La belle et le modeste.

Il était une fois, une jeune fille qui ne voulait pas avoir d’amoureux. Tout le monde se moquait d’elle et lui disait qu’elle allait finir vieille fille. Cette jeune fille se prénommait Awa et cela lui importait peu de finir « vieille fille ».
Ce qui l’ennuyait en revanche, c’était l’acharnement des personnes de son village.
Il n’y avait-il pas d’autres choses merveilleuses à faire que de se trouver un amoureux ? Comme chanter, se balader des heures dans la forêt, s’amuser avec ses amis.
Lassée, Awa alla se construire une cabane dans la forêt; la compagnie des arbres lui allait très bien ! Elle s’y sentit à son aise , sympathisa avec les animaux et s’y installa définitivement.
De leur côté, les gens s’inquiétaient au village :
« Qu’ elle est bizarre cette fille ! » disaient certains.
« Elle va finir mal … » médisaient d’autres.
« Peut être qu’elle cache un gros trésor ! » s’exclamèrent les plus curieux.
« Ou bien c’est une sorcière … » s’inquiétaient les peureux.
Bref, la singularité d’ Awa lui valut les foudres du village qui décida d’aller la déloger de chez elle.
Le matin même, ils se rendirent tous chez la jeune fille, munis de fourches et de balais pour enfoncer la porte d’entrée si jamais elle refusait d’ouvrir.
Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’ Awa avait des pouvoirs. Sa sagesse singulière lui avait conféré le don de communiquer avec des êtres vivants et les objets par la pensée.
Aussi bien que les habitants essayèrent encore et encore de rentrer dans la maison sans succès, les portes refusèrent de s’ouvrir.
Découragés, les villageois rentrèrent chez eux, sauf Koro, un jeune homme apprenti tisserand qui attendit jusqu’à la tombée de la nuit.
Quand la pleine lune fut haute dans le ciel, il alla frapper à la porte d’Awa. Elle lui ouvrit et voyant qu’il n’était ni intrusif, ni méchant, elle le fit entrer.
Elle partagea son dîner, un délicieux foutou sauce graine avant de lui montrer son magnifique potager.
« C’est magnifique chez toi ! Je m’y sens tellement bien que je pourrais y vivre jusqu’à la fin de mes jours …» s’ exclama Koro.
C’est ce qu’ il fit. Awa et lui vécurent dans cette maison au milieu de la forêt. Cultivant leur propre jardin et récoltant les fruits du bonheur de vivre comme on veut dans le respect des autres.
L’amour avait frappé à sa porte sans qu’elle le cherche et cela lui avait réussi.

