HackEdu #4 : la classe du futur

Soirée inspiration

Vendredi 27 avril 2017, la 4e édition du HackEdu débute par la désormais traditionnelle soirée d’inspiration, sur le thème qui va animer tout le weekend : la classe du futur.

Nous avons eu le plaisir d’accueillir pour l’occasion Salwa Toko, responsable du programme WiFilles, Christophe Noullez, professeur de technologie au collège Louise Michel de Clichy-sous-Bois, et Fanny Peissik, co-fondatrice du projet d’école innovante Hub School 21. Le regard et l’expérience complémentaire de ces trois intervenants a nourri un riche échange d’idées sur leur vision de la classe aujourd’hui, sur les dynamiques actuellement à l’œuvre et sur leurs aspirations envers l’avenir de la classe.

Parmi les sujets longuement évoqués figure l’importance de la formation aux outils numériques dès le plus jeune âge. En effet, il ne suffit pas, loin de là, de fournir en matériel numérique la classe pour insuffler de nouvelles méthodes pédagogiques innovantes. La formation et l’acculturation aux outils numériques des professeurs, des parents et bien entendu des élèves demeurent cruciales. De manière générale, la classe de demain devra accompagner la transition numérique de la société afin que chaque élève bénéficie des nouvelles opportunités offertes par le numérique, que ce soit par le développement de compétences numériques en tant que telles, comme le code, par l’aide à l’analyse des informations accessibles en ligne, ou encore par la maîtrise de son identité numérique…

La question des soft skills est également un enjeu majeur pour la classe de demain, fortement mis en avant par les trois intervenants. La classe du futur est anticipée comme un espace bienveillant et ouvert, en mesure de développer la créativité, l’esprit critique ou encore l’autonomie des élèves. Des espaces existants peuvent servir d’inspiration, comme le fablab du collège Louise Michel, dans lequel les élèves peuvent développer en toute autonomie leur propre projet, y compris en dehors du temps scolaire, tout en étant accompagné par un enseignant.

Enfin, penser à la classe du futur impose une réflexion sur l’espace de la classe en lui-même. Beaucoup de professeurs se plaignent d’espaces d’apprentissage contraints, laissant peu de place à la flexibilité pour imaginer d’autres moyens d’apprendre. Il apparaît aujourd’hui plus que nécessaire de se réapproprier l’espace de la classe, pour augmenter sa modularité et sa flexibilité. On peut même se plaire à imaginer des espaces d’apprentissage hors de l’école, au travers de la formation à distance, ou à penser à la création d’espace tiers-lieux ouverts à d’autres acteurs de la vie locale qui pourraient partager leur expérience aux élèves…

A la sortie de cette table ronde, que retenir ? Tout d’abord, que c’est avant tout le professeur le facteur clé de toute innovation dans la classe. L’innovation frugale, l’innovation venant du terrain, à petite échelle, s’avère très puissante. C’est dès aujourd’hui, dans chaque classe, par chaque petit engagement du professeur, par chaque partage de bonnes pratiques, que s’imagine et se construit la classe du futur.

On pense que le public, composé de nombreuses personnes participant au HackEdu le lendemain, a compris et partage l’idée. On se lance ?

A propos des intervenants :

Salwa Toko est responsable du programme WiFilles, dont le but est de combler l’écart entre les sexes dans les métiers du numérique, en encourageant les jeunes filles à envisager une orientation vers ces métiers en pleine expansion. Programmation informatique, mais aussi robotique, applications, réseaux sociaux, tout l’univers numérique est passé en revue avec l’aide de tutrices qui animent des ateliers et assurent à l’occasion du soutien scolaire.

Christophe Noullez est professeur de technologie au collège Louise Michel de Clichy-sous-Bois. Il est membre de fablab et encourage ses élèves dans la découverte de la programmation d’objets connectés.

Hub School 21 est un projet d’école innovante pour valoriser le meilleur de chacun. L’initiative est portée par trois femmes entrepreneures engagées pour une éducation plus inclusive, collaborative et adaptée à chacun. Elle ouvrira ses portes à Paris à la rentrée 2017.​

Diplômée de l’EDHEC, professeur des écoles depuis 16 ans, connectée, citoyenne engagée, curieuse, toujours en quête d’innovation. Fanny aime relier la pédagogie au sens et à des valeurs humaines fondatrices. Elle propose à ses élèves des projets coopératifs motivants qui font appel à l’expérimentation, au questionnement et à la culture numérique.

Journée expiration

Samedi, c’est au tour des participants de devenir acteurs de HackEdu ! Et parce que des images valent mieux qu’un long discours :