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Sortir de son intuition digitale !

Tribune le 11 avril publiée sur le blog de l’Agence Plateforme, l’agence des personnalités

Je ne connais pas de membre de comité de direction que ne se pose la question de l’impact du digital sur son activité. Opérationnel, logistique, finance, marketing, RH, communication, ils sont tous conscients d’un changement profond. Ils en ont tous l’intuition mais peu sont capables de l’expliquer.

Il est de la responsabilité urgente des codirs et autres comex de s’acculturer collectivement sur le sujet.

Pourquoi le mot ubérisation* n’a été prononcé pour la première fois qu’en décembre 2014 ? 
Internet est en France depuis 1995. Il atteint 12% de pénétration en 2000. Le premier smartphone arrive en 2007 ! Presque vingt ans de cécité sur le sujet de la révolution digitale, de la révolution de la conversation et des usages ?

Comment expliquer cela ?

Sans doute d’abord parce que ces équipes dirigeantes ont été dépossédées du sujet dès les années 1980 (arrivée de la micro informatique et des logiciels de bureautique) par les DSI qui l’ont inscrit dans une perspective complexe et technique. Depuis, ils gardent précieusement la main dessus. Sous couvert de « Robustesse » et de « Sécurité » ils ont sans doute contribué à ralentir la progression de cette révolution au sein des entreprises historiques.

Et ensuite parce que pour les équipes dirigeantes entre 2000 et 2010, internet « c’est de la com ! » En effet en 2000, comprendre l’impact de ces nouveaux usages sur le business était peu partagé. Dès le début, le digital a pris ses quartiers à la com et il y est resté jusque dans les années 2010/2014.

Il est dommage de ne pas avoir compris plus tôt l’effet des conversations ni la montée en puissance des nouveaux usages

(Amazon a été crée en 1994).

Cela aurait sans doute permis de ne pas laisser en jachère des pans entiers de l’économie à des acteurs moins légitimes.

Engager la transformation de son activité pour embrasser le sujet dans sa globalité passe par une convergence de vue de l’équipe dirigeante : Comprendre ensemble, se doter de grilles de lecture communes de tous les concepts qui naviguent autour du mot digital (transformation, data, intelligence artificielle, blockchain, etc) , identifier et converger sur la nature des risques, choisir les leviers et définir les priorités (sachant qu’il y a tant de choses à faire) pour écrire une partition unique du sujet. Sans partition, il est difficile d’engager une transformation qu’il faudra jouer avec le reste de l’entreprise. Cette culture commune doit rapidement devenir celle de l’ensemble des collaborateurs pour devenir effective dans les actes de la transformation.

Il faut réconcilier les économies numériques et historiques. Et comme toute réconciliation, elle passe d’abord par un mélange des cultures.

Souvent le déclencheur, l’acte fondateur est une conférence, l’intervention d’un praticien capable de raconter l’histoire et montrer le cheminement. C’est à ça que servent les « Digital Evangelist« . J’ai la chance d’avoir eu plusieurs fois l’occasion de créer l’étincelle auprès de comex et je vous garantie que cela est à la fois efficace et gratifiant.

Jérôme Wallut, 
Associé ICP Consutling & Transformation. Auteur de « Patrons, n’ayez pas peur » (Cent Mille Milliards).

*qui au demeurant est un raccourci simpliste, voire dangereux, n’aide pas à comprendre la nature de ces cannibalisations et n’aide pas à lire en détail les risques encourus. Voir la tribune dans les échos — http://bit.ly/2o2LCIh