La résistance du Mexique face à la menace économique de Trump

L’administration de Peña Nieto va renforcer l’assistance consulaire pour les Mexicains aux États-Unis et va tout mettre en œuvre afin d’éviter de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), car en effet, le nouveau président des États-Unis Donald Trump a annoncé un ultimatum : soit il y aura renégociation de cet accord, ou alors il y mettra fin le 7 Août 2017.

Le Mexique se prépare au pire avec ce nouveau président des États-Unis, pour ce pays il est venu l’heure de se confronter à Donald Trump. Celui-ci a confirmé le week-end dernier dans une interview qu’il prévoit d’expulser jusqu’à 3 millions de personnes en situation irrégulière dans le pays, dont la plupart serait d’origine mexicaine. Et ce mardi, ses intentions de négocier l’Accord de libre-échange nord-américain ont été confirmées. Dans ce contexte, le gouvernement mexicain a commencé à planifier ses réponses à la tempête.

Le secrétariat des Affaires étrangères mais aussi celui des Affaires économiques tenu à montrer leur position à l’encontre des commentaires de Donald Trump sur le Mexique. Et bien que l’administration de Enrique Peña Nieto n’a pas défini ouvertement sa stratégie de résistance, le président mexicain a assuré qu’il va faire une mise au point lors du dialogue qu’il aura avec le nouveau gouvernement des États-Unis. Ce mardi 15 Novembre Enrique Peña Nieto a révélé aux chefs d’entreprises : «Je sais que le contexte mondiale, et en particulier le nouveau chapitre qui s’ouvre dans la relation américano-mexicaine, génère désormais une incertitude constante».

Aujourd’hui, les plus grandes préoccupations du Mexique sont principalement les conséquences économiques que la présidence de Trump pourrait avoir sur les finances du pays. Dès lors de la victoire du républicain, la valeur du peso mexicain a subi une dépréciation de 15%.

L’ALENA, qui a été formé en 1993 par les trois pays (Canada, États-Unis, Mexique) a permis au Mexique d’augmenter ses exportations vers les États-Unis jusqu’à 80%. Alors lorsque Trump annonce une renégociation de cet accord, Ildefonso Guajardo, ministre de l’Économie du Mexique répond clairement que pour le Mexique il n’est absolument pas souhaitable de remettre sur la table l’accord qui élimine les droits de douane sur divers produits aux frontières.

A cause de cette incertitude croissante, les analystes estiment que jeudi, la Banque du Mexique va augmenter les taux d’intérêt à venir pour la 4ème fois en un an, sous la pression d’une dépréciation du peso mexicain. L’économiste, Samuel Garcia, estime que cette hausse peut placer les taux d’intérêt à 5,5%, dans le but de rendre les capitaux investis au Mexique plus compétitifs.

Garcia a expliqué que bien que l’accent soit mis sur la relation commerciale entre le Mexique et les États-Unis et la politique monétaire, le Mexique doit d’abord prêter attention à ses finances nationales. Le Mexique possède une dette publique supérieure à 50% de son produit intérieur brut, et ses recettes fiscales, principalement perçues grâces aux entreprises, pourraient être mises en danger si Trump venait à remplir sa promesse d’une baisse des impôts aux États-Unis. Cela obligerait les autorités fiscales mexicaines à faire de même pour rester compétitives avec des investissements étrangers, un luxe que le pays ne peut pas se permettre malheureusement. «Le gouvernement mexicain doit prendre des mesures concrètes et il doit envoyer des signaux aux marchés afin de leur montrer que le niveau de risque n’est pas entrain d’augmenter avec l’incertitude croissante au sujet du mandat Trump», dit-il.

Face à la possibilité de déportations massives, le gouvernement mexicain va renforcer les 50 consulats aux États-Unis pour s’occuper des migrants mexicains. Les Affaires Étrangères ont rendu publique ce mercredi une campagne pour répandre la protection consulaire et pour appeler au calme face à la tension que les annonces de Trump ont généré dans la communauté mexicaine de ce pays. Le corps diplomatique du Mexique aux États-Unis est le plus grand que le pays d’Amérique latine ait connu dans le monde.

Peña Nieto, qui, pendant la campagne aux États-Unis a reçu Donald Trump à la résidence présidentielle, a promis de défendre les intérêts du Mexique. “Nous allons devoir travailler avec un grand pragmatisme, pour s’accorder sur ce qui est utile et souhaitable pour le Mexique et toute l’Amérique du Nord; et toujours dans la défense des principes de base qui ne sont pas négociables, comme notre souveraineté, l’intérêt national et la protection de nos citoyens “, a-t-il dit.

Date : 19 Novembre 2016

Source : http://economia.elpais.com/economia/2016/11/16/actualidad/1479264750_307920.html , El Pais, Article du 16 Novembre

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