LE SALVADOR RÉÉLU PAYS LE PLUS VIOLENT AU MONDE, LE GOUVERNEMENT TRIOMPHE

Cette année encore le Salvador remporte le titre du pays le plus violent au monde, mais de ce qui pourrait paraître négatif, le gouvernement ne voit pas les chiffres accablants liés à la délinquance de cette manière, au contraire : « la route que nous menons est la bonne » souligne le vice-président Óscar Ortiz lors d’une conférence de presse.

La conférence c’est passé le 7 novembre dernier. Elle était tenue entre autres par le vice-président Óscar Ortiz et le ministre de la Justice et de la Sécurité Publique Mauricio Ramírez Landaverde. C’est par un opinion très positif que le vice-président inaugure cet évènement, en parlant de leur politique, notamment au niveau de la sécurité publique du Salvador, il dit : « la route que nous menons est la bonne ». Nous pourrons noter la volonté du bras droit du président Salvador Sanchez Cerén de poursuivre ce « succès » par le biais de ce qu’il nomme des « moyens extraordinaires » et ce en visant, par exemple, le système pénitencier et les membres de gangs.

Afin de soutenir cette stratégie de « triomphe », le gouvernement s’appuie et se compare sur des données chiffrées. D’une part, entre le 1er janvier et le 31 octobre 2016 les homicides ont diminué de 18% par rapport à la même période l’an passé. Sur cette même tendance, selon la Police Nationale Civile (PNC), les vols ont diminué de 3%, les cambriolages de 8%, les violations de la loi de 1%. Les vols de véhicules et les homicides déclarés coupable lors d’accidents ont quant à eux augmenté. D’autre part, l’année 2015 fût effectivement l’année la plus violente du siècle dans le pays avec 103 homicides pour 100 000 habitants (sans compter les centaines de personnes disparût). Ainsi, même si les résultats alarmant de 2016 font échos en cette fin d’année avec 5300 homicides (soit 82 pour 100 000 habitants), ceux de 2015 restent bien pire.

À titre de comparaison, les Honduras, considérés jusqu’en 2014 comme étant le pays le plus violent du monde « sans guerre ouverte » avec le Guatemala, espèrent respectivement conclure l’année 2016 avec 58 et 30 homicides pour 100 000 habitants, donnant malheureusement le titre du pays le plus violent, au Salvador. La capitale San Salvador reste de loin la ville la plus affectée par cette épidémie de violence.

Ainsi, les « moyens extraordinaires » décrit par Óscar Ortiz deviennent le point d’inflexion des directives gouvernementales. Pour illustrer ce propos, en février les FIRT (Fuerzas de Intervención de Recuperación del Territorio) ont formé et intégré des policiers et des soldats hautement qualifiés dans le but d’arracher le territorial aux Maras. Naissant de cette même volonté, en mars 2016 a été déclaré l’état d’urgence dans les 7 prisons où il y avait une présence majoritaire de membre de gangs. C’est donc ce type d’initiatives qui viennent s’ajouter à des réformes légales ou encore à une meilleure coordination fiscale.

Finalement, l’objectif principal des mesures citées paraissent surtout de défendre offensivement la société, les policiers et militaires salvadoriens. Faire face de manière frontale à la structure criminel engageait inévitablement une réaction des pendillas. C’est donc avec honneur que les 37 et 18 policiers et militaires assassinés sont qualifiés d’héros et d’héroïnes par le vice-président Ortiz qui par ailleurs, affirme voir des résultats concrets de part ces directives.

Par ailleurs, l’article relève d’entre les lignes du discours triomphal du vice-président Ortiz, que le Salvador n’a pas fini de faire couler du sang dans ce chemin vers la paix. « Il faudra payer un haut coût de sacrifices, comme nous le payons déjà », mais cela se voit nécessaire selon ces dire « ce que nous ne pouvons pas permettre c’est que cette menace se consolide dans les années à venir, et qu’elle se présente comme l’un des facteurs les plus déstabilisateurs de notre démocratie ».

Ironie du sort, 24 heures après la fin de cette conférence de presse, 2 policiers et 1 soldat ont été ajouté à la liste des fonctionnaires assassinés depuis que le gouvernement ait déclaré la guerre aux « pandillas » ayant fait flamber le taux de criminalité et les pertes humaines dans les forces de l’ordre.

Sébastien GARRAWAY

Roberto Valencia, 8/11/16
http://www.elfaro.net/es/201611/el_salvador/19522/Triunfalismo-en-el-discurso-del-gobierno-pero-El-Salvador-a%C3%BAn-es-el-pa%C3%ADs-m%C3%A1s-violento-del-mundo.htm
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