Le Venezuela face à une inflation hors norme

Obligés de faire la queue pour retirer 5000 bolívares (équivalent à 472€) au maximum, les vénézueliens se plaignent après qu’une limitation de retrait ait été instaurée dans les distributeurs automatiques de billets.

Les économistes ne parlent pas vraiment de “gel des retraits” mais décrivent la situation en fonction de la conjecture: “Nous sommes en période de bonification (NB: les primes de fin d’année), les gens veulent du liquide mais le volume réel qu’il y a la banque l’oblige à limiter les retraits.” explique César Aristimuño, expert du domaine bancaire.

Cela n’arrange en rien l’hyperinflation que subissent les vénézueliens, alors que le retrait de plus d’argent pourrait la réduire. Aussi, le Venezuela terminera l’année en leader mondial de la hausse des prix depuis ce début d’année, le FMI estimant qu’elle sera autour des 700%. A titre de comparaison, l’inflation en Colombie est de l’ordre de 6%, et le niveau du Venezuela dépasse de plus de 650 points le deuxième pays ayant la plus forte inflation. Pour un panier classique d’une famille de cinq personnes, le prix moyen est de 500 000 bolívares.

La limite de 5000 bolívares de retrait est donc très loin des besoins des vénézueliens. Avec cet argent, ils peuvent s’acheter un petit déjeuner et pas beaucoup plus. Un café coûte 900 bolívares, un jus d’orange, 700,… La situation est très problématique. On assiste donc à des scènes surréalistes où chez un marchand de fruits, le commerçant pèse des liasses de billets de 100 bolívares (le plus important auparavant) plutôt que les compter, tellement leur nombre est conséquent.

Face à cela, la Banque Centrale de Venezuela compte émettre des nouveaux billets de 500 et 1000 bolívares, mais ne seront pas disponibles avant le premier trimestre 2017, et ne pourront réduire l’inflation si le gel des retraits bancaires est toujours en place. “La pénurie de liquidité peut se révéler épique”, prédit Henkel Garcia, directeur de Econométrica (NB: entreprise spécialisée en économétrie).

Aristimuño a calculé que les comptes courants, les pièces et les billets représentent 86.6% du total de la monnaie du pays, symbole d’une économie où l’épargne baisse et où l’on assiste à une liquéfaction de la monnaie. “C’est anormal que l’on ait seulement deux solutions: l’émission de nouveaux billets et des politiques monétaires et fiscales adéquates”, conclut-il.

Source: http://www.lanacion.com.ar/1956902-la-escasez-venezolana-ahora-deja-los-cajeros-sin-billetes

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