Brésil : L’essor des journalistes venant des favelas dérange

Nous connaissons le contexte difficile dans lequel vivent les habitants des favelas de Rio, ce qui n’empêche pas le développement de petits journaux et médias locaux.

En effet, le journalisme citoyen résiste et se développe dans les favelas de Rio de Janeiro malgré les arrestations arbitraires et les violences de la police militaire.

Dans les favelas, il existe beaucoup de moyens de communications alternatifs souvent dirigés par de nouveaux journalistes citoyens, majoritairement des jeunes, qui ont découvert dans le journalisme un outil unique de survie, de dénonciation, d’expression de leurs cultures et identités au cœur de quartiers souvent délaissés par les grandes villes de part leurs mauvaises réputations.

Ces jeunes ont su trouvés dans les nouvelles technologie un allié de taille, leur permettant de relater les actualités souvent ignorées (volontairement ou non) par les grands journaux locaux.

Les thèmes qu’ils abordent sont divers et variés, comme : l’environnement, la culture populaire, la mémoire collective.

Ils essayent de voir plus loin que les stéréotypes, et les couvertures « alléchantes » des grands médias brésiliens qu’ils dénoncent les accusant de « vendre l’actualité la plus choquante » devenu aujourd’hui un réel business.

Un de leurs nombreux objectifs est de lutter contre les préjugés des bidonvilles, et notamment la première agence mondiale d’actualités des favelas (ANF), fondée en 2001 et qui aujourd’hui compte plus de 300 collaborateurs dans les différents quartiers du Brésil. C’est l’exemple type du développement du journalisme au cœur des favelas.

Bien qu’ayant de nombreux objectifs et abordant beaucoup de sujets différents et préoccupants, tel que le manque de place dans les collèges, l’absence d’hôpitaux… un seul revient souvent sur la table, il s’agit de la violation des droits de l’homme par l’état.

En effet, il y a beaucoup de conflits opposant la police et les habitants des bidonvilles entraînant des violences, la haine, des condamnations et parfois des morts.

Des violences souvent perçues comme une atteinte à la liberté d’expression et de l’information.

Ces nouveaux journalistes martèlent que l’état essaye de les faire taire, puisqu’ils montrent certaines choses pouvant déranger et choquer. Nous savons que les médias sont devenus un vrai outil de manœuvre politique, et en vue de certaines échéances, ou du souhait de l’essor du tourisme au Brésil ; l’émergence de ces journaux n’est pas perçu d’un très bon œil par bon nombre de politiciens, puisqu’ils montrent souvent la face cachée et la réalité au sein des grandes villes.

Nous avons l’exemple de deux journalistes des bidonvilles, qui ont été détenus par la police militaire, pour avoir transmis en direct, l’expulsion d’une favela de Skol, au nord de Rio de Janeiro.

Le journalisme au sein des favelas, se développe rapidement, beaucoup de jeunes voit dans le journalisme un échappatoire à la pauvreté, mais être journaliste dans un bidonville n’est visiblement pas sans danger et du goût de tout le monde.

Source : El Pais — « Periodismo comunitario : la voz de los silenciados » 1 Nov 2016

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