Dépolluer mon espace virtuel

#1 Les Newsletters


Avant mon déménagement, j’ai entrepris de lire des livres qui aident à trier ses affaires, organiser sa vie, ranger son appartement et c’était extrêmement motivant. D’abord parce que je me suis rendue compte que finalement je n’étais pas trop mal. Je trie régulièrement mon dressing, je jette sans problèmes des affaires alors que d’autres entassent, et je “recycle” en vendant. J’applique de plus en plus le principe de “Tu achètes quelque chose, tu vends/jettes quelque chose” qui permet de faire un roulement assez constant. Ce genre de bouquins, aussi futiles qui puissent paraître, m’ont pas mal motivé à continuer à ranger, trier et ordonner ma vie et à ne plus me laisser déborder. Je vous reparlerais du Wash Your Bowl, même si je ne suis pas la meilleure ambassadrice de ce concept.

Et je me suis dit que je faisais tout pour faire le tri entre ce qui était utile, ce qui était encombrant dans le sens “physique” du terme, mais qu’énormément de choses immatérielles l’étaient et occupaient l’esprit sans raison apparente. Je me suis donc attaquée à “dépolluer mon espace virtuel” (qui est un espace que je côtoie quand même presque 8h par jour, minimum…) avec un premier chapitre sur les newsletters.

Etape 1 / Prise de conscience

Une fois, j’ai donc décidé de regarder combien de mails inutiles je recevais par jour en moyenne, des newsletters que je supprimais sans même regarder le titre, c’était devenu un geste automatique.

Résultat des courses ? Presque 100 mails par jour qui étaient jetés à la corbeille, ou lu juste pour enlever la notification, et qui remplissaient ma boîte mail de manière inutile.

Sans dramatiser la situation, je me suis sentie d’un coup étouffée par tout ce marketing virulent, parfois agressif (“JANE ! CE MAIL EST FAIT POUR VOUS”… Euh on se calme les gars qui font les titres de Newsletters ok?). Mais c’était peut-être parce que je suis dans le milieu. Moi aussi je rédige des newsletters, des titres de Newsletters qui doivent accrocher l’oeil.

Il était donc temps !

Etape 2 / Tri

J’ai donc entrepris de me désabonner de toutes les newsletters qui me paraissaient inutiles. Au début, je pensais qu’il n’allait s’agir que de quelques unes… Et finalement… Je me suis amusée à faire une liste, que je continue d’agrémenter après 2 semaines de tri intensif

CDiscount : qui a une communication très agressive / Mango : alors que je n’achète plus vraiment là bas, ou alors quand j’en ai besoin / Gaumont : alors que je vais à UGC / American Nails : je ne connais pas cette marque / Forever 21 : je n’ai jamais acheté là-bas / Allociné : alors que je vais chez UGC / VideDressing : j’ai acheté une ou deux fois / Etam : j’ai acheté quelques fois mais pas de coup de coeur pour cette marque / Asos / Pull & Bear / Fnac / LiliShopping : jamais utilisé / Le Monde : j’y vais tous les jours déjà, pas besoin de la newsletter / Vestiaire Collective / Pimkie / Etsy / Voyages SNCF : je vais sur le site quand j’ai besoin d’un billet/ Artips / Téléloisirs : je n’ai plus de télé / Zalando / La Redoute / Emma & Chloé : marque pour bébé, je n’en ai pas / Kiko : jamais acheté cette marque / Cybercartes : tous les jours une newsletters ! / La Geekerie / Camaïeu / American Apparel : jamais acheté là bas/ Mon Show Room / Spotify : jamais eu d’abonnement là bas/ Vente privée / Darty : pas fan d’électroménager… / Yves Rocher / Voyage Privé / Monoprix / L’oréal / Top Shop : jamais acheté là bas/ Zara Home / Un beau Jour : site de mariage, je ne compte pas me marier bientôt/ Monki / H&M Fashion news / Mes alertes ventes privées / & Others Stories / Marionnaud / Easyjet / Adobe : une fois qu’on a la suite… / Nars Cosmetic : jamais acheté là bas / MyTF1 News : je n’ai pas la télé / Woorank : je ne sais pas ce que c’est / OVH NL : seriously… /

(et cette liste pourrait continuer longtemps…)

Le tri m’a pris 3 bonnes semaines, et je continue à le faire mais ça me prend beaucoup moins de temps, et c’est pour des cas isolés (des newsletters mensuelles, etc). Tous les matins, quand je venais de recevoir une dizaine de mails dans la nuit, je me prenais 10 minutes pour me désabonner consciencieusement.

J’ai eu beaucoup de mal avec certaines marques, devant parfois envoyer un mail, tweeter, râler. Parfois les liens redirigeaient vers des liens 404, des fois ils me disaient que j’étais désabonnée mais ce n’était pas le cas, parfois que je n’avais jamais été dans leur liste, et le pompon c’est bien quand j’étais automatiquement réabonnée.

Un vrai parcours du combattant qui m’a permis de me rendre compte de tout le “business” derrière les newsletters. J’en suis bien consciente, j’en rédige moi-même mais depuis, je le vois différemment et je fais tout pour que cela ne soit pas trop intrusif et agressif, je soigne particulièrement mes textes et mes photos et j’ai vérifié nos liens de désabonnement.

Etape 3 / Respirer

Une fois que la période de tri fut terminée, j’ai analysé un peu mieux ce que cela avait changé. J’ai même fait une petite liste par points pour que cela soit plus clair :

  • Chaque mail que je reçois est donc à 95% du temps un mail pertinent, d’une vraie personne ou d’un organisme qui va me donner une information qui m’intéresse vraiment et que je vais donc lire. J’ai gardé quelques newsletters (celles de Medium par exemple, qui me permet de découvrir de beaux articles chaque matin avant d’arriver au travail) qui me concernent vraiment. Pour exemple, j’ai gardé les mails de My Little Lyon qui sont toujours très bien écrits et qui regorgent de petites pépites lyonnaises. J’ai testé beaucoup de leur adresse et c’était carton plein à chaque fois, donc je garde avec grand plaisir cette newsletter. J’ai gardé aussi les newsletters de Sézane, qui n’en fait pas souvent et pour annoncer une nouvelle vente que j’attends chaque fois avec impatience… Vous l’aurez compris : chaque mail que je reçois est donc un mail à lire, un mail “important”.
  • La plupart de ces mails provenaient de site ecommerce, de vêtements ou de produits de beauté. Cette création de besoin de consommation ne donnait lieu à de la frustration de ma part. Alors que je n’ai pas besoin de me racheter un fond de teint, car j’en ai déjà un, que je n’ai pas besoin de jeans car j’en ai déjà bien assez etc. Désormais, je me sens moins poussée à la consommation, et je le vis plus sereinement. Je refuse qu’on m’impose un faux besoin. Cela nous amène au point suivant :
  • Si j’ai besoin de quelque chose, je le cherche de moi-même. Je suis assez grande pour me souvenir quelles sont mes marques fétiches et où les trouver. Peut-être que je passerai à coté de la super-promo-de-tous-les-temps mais au moins j’achèterai quand j’aurais remarqué que je n’ai pas telle fringue pour l’été, ou que je n’ai plus de mascara. De plus, je suis généralement abonnée à ces marques là sur mon fil Twitter, donc je suis plutôt au courant de leur actualité en général.

Bref, ce petit changement dans ma vie m’a permis d’approfondir la réfléxion autour de cette “pollution” qui pouvait nuire, même à toute petite échelle, à un certain bien-être… Et une certaine sérenité ! Je suis plutôt satisfaite de mon nettoyage de printemps de mes abonnements aux newsletters.

Et toi? Tu t’abonnes quand aux newsletters? Et surtout: c’est quand que tu te désabonnes?
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