Le monde en colère contre les OGM

Deux jours après avoir réformé la loi permettant à chaque État membre de l’Union Européenne d’interdire les OGM dans leur pays et provoquant ainsi la colère des États-Unis, l’Union Européenne a autorisé l’importation et la commercialisation de 19 produits OGM en Europe, ce vendredi 24 avril 2015.

L’autorisation concerne 17 organismes génétiquement modifiés destinés à l’alimentation humaine et animale ainsi que deux œillets de fleurs. Dans cette liste figure 11 produits de la multinationale américaine Monsanto (soja, maïs, colza et coton) et les autres se partagent entre les entreprises Dupont, Bayer et BASF.

Pourquoi la Commission a donné son accord ?

Ces demandes d’autorisation attendaient déjà depuis plusieurs années l’accord de la Commission Européenne. Mais les États membres n’avaient pas réussi à résoudre certains problèmes d’importation ou de commercialisation et n’étaient donc pas unanimes. Aucune majorité ne s’étant dégagée, c’est à la Commission de prendre le relais et d’apporter la décision finale. Résultat, l’autorisation de ces 19 OGM est immédiate et acceptée. Elle vaut ainsi pour dix ans et s’impose à tous les États membres, y compris à ceux qui s’y sont opposés bien que la réforme leur permet d’interdire la culture sur leur territoire.

La colère des politiques français

Pour les Verts, cette proposition n’est qu’hypocrisie. Même si chaque État membre a la liberté d’interdire les OGM sur son sol, ces derniers pourront facilement se retrouver dans nos assiettes.

Approbation d’#OGM, la Commission Européenne se couche devant le lobby transgénique
— José Bové (@josebove) April 24, 2015

Yves PietraSanta, président du groupe Écologistes et apparentés et ancien vice-président de la région Languedoc-Roussillon a manifesté sa colère. Lors de son mandat de député européen, les OGM étaient des problèmes auxquels il fallait faire très attention. Il souligne que :

Les OGM dénaturent et trafiquent la nature, ce sont des boites de chimie ultra puissantes, tels des poisons, qui entrent dans le pays en soudoyant les gens et qui causent des maladies. (Yves PietraSanta)

Le politique ose même comparer ces organismes modifiés à l’amiante et déclare que ces pratiques sont dangereuses.

« On ne peut pas accepter cela car c’est une avancée à l’aveugle, il faut militer contre ça, contre ces poulets à l’eau de javel, faisons quelques choses pour l’alimentation ! ».

Le Front National condamne également cette décision et demande au gouvernement français de désobéir et d’interdire ces OGM en France.

« L’Eurodictature met les #OGM dans votre assiette ! » | Mon communiqué de presse : http://t.co/ecnmWA8QX2
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) April 25, 2015

OGM, quel avenir ?

Guide des aliments avec et sans OGM

Cette décision porte maintenant à 75 le nombre des OGM autorisés pour l’alimentation animale et humaine pour l’importation et la commercialisation dans l’UE. Cependant, grâce à la réforme, les États membres peuvent restreindre et interdire l’utilisation de ces organismes sur leur territoire. Chaque pays est ainsi libre d’adopter sa propre politique environnementale et de choisir une agriculture traditionnelle ou intensive.

Aujourd’hui, entre une tendance bio et locavore qui s’intensifie, on peut se poser des questions sur la place et le futur des grands groupes universels alimentaires. L’environnement est également une question importante et souvent peu abordée. Greenpeace nous livre un dossier alarmant. Séisme au Népal, tsunami à Fukushima ou encore fonte des glaces ne seraient-ils pas finalement des effets de l’agriculture, des OGM et les déchets de notre alimentation ?