Le secret de tout apprentissage réussi.

C’est en partageant qu’on apprend.

Face à une longue liste d’arrêts du Conseil d’Etat à apprendre on se demande rapidement s’il existe un secret de l’apprentissage. Le travail régulier et une alimentation saine sont des éléments importants. Ça on nous le répète tout le temps. Mais si véritable secret il y a, celui-ci réside probablement dans l’empathie.

  • L’empathie que l’on développe avec l’auteur du manuel qui tente d’expliquer l’importance des arrêts.
  • L’empathie dont on doit faire preuve lorsqu’on voit le visage terrifié de la personne qui a bien voulu accepter de nous faire réviser.
  • L’empathie qu’il faut avoir lorsqu’on tente de restituer cette connaissance.

L’empathie est nécessaire à toute démarche d’apprentissage.

Définition du Larousse de l’empathie : Faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent.

La première étape de l’apprentissage c’est la réception de l’information. Moment crucial où l’on va décider si l’information que l’on reçoit vaut la peine d’être retenue ou pas. Puisque notre capacité d’attention est limitée, il faut ruser.

C’est là qu’intervient le besoin d’empathie. Il faut se mettre à la place de celui qui transmet, et cela, même si son vecteur est un livre. C’est cet effort d’empathie qui permet de retenir plus facilement.

Notre cerveau est incapable de retenir tous les mots d’un discours. En revanche, il peut s’imprégner des différentes idées d’un discours. Notre capacité de réflexion suffisant à reconstituer les chaînons manquants entre les idées forces.

Suivre le chemin de pensée de l’interlocuteur avant de décomposer l’information qu’il cherche à transmettre permet de mieux recevoir celle-ci. On entame alors plus facilement le processus d’apprentissage.

Au delà des connaissances transmises, par l’empathie on accède à l’histoire développée par l’interlocuteur et donc à une meilleure compréhension.

Accompagnée de son histoire, une information brute devient intéressante et se laisse retenir bien plus facilement.

L’empathie est de nouveau essentielle lorsque l’on cherche à retenir une idée.

Il ne suffit pas de s’être imprégné d’une idée pour l’avoir comprise. Cette idée reste encore l’idée d’un autre. Faire une idée sienne, c’est être capable de la restituer avec ses propres mots.

Pour illustrer cet argument, rien de mieux que les mots d’un autre, ceux de Boileau dans l’Art Poétique (1674) :

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. 
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Une citation qui guide mes productions et pourrait inspirer tous les auteurs sur Medium et ailleurs.

Pour être sûr d’avoir intégré une idée, il faut être capable de la restituer en des termes simples. Idéalement à une personne qui ne connaît pas le sujet en question ou même à un enfant.

Reformuler clairement une idée et la faire comprendre à un autre, voilà comment s’assurer d’avoir appris. Néanmoins le chemin de l’apprentissage ne s’arrête pas là.

L’empathie est nécessaire à la mise en réseau de ses connaissances.

Là réside la clef de l’intelligence. Un discours ne se résume pas à une connaissance, ou à une idée. Une fois comprises, les idées doivent être organisées de manière logique pour tout public étranger au sujet.

L’empathie est nécessaire pour que l’articulation de nos idées soit comprise de la même manière par l’autre que par soi.

Clarté des idées et transparence du cheminement de pensée. Voilà les deux moyens de transmettre un raisonnement.

Pour atteindre ces objectifs, le cheminement de pensée doit littéralement être un chemin. Celui-ci doit aller d’une idée à l’autre en développant une histoire avec un début, un milieu et une fin.

Au final, l’exercice de la dissertation ou d’un discours n’est pas une production pour soi mais une production pour l’autre. On écrit pour que celui qui nous lise puisse nous comprendre. C’est seulement si l’autre comprend que l’on peut considérer notre apprentissage réussi.

L’empathie est donc le secret qui nous permet de voir que l’apprentissage n’est pas une démarche personnelle. C’est un raisonnement collectif qui nous fait aller vers l’autre.

Voilà comment je suis parvenu à apprendre de fastidieuses listes d’arrêts administratifs. Il recelaient tous une histoire qui ne demandait qu’à être redécouverte et partagée.


Pour partager cette vision participative de l’apprentissage, j’ai fondé en 2012 l’association Hauts Parleurs. Elle me permet de rencontrer les élèves des classes des collèges de France pour partager le secret de l’empathie. Tous les membres encouragent élèves comme professeurs à une prise de parole curieuse au sein des classes. L’association porte ainsi une vision rénovée de l’école.

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