Un ticket d’entrée chilien nécessaire pour la Bolivie ?

Les deux meilleurs ennemis font encore parler d’eux. En effet, les autorités boliviennes devront demander une autorisation au Chili, avant de pouvoir entrer sur leur territoire.

Après la pluie, ̶l̶e̶ ̶b̶e̶a̶u̶ ̶t̶e̶m̶p̶s̶ ̶?̶ Ce dicton ne semble pas s’appliquer à la Bolivie et au Chili.

En effet, les (non) relations diplomatiques entre les deux pays sont mises à mal.

En cause ? Les visite datant du 19 et 20 Juillet 2016, du chancelier bolivien David Choquehuanca qui fut précédée de celle du président de la Bolivie, Evo Morales, dans les villes d’Arica et d’Antofagasta (Chili), qui s’ensuivirent d’une critique de ce dernier quant aux charges payées par la Bolivie au Chili pour avoir le droit de disposer d’un accès aux ports.

La visite de David Choquehuanca quant à elle, n’était pas prévue. Le Chili a donc décidé de faire attendre le ministre et les parlementaires boliviens ainsi que des journalistes un certain temps, pour vérifier le motif de la visite “surprise” du bras droit d’Evo Morales.

Ainsi, les autorités chiliennes ont découvert que le ministre ne venait pas faire une visite de courtoisie. En effet, David Choquehuanca venait “inspecter dans quelles conditions travaillaient les transporteurs de son pays dans des ports qui ne sont pas les leurs”.

Rappelons que la Bolivie n’a aucun accès à la mer, et ce depuis la Guerre du Pacifique ou encore Guerre du Salpêtre (où le Chili annexa toute la partie côtière de la Bolivie), qui prit fin en 1883. Cependant, le Chili, ̶s̶o̶u̶c̶i̶e̶u̶x̶ ̶d̶u̶ ̶b̶i̶e̶n̶ ̶ê̶t̶r̶e̶ ̶d̶e̶ ̶s̶o̶n̶ ̶v̶o̶i̶s̶i̶n̶ “a offert des accès et des taxes préférentiels dans les ports d’Antofagasta, Iquique et Arica.” Mais ̶c̶e̶ ̶t̶é̶m̶o̶i̶g̶n̶a̶g̶e̶ ̶d̶’̶a̶m̶i̶t̶i̶é̶, est en fait un cadeau empoisonné car la privatisation de ces ports par le Chili, augmente considérablement le coût des transports boliviens. A titre d’exemple, les exportations boliviennes transitant par le biais des ports chiliens sont 55% plus chères que celles du Chili, selon Le Monde Diplomatique (1).

Ici, il est donc question des conditions dans lesquels travaillent de nombreux boliviens chaque jour dans les ports chiliens. Et celles-ci ne seraient pas bonnes selon Choquehuanca. “Discrimination, racisme” serait le quotidien des transporteurs boliviens.

Vérité trop dure à dire pour le Chili ? Mensonge bien pensé pour la Bolivie ?Nos cœurs balancent.

Et si la vérité était toute autre ? Encore une raison de plus pour semer le trouble entre les deux pays.

En tout cas ce qui est sûr, c’est que la Bolivie n’est pas près de retourner visiter les “docks” chiliens, à moins qu’elle ne s’arme de son visa, sésame ultime pour entrer sur le territoire. Et cette dernière n’est pas près non plus de retrouver son accès à la mer. “¡pobrecita!”

Les rivalités des deux pays ne vont qu’en s’intensifiant, une trêve est-elle réalisable ? Vu la conjoncture et le lourd passif de ces deux pays Sud Américains, je dirais que non. Mais si trêve il y a, je serais la première à vous en faire part.

Affaire à suivre.

(1) Dans l’article “La Bolivie les yeux vers les flots”, de Cédric Gouverneur, Le Monde diplomatique de Septembre 2015, p.6.

Sources :

Rocío Montes pour El País, “Chile exigirá visa a los diplomáticos bolivianos” <http://internacional.elpais.com/internacional/2016/07/20/america/1468986675_693767.html> , le 20 Juillet 2016.

Jac Forton pour Nouveau Espaces Latinos, “Accès souverain à la mer : la Bolivie remporte le premier round contre le Chili” <http://www.espaces-latinos.org/archives/35463>, le 29 Septembre 2015.

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