Article simple sur l’éducation à la complexité.

M
aman, facebook, c’est bien ou c’est mal?”
Voici la version 2020’s de “Maman, comment on fait les bébés?” (Parce que votre enfant connaîtra déjà la réponse à cette question… merci Google).
Arrive le moment de la réponse:
“Alors, c’est bien, parce que sans facebook, je n’aurai pas rencontré papa… mais aussi fais attention à ce que tu y publies…”

La question n’est pas si aisément tranchée que celle de faire des bébés.

Parce que facebook, c’est bien, c’est super même! Sans facebook, pas de Lab de L’Education, pas de formidables hackathons…

Pourtant facebook c’est aussi un peu le Linkedin de Daech, l’accusé sur le banc du BREXIT … le mouchard qui floute la limite public/privé et qui efface notre intimité.

Assez, laissons facebook là où il est, car bien que passionnant, ce n’est pas le sujet de ce billet. Je l’ai surtout utilisé pour illustrer le plus grand défi de nos enseignants aujourd’hui: éduquer à la complexité. Pour ce-faire, voici 3 pistes à explorer:

Bien-sûr, il y aura toujours le savoir, cette noble matière première que nous Français, nous mettons un point d’honneur à transmettre. Des maths au Français en passant par l’histoire et la SVT, de ce côté là l’éducation Française est rodée. Du CP jusqu’au bac nous révisons nos tables, lisons nos chefs d’oeuvres et apprenons nos dates. Nous les rabâchons — peut-être- mais comme dit l’expression, il faut de la matière pour avoir une réflexion.

Parlons maintenant de savoir-faire: présent dans les filières techniques et manuelles, le “savoir-faire” est très souvent associé à une catégorie de métiers. J’ai une lecture plus littérale à proposer: le savoir- faire -et j’insiste sur “faire”- serait la capacité à donner vie à des idées, les libérer les concepts de leur feuille de papier.Chaque projet théorique serait associé à un travail pratique: nous venons d’étudier Madame Bovary? Réalisez un petit court métrage sur qui serait Madame Bovary à l’heure des réseaux sociaux.

Vous n’avez aucun diplômes mais vous avez lancé votre premier blog à 13 ans et maîtrisez les codes des réseaux sociaux? Vous êtes aussi précieux qu’un diplômé de Master 2. Notre ère a ceci de magique que ce qui est de l’ordre de l’“achievement” peut rivaliser avec les diplômes les plus prisés. Le lien intellect-action manque aujourd’hui cruellement à notre éducation.

Ultime brique éducative: le savoir-être. L’école, c’est une mini-société, le vestibulle du monde “des adultes”, le parfait terrain d’apprentissage de ces “soft skills”, dont on parle tant mais qu’on ne pratique pas tellement. Pourtant la communication non-violente, les jeux de rôle,

-Voilà pour la théorie. Passons — pour pratiquer ce que je préconise — à la pratique.

J’ai mis mes petits neurones en marche et vous propose un florilège de matières volontairement insolites, sujettes à vos commentaires, bien sûr: Attention, ça pique les yeux.

  • Méditation: la population urbaine ne cesse d’augmenter et Dieu sait que nos villes sont stressantes. Alors pour armer nos enfants face au stress ambiant, un petit cours de méditation quotidien, afin qu’ils abordent la vie plus sereins. Pas pour planer en mangeant du tofu, juste pour apprendre à gérer ses émotions et l’environnement qui nous entoure.
  • Préservation de l’environnement :Entre écologie et éducation civique, je vois bien ici un cours très pratique. Des projets concrets menés avec des associations pour favoriser l’engagement citoyen de nos enfants et aiguiser leur sens de la communauté.
  • Esprit critique (j’aime à l’appeler cours de contradiction): voici mon cours préféré, tout à l’oral s’il vous plaît!Quel que soit le sujet, affirmez votre point de vue, et défendez l’opposé. Un petit cours qui mêle empathie, rhétorique et esprit critique.Et pourquoi pas d’ailleurs l’intégrer à tous les cours? Rien de tel pour contextualiser tout ce qu’on apprend: la littérature participe de l’histoire qui au même moment connaît des avancés scientifiques qui peuvent être appliquées en techno et en géographie… vous me suivez toujours?
  • Education aux réseaux sociaux : peut-être celui qui a le moins besoin d’explication. Et si on arrêtait de faire la guerre aux réseaux sociaux? Au contraire éduquons nos enfant à s’en servir de manière responsable et constructive. Informons les sur leurs conditions d’utilisation et faisons-en des vecteurs de créativité pour public avisé.
  • Finances personnelles: je fais bien exprès de garder ce cours en dernier. Il ne s’agit pas de faire de tous les étudiants des banquiers, simplement de leur apprendre à gérer. Quel que soit notre métier, nous avons tous un compte en banque! Des jeux et simulations un peu déguisées peuvent aider les élèves à installer aseez tôt de bons réflexes pour leur futur financier!

Si vous lisez encore ces lignes, vous avez forcément quelque chose à dire! Nous attendons avec impatiences vos réactions pour nous donner matière à “réflexaction” (refléxion-action-conversation).

Et parce qu’un débat c’est toujours plus sympa de vive-voix, RDV le 25 Octobre à 19h00 pour la soirée Edupitch du Lab à l’International School de Paris. Le concept est simple : des start-ups et des projets sur l’éducation pitchent devant un jury inhabituel : des profs et des élèves !


Stéphanie, pour le lab de l’éducation.

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