10 000 pas par jour ou le début de la personal data

« Pour être en bonne santé, marchez 10 000 pas par jour », on a toujours entendu ce fameux claim des 10 000 pas, porté aussi bien par le ministère de la santé, que par les professionnels ou les marques. Mais d’où vient vraiment cette injonction qui fait bouger les populations depuis 50 ans ?

« MANPO-KEI » l’histoire qui fait bouger la population

En 1964, la ville de Tokyo organise pour la première fois les Jeux Olympiques. Une entreprise japonaise profite de l’événement pour lancer son podomètre appelé MANPO-KEI accompagné du sloggan « Marchons 10 000 pas par jour ». Ça sonne bien, ça donne envie de se lancer et de se challenger.

Le chercheur japonais à l’initiative de cette affirmation avait effectivement mesuré que marcher 10 000 pas équivalait à brûler 300 calories /jour et donc à favoriser le maintient d’un poids de forme. Cependant cette analyse était basée sur l’IMC de l’homme japonais « moyen » qui n’est pas forcément le même que l’européen ou l’américain par exemple.

Les 1ères recommandations scientifiques de santé publique (occidentales), publiées une vingtaine d’année plus tard, recommandent quant à elles d’avoir une activité physique d’endurance d’au moins 30 minutes par jour. Pour les professionnels de santé, il s’agit surtout d’un repère car le nombre de calories brulées dépend de chacun (poids, taille, longueur du pas), mais aussi de l’intensité de l’effort …

Effervescence de la personal data

C’est d’un podomètre que sont nées les 1ères allégations de santé personnalisées. Aujourd’hui, les outils proposant un aperçu journalier de ses données personnelles (tracker d’activité) ne cessent de croître. Fervente de ces informations, j’ai moi-même eu l’occasion de tester quelques un d’entre eux, initialement pour avoir une simple « idée » de mon activité…

Tout a commencé avec une application de course à pied il y a environ 5 ans et me voilà aujourd’hui à dormir avec ma montre cardiofréquencemètre (ndlr : je fais ça juste pour la rédaction de ce contenu).

En utilisant jour et nuit ma montre connectée, je me suis surtout demandée quelles informations j’allais avoir sur mon état de forme général et si cela pouvait influencer ma perception de mon état physique.

(NOTE : Pour le contexte, je prépare actuellement un objectif sportif, c’est aussi dans ce cadre là que j’étais curieuse de voir si la data pouvait m’en dire plus sur mon état de forme).

Je dors avec ma montre cardio

  1. Le B.A BA de la data

Comme la majorité des trackers d’activité je peux consulter sur un seul écran le nombre de pas, le nombre de calories brulées et la distance parcourue en temps réel. Selon ma montre je dois faire 11 440 pas pour atteindre mon objectif quotidien.

Personnellement ces informations m’importent peu car je ne les transforme pas pour en tirer des objectifs. En revanche, elles sont intéressantes si l’objectif journalier est quantitatif. Dans ce cas, le tracker est un bon indicateur pour bouger plus.

2. La fréquence cardiaque et V02 max

Depuis quelques semaines, je prête attention à une nouvelle donnée : la fréquence cardiaque moyenne ou maximum (FCM), qui se lit en bpm (battement par minute). A date, je me familiarise un peu avec cette information que j’utilise comme repère pendant mes entrainements pour savoir si je suis dans le « rouge » ou bien si je tiens une allure cohérente avec les objectifs.

Il y a aussi la VO2 max (la consommation maximale d’oxygène utilisée par les muscles pendant un effort). Chez le sportif, plus la VO2 max est élevée et meilleure sera la performance c’est donc un indicateur que j’observe pour en savoir plus sur ma progression.

Ces 2 nouvelles données personnelles n’ont pas spécialement d’impact sur ma perception de ma forme générale mais j’avoue leur accorder plus d’importance pour savoir si je progresse et comment je me sens.

3. La qualité du sommeil

Une autre donnée que je découvre mais qui m’importe peu pour le moment, c’est le sommeil. Ma montre m’indique le nombre d’heures de sommeil léger et profond par nuit. Clairement le sommeil dit « léger » l’emporte largement mais cette information n’impacte pas vraiment mon état de forme lorsque je la consulte (ça pourrait).

Si je fait le bilan de toute la data (et il y en a bien plus), je peux connaître sur 24h, comment je dors, si j’ai suffisamment bougé (en pourcentage), si j’ai un rythme cardiaque « normal », enfin si je suis « statistiquement » en bonne santé. En ce qui me concerne j’interprète surtout les chiffres des entrainements qui sont à mon sens bien suffisants. Mais pour aller encore plus loin il faudrait associer balance connectée + tracker d’activité et ça donnerait une vision bien plus précise sur son état de santé.

Maintenant que je sais que ces informations n’ont pas d’impact réel sur ma perception de ma forme générale, je me demande quelles sont les limites de ces données personnelles et si ces dernières seront à terme utilisées ou récoltées dans les dossiers médicaux et interprétées par les professionnels de santé ?
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