HackEdu #2 : Connaître les projets et comprendre les (nouveaux) enjeux de l’éducation.

par Morgane Lombard

Pourquoi on initie des projets qui nous prennent du temps, qui nous font travailler deux fois plus, ou qui nous font oublier ce que les mots “sommeil” et “repos” veulent dire ?

Parce qu’on a beau se plaindre, en réalité on a confiance en l’humanité. Et même si on ne fait rien, on n’initie rien, on a toujours espoir que quelqu’un le fasse à notre place. Car on est rarement vraiment désabusé.

Le truc, c’est que de regarder les gens faire, ça ne rend pas heureux, ça rassure juste. Cela rassure sur le fait qu’on ne va peut être pas devoir déscolariser nos enfants parce qu’on ne pourra plus accepter les méthodes de l’Education Nationale, mais ce sera plus compliqué d’être fier de nous.

Quand je vois des projets comme Ticket for Change et leur programme entrepreneur, ou encore Etincelle au sein de Passeport Avenir qui vise à développer la culture de l’innovation chez les jeunes post-bac (notamment issus de milieux populaires), ça me fait chaud dans mon petit coeur.

En réalité, ce n’est pas qu’on oublie ces deux mots, nous les remplaçons juste par “engagement, rencontres, & gros kiff” (j’en ai peut-être rajouté un en cours de route). L’équivalent d’un bon redbull.

Les bonnes idées n’apparaissent pas comme ça le matin après avoir bu notre tasse de café habituelle. Cela ce saurait.

J’aurais bien aimé vous dire qu’ils sont arrivés vendredi, se font faire inspirer par le discours de Svenia et Audrey de l’Edtech World Tour et qu’ils ont pitcher leur idée dimanche soir, comme ça, au calme. Eh bien, non.

On met d’abord l’accent sur un problème. Un vrai de vrai. 
On trouve une solution. Une réalisable, les plans sur la comète on évite.
On la prototype. On lui donne une forme concrète dans le but qu’elle soit réalisable dès le lendemain matin.
Et on lui trouve une petite vision. Un objectif qui la fasse vivre plus de 24h.

Parce que le but ce n’est pas de venir parler de l’éducation dans les grandes lignes en écrivant des mots “clés” sur des post-it et avoir l’impression de faire le bien autour de soi. Pour le coup ça, ça ne sert à rien.

Faut être au plus près des besoins des élèves, des parents, des professeurs, des acteurs de l’éducation. Dans le dur quoi. Ce qu’ils ont fait.

Traduction : être au plus près de la réalité, de sa cible, tester le concept, recommencer et se remettre en question pour s’améliorer ENCORE et ENCORE.

ISI, l’orientation facile.

Elis, Iryna et Majid ont tenté d’hacker les outils en proposant une plateforme numérique pour accompagner les associations qui travaillent sur l’orientation scolaire. Leur décision a été orientée grâce à Erwann, président de “Yes you can!” qui fait intervenir des jeunes de Seine-Saint-Denis pour des jeunes issus du même milieu. Montrer le bon chemin par l’exemple. C’est juste dire que c’est possible, et que ce n’est pas destiné qu’aux autres.

La ligue de l’enseignement a aimé, validé et leur offre donc un accompagnement éducatif et un déploiement géographique.

“C’est quand c’est bizarre qu’on a envie d’écouter.
Prenez un outil, faites un prototype et rendez le bizarre, ça attire l’attention. “ Ramzi @enpistelartiste

Ma classe, où comment repenser l’évaluation.

Quand je me pose pour la première fois autour de la table de Jean-Baptiste, Quentin, Théophile et Jyostna, j’arrive en plein débat sur la manière d’évaluer les compétences. Leur problème était bien défini, et ce dès le début. C’est marrant, j’ai souri quand Quentin me disait que le diplôme c’était justement un “package de compétences”. C’est vrai. 
Et l’intérêt d’évaluer par ce biais là, c’est qu’au moins ça challenge les notations globales et les moyennes générales qui ne veulent pas dire grand chose. Cependant, c’est qu’évaluer ça prend du temps, et c’est compliqué de se souvenir de tout le monde quand on a 300 élèves.

L’idée c’est donc de créer un outil qui facilite enfin l’évaluation des compétences afin d’adapter son enseignement et le rendre plus efficace.

Et c’est Tralalere, créateur de contenus numériques éducatifs, qui a été séduit par l’idée.

EduSphère, je suis ton pair.

C’était drôle quand on a réalisé samedi que plusieurs groupes travaillaient sur la même problématique : comment (re)motiver les 5% de profs qui le sont déjà et qui ne savent pas comment faire et surtout pourquoi le faire. C’est sur que sans récompenses ou reconnaissance la motivation finit par s’estomper. Enfin personnellement si je me cassais la tête à essayer de changer les choses et que personne ne s’en préoccupait, je pense que je serais vite essoufflée. 
L’idée c’est d’essayer de trouver un moyen de leur inculquer une vision du partage, de l’entraide et de garder une trace de tout ça.

Alexandra, Louis, Véronique, Arthur, Imad, Alexis ont donc en l’espace de quelques heures créé edu-sphere.askbot.com, une plateforme communautaire ouverte pour répondre aux questions des profs. Pas le time.

Quand je vous disais que le but du week-end était d’avoir une solution concrète et un prototype a porté de mains, ils nous ont pris au mot.

C’est donc le prix de l’anticafé qui leur a été décerné, une journée gratuite dans cet espace de partage hybride chaleureux, entre le café et le coworking où l’on paye simplement les heures passées. (Ils font de très bons latte !)

You Teach, le youtube de l’éducation.

Et si les étudiants faisaient eux même leur éducation, et surtout par le biais de Youtube ? En vérité, passé 20 ans, c’est difficile pour nous les anciens de le concevoir (je dramatise un peu), mais quand on leur parle de “chaîne” je doute qu’il pense à M6, mais plutôt au dernier mec qui diffusera l’info sur internet avec ses propres mots, et son propre regard sur l’actualité par exemple.

Alors autant que l’Education qui s’y mette d’une manière ou d’une autre, ce qu’Anne Sophie, Michel, Ronan & Rodriguo ont voulu montrer en imaginant une plateforme de contenu pédagogique créés par des étudiants pour les étudiants. It’s gonna be legendary.

Share, entre le meetup et la pause café.

Ils ont poussé la réflexion un peu plus loin en se demandant comment on pouvait changer et faire évoluer la formation professionnelle. Déjà le mot “formation” leur a posé problème. C’est vrai que je pars aussi du principe que la formulation de nos phrases régit notre façon de voir le monde. A chaque fois que vous vous entendez dire “Ah ouai, c’est pas bête”, reprenez-vous et dites “Ah bah en v’la une bonne idée !”, ça change, tout.

Le mot “formation” a donc été totalement hacké et remplacé par “apprentissage” (où comment hacker l’événement lui même). L’idée de créer des micro-réunions en entreprise a donc émergé.

Merci Matthieu, Pierre et Natacha d’avoir pris le problème à la source, voir à l’envers.

Déclic et des clés, l’utilité des petits plaisirs.

J’ai mis un peu de temps avant de réussir à comprendre et à prononcer leur nom honnêtement. Mais ce qui est sur, c’est qu’entre Fabienne, PA, Soufya et Margaux on sentait une vraie implication, voir passion pour l’éducation.

Comment peut-on inspirer nos professeurs ? 
Partir de celui qui arrive à nous captiver en cours d’histoire en se prenant pour Napoléon à celui qui vous donne un polycopié en début de cours et qui vous dit “Contrôle surprise, ça comptera pour 50% dans votre moyenne générale”. Y’a une sacré marge. 
Après avoir écrit en long en large et en travers sur ce tableau, ça a donné ça :

Voilà, débrouillez-vous, vous avez 3h pour me faire un résumé de ce que vous voyez sur cette photo.

Un indice : il s’agit d’un accompagnement basé sur l’introduction d’un petit plaisir du professeur dans son cours comme prétexte à l’innovation.

Apprendre l’histoire de France en cuisinant. L’anglais en chantant. Hell yeah.

Open School Tour, du rêve en veux-tu en voilà.

Ah, j’y ai passé du temps assise à coté de cette table. En même temps quand Alexandra et Olivier de La Coding School me placent les mots innovation, technologie, créativité, éducation et ouverture dans une seule et même phrase, je suis légèrement attentive.

Leur truc ce serait d’essayer de rêver davantage, même l’espace d’un week-end, pour savoir à quoi pourrait ressembler l’école de demain. Mélanger des étudiants issus de formations et milieux différents.

Learning by doing. Aprendrer haciendo. 
Oui, je trouve qu’on ne traduit pas assez en espagnol.

Comme me disait Alexandra, si on organise des moments de rencontres et d’échanges dès l'université, dès l'école où les étudiants se rencontrent et se mélangent, bah ils se mélangeront peut-être plus demain, dans l'entreprise, dans la société. Et une société où les gens se mélangent plus, se comprennent plus, s'écoutent davantage, c'est une société qui va mieux. 
On soigne au lieu de mettre un pansement.

Puis honnêtement, moi j’en ai marre de voir les gens se conforter les uns entre les autres. Oui, faire partie d’une communauté fermée ça rassure notre besoin de reconnaissance et d’existence, mais ça ne fait pas avancer les choses. C’est pour ça que y’a des entreprises qui coulent, et des groupes imperméables qui se forment (j’ai pas osé utiliser le mot secte, c’était un peu border line).

Paris & Co, l’incubateur de la région Ile de France, leur donc offre un mois de co-working & accompagnement pour tester le prototype choisi auprès d’une classe d’université.


Maintenant, ce que je vous propose c’est d’écrire au lelabdeleducation@gmail.com si :

  • vous avez des questions
  • vous voulez prendre contact avec nos participants
  • vous êtes millionaire
  • vous avez l’envie incontrôlable de nous écrire un mail

Ou de jeter un coup d’oeil à notre Storify (sous ce nom stratosphérique se cache simplement une histoire racontée en tweets) : http://bit.ly/storifyhackedu


J’écris comme je pense pour vous concocter une petite sélection inspirante de façons de penser et bonnes pratiques sur des sujets traitants de mon utilisation du mot “chef” à tout bout de champ. Non je déconne. Surprise.

Et accessoirement je couvre en live des événements et leur communication.

Don’t forget. You rock !

Morgane
Community Developer @Blaaast_co

https://mindset.blaaast.co/ Our beautiful twisted hacking mind. And others.

www.blaaast.co / Digital acceleration (Autrement dit, on utilise le digital et la co-création pour accélérer les organisations, et vous ?)

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