
[Film] Le potager de mon grand père
Un petit film sans prétention mais au grand coeur.
J’inaugure avec ce joli film une nouvelle catégorie de contenu sur ce blog.
J’ai décidé il y a quelques jours de me lancer dans un genre d’articles que je n’ai jamais exploré jusqu’ici. Je vais bien sûr continuer les articles de médiation scientifique sur l’environnement et la société, c’est-à-dire le même genre d’articles “de fond” que j’ai écrit jusqu’à présent. Parce que j’adore ça.
Mais en plus de ces articles-là, j’ai envie d’écrire des petits articles plus spontanés, et peut-être plus personnels. Des articles qui n’ont pas vraiment de crédit scientifique, mais qui racontent des impressions, des expériences, des tests, et des choses très concrètes comme des recettes ou du bricolage. Toujours dans l’esprit du développement durable et de l’éthique, évidemment.
Le cinéma fait partie des ces expériences intenses qui peuvent remuer nos tripes, nous inspirer ou nous révolter. Voici mon premier billet.
La semaine dernière, j’ai pris trois trains différents pour me rendre à L’Entrepot, un espace culturel parisien qui diffuse des films “d’arts et d’essai”, souvent en rapport avec le développement durable, la découverte et la quête spirituelle. J’y étais déjà allée pour voir En quête de sens, et j’avais adoré le lieu.
Cette fois, un peu sur un coup de tête, je me suis laissée tenter par Le Potager de mon grand-père, sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Je ne connaissais rien du réalisateur, Martin Esposito. Je me suis donc laissée surprendre. En bien.
Le grand-père en question, c’est celui de Martin Esposito qui, d’après mes recherches, vit dans la région d’Antibes, bien qu’il n’y soit pas fait mention dans le film. Nous apprenons au détour d’une anecdote que l’homme de 85 ans, d’origine calabraise, a passé une partie de son enfance en Meurthe-Moselle.
Le film le suit pendant plus d’une année, durant laquelle il va enseigner l’art et l’amour du potager à son petit-fils. Sans pesticides, sans labours et sans machines électriques, contrairement à ce que ses voisins infligent à leur potager, au grand dam du vieil homme. Au départ un peu gauche malgré sa bonne volonté, Martin apprend vite et se laisse parfois dépasser par son audace.
Mais Le Potager de mon grand-père, malgré son titre, ne parle pas que de courgettes et de navets.
Papy, comme l’appelle Martin, est veuf depuis peu. Il n’a plus toujours envie de s’occuper de son potager, qu’il avait l’habitude de cultiver avec sa femme et qui lui rappelle maintenant “trop de bons souvenirs”.
On ressent toute la sensibilité et la fragilité de l’homme, qui se révèle par ailleurs être d’une force physique admirable pour son âge.
C’est en fait l’histoire d’un cycle éternel, celui du potager qui se renouvelle, mais aussi de la transmission des connaissances de générations en générations. Et des générations qui se remplacent et disparaissent.
Le grand-père fait souvent référence à ce que ses propres parents et grands-parents lui ont transmis. Des connaissances mais aussi des semences qui valent tout l’or du monde à ses yeux. Martin le comprend très vite. On ne peut que se sentir honorés de partager cette connaissance avec eux.
Je m’attendais à un film contemplatif, probablement beau mais lent. Ce ne fut pas vraiment le cas. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Je me suis tout de suite attachée à ce grand-père, qui me rappelle beaucoup le mien. J’ai plusieurs fois retenu ma petite larme et fondu de tendresse.
J’ai appris des choses qui me serviront certainement quand j’aurai un potager, mais j’ai surtout assisté à une expérience touchante entre un grand-père et son petit-fils. J’avais envie de leur faire des câlins.
Et en plus, j’ai beaucoup bavé devant leurs tomates.


