Montréal, hier, aujourd’hui et demain

Une métropole à la croisée des chemins

L’histoire

Montréal est l’une des plus anciennes villes d’Amérique et capitale dans la création de la fédération Canadienne. Pour nous, elle est avant tout une ville historique. Néanmoins, elle devint jadis une métropole industrielle. Située à l’entrée européenne de l’Amérique continentale, et dotée d’une voie de communication exceptionnelle, Montréal est rapidement devenue la capitale industrielle et institutionnelle du jeune pays du commonwealth. La suite allait transformer cette ville de migrants européens en une métropole mondiale. Elle fut même le siège du plus haut gratte-ciel de l’empire britanique en 1936, l’édifice de la Sun Life.

La première phase industrielle au Canada (1850–1900)

Les marchés mondiaux et Montréal

Les besoins toujours plus grands en commerce et en matières premières de notre géant voisin du sud transforma Montréal en un carrefour de communication commerciale incontournable pour les marchés américains et européens. Le bassin industriel des Grands Lacs et le canal de Lachine permirent à la métropole de devenir une puissance industrielle inégalée au Canada en 1930.

Le cycle industriel de Montréal

Le fleuve et son port sur le monde

La situation géographique de Montréal en fit une ville incontournable. Plus important port intérieur d’Amérique et quatrième plus important port en tonnage, la métropole a bâti son économie manufacturière et immobilière sur les dividendes des activités portuaires. L’Europe et l’Amérique devaient transiger par ici, et c’est toujours le cas.

Des infrastructures internationales

Les grandes infrastructures civics réalisées entre 1930 et 1976 ont fait de Montréal une capitale économique et culturelle internationale. Nous devons une fière chandelle aux urbanistes et aux politiciens de l’époque, aux batisseurs de Montréal. Ils ont eu de la vision.

Le Jardin Botanique, le Parc du Mont-Royale, le Pont Jacque-Cartier, la Voie Maritime, la Gare Centrale, la Place Ville-Marie, le métro, les îles et les installations Olympiques ont transformé un amas de villages sur l’île de Montréal en une grande ville moderne positionnée sur l’échiquier mondial. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les nouvelles générations de politiciens qui ont pris la place de ces bâtisseurs ont-ils préservé cet héritage ? Ont-ils à leur tour créé une vision pour le future ?

Le vieux Montréal

Dans le sillon des grands événements internationaux, Montréal a pu développer une économie touristique remarquable grâce à son héritage culturel et architectural européen du 18e et du 19e siècles. La vieille ville au pied des gratte-ciels modernes, fascina les Américains. Et les Européens eux furent séduits par l’Amérique. Montréal s’imposa comme la destination touristique principale du pays grâce aussi à l’Expo.

L’identité d’une ville

Depuis les succès internationaux de Montréal dans les années 60 et 70, la ville a subi de profonds changements — surtout ceux initiés par l’étalement urbain. L’étalement urbain en dehors de l’île a créé une pression énorme sur les finances publiques pour agrandir et entretenir les réseaux routiers et le métro vers les banlieues toujours plus grandes et plus loins. Alors que Montréal elle, fut forcée de gérer le trafic de l’ensemble du grand Montréal qui chaque jour, débarquait en ville pour entrer au travail et en ressortir le soir. Mais, avec de moins en moins d’entreprises, de moins en moins de contribuables et de plus en plus de dépenses, les finances publiques s’en trouvent déséquilibrées. À plusieurs égards, ceci n’a toujours pas changé malgré les fusions de 2002. Il s’agit d’ailleurs d’un des chevaux de bataille du Maire Coderre.

L’insoutenable étalement urbain

Bientôt, le modèle insoutenable de l’étalement urbain, avec la ville centre comme trou de beigne démographique, allait produire l’effet inévitable du déclin de Montréal; habitants et entreprises ont migré vers les villes des couronnes Nord et Sud. Aujourd’hui, Montréal compte 58000 entreprises, 50000 de moins qu’en 1965(108000), son apogée industriel et commercial. La population de Montréal en 1976 était de 1565000 habitants et celle des banlieues était de 1000000 d’habitants. En 2016, la population de Montréal n’a pas changé, mais celle des banlieues s’est accrue considérablement à 2400000. Cette croissance vertigineuse des couronnes banlieusardes s’est fait aux dépends de Montréal. En effet, la majorité des villes de banlieues sont composées de familles québécoises autrefois Montréalaises. La population de Montréal a été soutenue par l’arrivée d’immigrants venus remplacer les Montréalais de l’exode urbaine.

Une métropole à trois vitesses
Économie de Montréal
Évolution Économique de Montréal

Une nouvelle génération de Montréalais

Heureusement, le goût de la vie urbaine des grands quartiers de la métropole semble à nouveau plaire à certains. Le plus encourageant c’est que c’est une nouvelle génération de jeunes professionnels qui redonne aux quartiers centraux de Montréal une vitalité qu’ils n’ont pas vu depuis les années 70. Rosemont, Villeray, Hochelaga, Shaughnessy, Notre-Dame-de-Grâce, Verdun et Saint-Henri reprennent vie lentement mais sûrement. Et de tous nouveaux quartiers émergent des ruines des quartiers industriels de jadis : Griffintown, Pointe-Saint-Charles et East Angus s’élèvent au gré de l’expansion des entreprises de l’économie du web. Malheureusement, ce phénomène est surtout créé par l’explosion des prix de l’essence et par l’étoile pâlissant de la vie de banlieue, et non grâce à des politiques stratégiques d’accès au logement et au transport en commun.

Le multimédia à Montréal

Réhabilitation de la métropole

Quelle sera la prochaine étape de la réhabilitation de la métropole ? Quoiqu’encourageante, cette nouvelle vitalité portée uniquement par les travailleurs ne sera pas suffisante pour repositionner Montréal sur l’échiquier Nord-Américain. Les grands besoins en infrastructures de transport et d’aqueduc monopolisent les ressources de l’état alors que les villes rivales de la métropole continuent de se positionner avantageusement dans les nouvelles économies vertes et sociales. Montréal devra rattraper le temps perdu en matière de développement durable et de technologies vertes.

Arena Maurice Richard, Parc Olympique — Sketch des années 60 durant l’apogée de l’architecture moderne à Montréal

Réorganisation sociale et alimentaire

La réorganisation sociale et alimentaire de la métropole est devenue une priorité afin de combattre un taux de pauvreté honteux pour une société riche comme la nôtre et pour séduire à nouveau les familles. Il existe plusieurs manières de stimuler le comportement voulu. Encore faut-il agir après avoir parlé. Pour ce qui est de l’économie, nous pourrons nous repositionner seulement si nous voyons juste sur les industries du futur. À cet égard, laissons les économistes faire leur travail. En attendant l’illumination de nos élus pour voir des politiques pro développement durable être enfin mises de l’avant pour vrai, on pourrait au moins considérer ce qui existe déjà et tenter de l’améliorer. Montréal est d’abord une ville historique qui mérite qu’on s’attarde davantage à son rayonnement touristique en accordant des budgets à des organismes qui créeront vraiment des attraits. Nos rivales Toronto et Vancouver sont maintenant reconnues à travers l’Amérique du Nord comme deux destinations incontournables pour les entreprises de l’économie verte.

Chronologie de Montréal
Qu’en est-il de l’économie verte ?
Vancouver, la ville la plus verte du monde d’ici 2020
Toronto éclipse Montréal

Texte et Photos : Eric Soucy

tous droits réservés FI3200/2016

FI3200/ est à l’origine du Projet Marché Voyageur qui vise à recréer la vie de quartier au centre-ville de Montréal dans le quartier latin en mettant sur pied un marché public vert, générateur d’énergie solaire, d’emplois, d’aliments frais par l’agriculture urbaine, inclusif et abordable, sur l’îlot Voyageur Sud.