire de la bourse Première Ovation en 2016, Ariane Michaud a pu se consacrer entièrement à ce projet d’écriture en plus de bénéficier de judicieux conseils de l’autrice Mélissa Verreault. « Ça m’a vraiment donné un coup de pouce immense! »

Un message de liberté et de lâcher-prise

Après m’être plongée dans l’univers du roman Les mouches en papiers, dans lequel cinq amis décident de quitter la ville pour s’établir tous ensemble à la campagne, il était évident pour moi que la quête de liberté était un thème fort de son œuvre. Néanmoins, quand j’ai demandé à Ariane Michaud quel était le message qu’elle souhaitait livrer avec son roman, elle m’a tout de suite répondu : le lâcher-prise. Un message très porteur dans un monde où l’on souhaite tout contrôler.

« Il y a des choses qui ne sont juste pas faites pour être et il ne faut pas se virer à l’envers pour ça, il faut simplement lâcher prise », m’a-t-elle confié le plus calmement du monde.

Une suite?

La lectrice en moi avait bien hâte de savoir si l’autrice prévoyait une suite à ce premier roman prometteur. « Dans un avenir immédiat, je n’ai pas prévu de donner suite à Les mouches en papier. Il ne faut jamais dire jamais, mais je trouvais que la fin de mon livre venait boucler la boucle de ce que j’avais envie de dire sur ce sujet-là. » Heureusement, Ariane Michaud m’a assuré travailler sur, non pas un, mais bien deux projets en ce moment! « Je travaille sur plusieurs choses et, comme j’ai des intérêts vraiment différents, j’ai commencé un projet de science-fiction. C’est complètement ailleurs. »

Lectures marquantes

Ariane Michaud s’est livrée à l’exercice des lectures marquantes, mais avant de le faire elle m’a tout de suite avisée : « Je ne fais aucune discrimination dans la littérature. Je lis de la poésie, de la bande dessinée, des essais, de la science-fiction, du policier, beaucoup de romans québécois aussi. C’est super diversifié! »

Lectures marquantes d’Ariane Michaud
Lectures marquantes d’Ariane Michaud

L’Avalé des avalés de Réjean Ducharme

« Je l’ai découvert au secondaire, en lisant un extrait qu’il y avait dans un livre. Quand j’ai lu cet extrait-là, je me suis procuré le livre et j’ai eu un coup de cœur incroyable pour Réjean Ducharme et, après ça, pour tous ses livres. C’est vraiment un écrivain phare. Je le redécouvre aux deux, trois ans. Je relis l’un de ses livres parce qu’il y a tellement de choses là-dedans. C’est tellement riche! C’est l’écrivain qui m’a le plus marqué définitivement. »

Si c’est un homme de Primo Levi

« Je trouve ça super touchant de lire des récits de guerre, des récits de survie dans les camps. Je trouve ça incroyable de passer par la littérature pour exprimer ce genre de témoignage. On n’est plus dans la fiction, c’est la réalité. Il n’y a rien de plus incroyable que la réalité pure. Lire ça, c’est de l’horreur, mais en même temps, c’est un récit de survie. Je trouve ça incroyable de lire ça. Autant j’aime regarder des documentaires sur le sujet, autant il n’y a rien qui touche comme quelqu’un qui a laissé sa trace d’une expérience complètement renversante de ce type-là. »

La série Paul de Michel Rabagliati

Paul au parc

« Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup la bande dessinée. En vieillissant, j’ai arrêté un peu de lire ce genre-là. Après l’Université, j’ai redécouvert la bande dessinée à travers les albums de Paul. J’ai trouvé ça touchant. Avec des petits personnages, on a l’impression que c’est plus enfantin, par le médium, mais j’ai vraiment beaucoup aimé chacun des Paul. Je les possède tous. J’ai même eu la larme à l’œil à certains passages. Ça m’a fait renouer avec la bande dessinée et maintenant j’en achète énormément. Chaque mois, je vais m’acheter une belle bande dessinée. »

Cliquez pour lire notre article sur Les mouches en papier :

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Vitrine des premières œuvres littéraires québécoises

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