L’huile de palme :
ce grand démon ?
C’est l’huile la plus consommée au monde. Elle a pourtant bien mauvaise réputation. Est-elle vraiment si diabolique ?
En novembre 2012, le député PS Yves Daudigny dépose auprès du parlement français un amendement qui deviendra l’élément déclencheur d’une spirale médiatique. Cet amendement, plus connu sous le sobriquet de « Taxe Nutella », propose une augmentation de 300% de la taxe sur l’huile de palme. Les recettes seraient reversées à la sécurité sociale, le but affiché étant de lutter contre les maladies cardio-vasculaires. Bien que l’amendement ait finalement été révoqué, il n’en aura pas fallu plus pour enflammer le débat autour de cette huile et attirer l’attention des médias, de la société civile, de la sphère politique et surtout des consommateurs.
La vague médiatique « huile de palme » entraîne tous les attributs dans son sillage : menace pour l’environnement, cancérigène, bon marché, créatrice d’emploi… Controversée certes ! Revenons donc sur cette mystérieuse huile dont vous avez forcément eu vent sans réellement savoir pourquoi.
Tout a commencé au goûter
Le Nutella, chouchou de la famille Ferrero et star des goûters réussis, était directement concerné par cette taxe. D’autant plus que les Français, à coup de 2kg dévorés par famille chaque année, en sont les plus gros consommateurs.
« Nutella, chaque jour c’est du bonheur à tartiner »
Oui mais pas que !
Voilà ce que nous dit la page officielle de Nutella sur les ingrédients de la recette miracle :


Manifestement ils ont dû oublier de préciser les pourcentages de sucre et d’huile de palme contenus dans chaque pot… Aucun problème, nous les avons retrouvés pour eux !
Ingrédients: sucre 55 %, huile de palme 17 %, puis viennent les noisettes « de grande qualité, sélectionnées pour leur gros calibre et leur saveur fruitée exceptionnelle » qui ne représentent que 13 % de la composition et enfin le cacao 7,4 %.
Finalement abandonnée par le gouvernement du premier ministre de l’époque Jean-Marc Ayrault, une telle taxe sur l’huile de palme aurait coûté très cher à l’entreprise Ferrero. Cependant la boîte de Pandore est depuis ouverte et les interrogations nombreuses. Après tout, qu’est-ce que l’huile de palme ? D’où vient-elle ? Est-elle nocive ? Pourquoi une taxe sur cette huile plutôt qu’une autre ?
Un ingrédient omniprésent…
L’huile de palme est l’huile la plus consommée au monde.
50 millions de tonnes sont produites chaque année ce qui représente 1600 litres d’huile chaque seconde. Originaire de l’Afrique de l’ouest, c’est un français, Henry Foconier, qui l’introduisit en Malaisie. Ce palmier ne se cultive qu’en zone tropicale humide, il donne des fruits qui poussent en grappe et sont récoltés à la perche. L’huile est ensuite prélevée par extraction naturelle, par pression. L’huile de palme provient de la pulpe du fruit contrairement à l’huile de palmiste qui provient du noyau. La consommation mondiale en huile de palme a été multipliée par 4 ces 20 dernières années. Les deux principaux producteurs sont l’Indonésie qui approvisionne la moitié de la planète, et la Malaisie. La demande en huile de palme augmente constamment à mesure que le niveau de vie progresse chez les grands émergents tels la Chine et l’Inde. La part mondiale de la consommation du vieux continent s’élève à 12% et celle des Etats-Unis à 3%.
Utilisée à hauteur de 80% dans l’agroalimentaire, on retrouve aussi l’huile de palme dans les domaines cosmétique, savonnerie, peinture… Quant aux biodiesels, ils ne représentent qu’1% de la production d’huile de palme mondiale, de quoi faire relativiser les plus réfractaires aux carburants verts.
L’origine du succès de l’huile de palme chez les industriels en France date des années 1970. A cette époque, les problèmes cardiovasculaires augmentent dangereusement du fait des changements alimentaires des français. Un des principaux facteurs reconnus est la consommation croissante de beurre et autres graisses animales. Face à ce constat, une partie de ces produits est remplacée par des huiles végétales (colza, soja, maïs…). C’est par exemple le cas de la margarine substituée au beurre. Seul soucis: à la différence des graisses animales, les huiles végétales sont liquides. Or, il est difficile de beurrer une tartine avec de l’huile… Elles subissent donc un processus appelé hydrogénation. L’hydrogénation permet l’obtention d’un corps gras semi solide. Seulement, on réalise que ce processus miracle crée ce que l’on appelle des acides gras Trans (AGT), bien plus nocifs que les graisses animales. A tel point que l’usage d’huile hydrogénée est parfois bannie comme c’est le cas au Danemark, au Canada ou dans les restaurants de la ville de New-York.
Face à cette situation épineuse, l’huile de palme apparaît comme la providence pour la simple et bonne raison que le terme « d’huile » est un abus de langage. Il s’agit en réalité de « graisse végétale » qui se présente naturellement sous forme solide à température ambiante. De fait, nul besoin d’hydrogénation. Ce produit miracle va stimuler la création des industriels qui déclinent l’huile de palme sous toutes ses formes et textures : l’onctueux, le moelleux, et même le croustillant…tout est possible, de quoi satisfaire les envies les plus folles du consommateur ! De plus, son goût neutre laisse un vaste champ de possibilités et ses propriétés de résistance à l’oxydation permettent une bonne conservation tout en évitant de trop recourir aux conservateurs. Et ce n’est pas tout. Point fort de l’huile de palme : elle est bon marché. Il s’agit de l’huile la plus rentable par unité de surface : les palmiers donnent des fruits tous les 15 jours, les douze mois de l’année. A surface de culture égale, les palmiers à huile donnent 8 fois plus d’huile que le soja et 6 fois plus que le colza.
L’enthousiasme des industriels n’est cependant pas partagé par les consommateurs les plus avertis qui émettent des doutes quant aux impacts de l’huile de palme sur notre santé. En effet, si la taxe Nutella n’a pas été adoptée, elle a tout de même fait émerger une méfiance générale à l’égard du produit miracle.
Enjeu sanitaire ? Les débats font rage.
L’huile de palme provoquerait l’augmentation du taux de cholestérol et accentuerait le risque de maladie cardiovasculaire. Après tout, sa composition est proche de celle des graisses animales puisqu’elle contient 50% d’acides gras saturés contre 60% pour le beurre par exemple.
Le beurre, la crème, le fromage, la viande, la charcuterie contiennent donc eux aussi ces fameux acides gras saturés tant décriés. Pourquoi n’a-t-on donc pas entendu parler d’une « Taxe Kiri » ou d’une « Taxe Justin Bridou » ? L’Etat français ne souhaite manifestement pas fâcher les grandes filières françaises du lait et de la viande et préfère s’attaquer aux producteurs asiatiques d’huile de palme.
Face aux critiques sanitaires, les pro-huile de palme répondront que le profil en acide gras de l’huile de palme est exactement le même que celui du lait maternel. Les anti-huile de palme vous diront qu’elle perd tout intérêt nutritionnel du fait des traitements qu’elle subit (fractionnement, décoloration, désodorisation…) et qu’après raffinage, l’huile de palme n’apporte qu’un peu de vitamine E. L’agence française de sécurité sanitaire des aliments coupe la poire en deux et indique que si les acides gras saturés contribuent à notre alimentation comme source d’énergie, leur consommation en trop grande quantité expose à des risques cardiaques.
Finalement la question est la suivante : mange-t-on trop d’huile de palme ?
Elle est partout…


Quel est le point commun entre des chips, un bouillon cube, de la pâte à pizza, du savon, une glace, des légumes surgelés, de la crème hydratante, des croquettes pour chien, du dentifrice, du mascara et des croissants ?
Tous sont susceptibles de contenir de l’huile de palme. Si son impact direct sur la santé reste à déterminer, une chose est sûre, l’huile de palme est partout, du rayon frais jusqu’au rayon shampoing. Les margarines elle-même en contiennent :


Tournesol, lin, colza, jusqu’ici tout va bien…


…Surprise !
Globalement, les changements alimentaires se sont traduits par la consommation accrue de produits transformés. Or, l’huile de palme participe largement à la fabrication de ces produits. Limiter sa consommation comme le conseille l’agence française de sécurité sanitaire des aliments, n’est donc pas si aisé. Si bien qu’un thésard en géochimie s’est lancé le défi de vivre un an sans huile de palme, pari tenu!


Jusqu’à récemment, les marques étiquetaient habilement leurs produits de façon à rendre discrète la présence de cette huile controversée: huile végétale, sodium palmate, E471, lauryl sulfate, stéarate de glycérol, myristate d’isopropyl…
Le flou de l’étiquetage a longtemps duré mais depuis 4 mois, le nouveau règlement de l’Union Européenne concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires est entré en vigueur, obligeant la mention exacte des huiles végétales utilisées dans un produit. Dorénavant, l’étiquetage ressemblera plutôt à ça :


Chacun sa stratégie
L’onde de choc provoquée par la proposition de la Taxe Nutella a amené les industries agroalimentaires à revoir leurs stratégies de vente en France.
Pour Ferrero, une seule issue pour maintenir la recette de la pâte à tartiner préférée des français : dédiaboliser l’huile de palme. Avec un chiffre d’affaire s’élevant à plus de 8 milliards d’euros, il aurait été dommage de changer une recette qui gagne ! Ferrero joue la carte de la transparence totale et va jusqu’à créer le site internet nutellaparlonsen.fr dédié à atténuer les peurs des amoureux du Nutella. Si Ferrero se défend bec et ongles, ce n’est pas le cas de tous. La polémique suscitée par la Taxe Nutella allant bon train, certains comme System U, McCain ou encore Findus décident carrément de supprimer l’huile de palme de leurs recettes et, bien entendu, de le faire savoir au consommateur. (On rappellera tout de même qu’avec de l’huile de palme ou avec de l’huile de colza, la friture n’a jamais été très recommandée dans le cadre d’un régime alimentaire équilibré…) Un produit estampillé « sans huile de palme » ne garantit pas grand-chose. Ces mentions restent des coups de com’ et aucune certification ou autre réglementation ne prouve officiellement l’absence totale de la dite huile.


Sachant que le palmier à huile a besoin de 8 fois moins de surface cultivée pour produire autant d’huile que le soja, la suppression totale de l’huile de palme mérite réflexion…


Face à ce désamour des français pour l’huile de palme et aux mesures prises par les industriels les plus radicaux, la Malaisie ne tarda pas à interpeller le gouvernement français, soulignant l’injustice de cette orientation stratégique envers les pays producteurs. Selon la Malaisie, 2e producteur mondial, la culture du palmier à huile, leader du secteur agricole du pays, fait vivre plus de 300 000 agriculteurs malaisiens. Difficilement mécanisable, la culture du palmier à huile permet de créer de nombreux emplois. En effet, depuis quelques années, en corrélation avec le boom de la demande en huile de palme, cette dernière est devenue un véritable moteur pour l’économie de quelques pays d’Asie orientale et d’Afrique de l’ouest. Des millions d’hectares sont consacrés à cette culture mais au dépend des forêts tropicales. Si l’impact de l’huile de palme sur la santé reste débattu, la déforestation causée par sa production n’est plus à prouver.
L’équivalent de 6 terrains de foot détruits chaque minute en Indonésie.
La déforestation est massive en Malaisie et en Indonésie qui à elles seules représentent 87% de l’offre mondiale. Des millions d’hectares de plantation de palmiers à huile s’étendent au dépend des forêts et de la biodiversité. Les premières victimes de cette déforestation massive, pour laquelle la technique sur brûlis est utilisée, sont les orangs outan qui ne vivent que sur les îles indonésiennes de Bornéo et Sumatra. L’animal figure désormais sur la liste rouge de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) comme étant en « danger critique ». Les plantations de palmiers à huile participent également à la destruction de tourbières. Or, ces zones humides, colonisées par la végétation, sont de véritables puits à carbone. C’est-à-dire que leur destruction engendre systématiquement un relâchement de CO2 dans l’atmosphère.
A ces impacts environnementaux que provoque la production d’huile de palme, s’additionne un enjeu social. Si le gouvernement malaisien s’évertue à mentionner la création d’emplois que permet la culture de palmiers à huile, il oublie que ce sont les paysans expropriés qui en font les frais. De même, en Indonésie, la négation du droit coutumier des paysans entraîne l’accaparement de leurs terres par l’Etat « propriétaire officiel et légal » pour louer ou vendre ces parcelles. La manœuvre s’accompagne bien sur d’un soupçon de corruption dont les multinationales savent si bien tirer profit. Quant aux paysans les plus récalcitrants, ils sont délogés avec violence par les policiers n’hésitant pas à les envoyer en prison.
(lire notre article « Pourquoi les investisseurs se ruent sur les terres fertiles »)
La société civile dénonce et fait pression afin que la production d’huile de palme change et respecte l’environnement et les hommes. Loin de vouloir générer une image qui effraierait les consommateurs, les grands groupes commerciaux tiennent à expier leur pêchés et se lancent alors dans un projet fort lucratif : une huile de palme durable.
L’huile de palme durable !


Surfer sur la vague verte du développement durable, voici la nouvelle stratégie en vogue. En France, l’Alliance française pour une huile de palme durable naît en 2013 et compte parmi ses membres Ferrero, Unilever, le premier acheteur d’huile de palme au monde, Nestlé ou encore Labeyrie. Tous ont promis de n’utiliser que de l’huile de palme 100 % durable d’ici à 2020. A l’échelle mondiale, la filière durable a été mise en place par la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil — Table ronde pour une huile de palme durable), initiative comptant plus de 1000 participants dont des producteurs d’huile de palme, des banques, des transformateurs, des détaillants et quelques ONG. Un label est délivré contre la garantie que la culture du palmier à huile ne se fasse pas au détriment de la forêt primaire et des droits fondamentaux des populations locales. Les principes de la RSPO, eux même déclinés en critères, sont les suivants :
Principe 1 : Engagement de transparence
Principe 2 : Respect des lois et règlements en vigueur
Principe 3 : Engagement du maintien de la viabilité économique et financière à long terme
Principe 4 : Engagement des planteurs et usiniers à suivre les bonnes pratiques
Principe 5 : Responsabilité environnementale et conservation des ressources naturelles et de la biodiversité
Principe 6 : Gestion responsable des employés et des individus et communautés affectés par les plantations et les usines
Principe 7 : Développement responsable de nouvelles plantations
Principe 8 : Engagement à une amélioration continue dans les secteurs d’activité majeurs
1,8 millions d’hectares de palmeraies ont déjà été certifiés par ce label RSPO. Ce dernier peut cependant recouvrir des situations bien différentes. Il existe en effet plusieurs degrés de rigueur à la production et l’utilisation de l’huile de palme durable. On différencie 4 sortes de certification d’huile de palme :
Identity Preserved : l’huile de palme, en plus d’être certifiée 100% durable, provient d’une seule et même source d’approvisionnement et est traçable de la production jusqu’à son utilisation finale
Segregated : la totalité de l’huile est issue de plantations certifiées durables. Le Nutella bénéficie de ce degré de certification.
Mass Balance : les certifiés « mass balance » peuvent mélanger allègrement de l’huile de palme durable et de l’huile de palme classique.
Book and Claim : les certifiés « book and claim » ne sont en rien obligés de produire ou utiliser de l’huile de palme durable mais doivent soutenir la production d’huile durable en achetant des certificats Greenpalm. Au final, c’est à peu près le même principe que l’achat de Droits à polluer, une façon de se laver les mains…


Alerte greenwashing
Soyons précis, cette utilisation abusive de l’argument écologique porte un nom : le Greenwashing. La RSPO comporte un certain nombre de défauts à commencer par l’évaluation du système de certification. Malgré la présence à la table ronde de quelques ONG luttant pour stopper les catastrophes causées par la production d’huile de palme, la RSPO a été créé PAR les entreprises POUR les entreprises. L’ONG Greenpeace a d’ailleurs refusé de faire partie de la RSPO, en pointant du doigt le manque de crédibilité du label. Qui plus est, faire partie de la table ronde a un prix, 2000 euros par an et par adhérant. Syngenta, société spécialisée dans la chimie et l’agroalimentaire, ne s’est pas privée de l’adhésion et est désormais membre de la RSPO. Pour information, Syngenta c’est aussi le fabriquant du Paraquat, un herbicide hautement neurotoxique dont l’utilisation est interdite dans l’Union Européenne, mais manifestement autorisée dans les plantations RSPO… Ainsi, l’huile de palme peut être certifiée durable tout en ayant subi des traitements phytosanitaires plus que douteux. Par ailleurs, la conservation des ressources naturelles éditée par le principe 5 de la RSPO ne concerne pas toutes les forêts mais seulement les forêts primaires et les tourbières. Cela n’a d’ailleurs pas empêché certains membres de la RSPO de raser des milliers d’hectares de forêts vierges. Les sanctions ne sont pas vraiment dissuasives puisque les membres qui violent les principes de la table ronde ne se voient même pas retirer leur certification. Selon la RSPO, suspendre un membre aurait des « effets contre-productifs »…


Si les cas de la Malaisie et de l’Indonésie inquiètent, l’Afrique de l’ouest tend à devenir le nouvel el dorado de la production d’huile de palme. La faible réglementation sur la propriété et l’avarice de nombreux chefs d’états africains ont fini par attirer les producteurs d’huile de palme, sentant la bonne affaire. Selon l’ONG Grain, SOCFIN, conglomérat aux mains du français Vincent Bolloré et du belge Hubert Fabri, et membre de la RSPO s’est ainsi octroyé 22 000 hectares en Guinée, provoquant de nombreuses manifestations. Pour autant, la plupart du temps, ce ne sont pas des grands groupes qui prennent possession de ces terres mais des petites sociétés inconnues et domiciliées dans des paradis fiscaux. Celles-ci revendent ensuite discrètement leur acquisition aux grands noms du milieu de la palme, on repassera pour la transparence…
L’exemple OLAM
Olam est une société indienne d’agrobusiness basée à Singapour. Un projet de culture de palmier à huile est en cours entre Olam et le Gabon depuis 2010. L’accord stipulerait que le Gabon s’engage à fournir une réserve foncière d’une superficie de 300 000 hectares à la société. Cet accord passe par une joint-venture détenue à 70% par Olam et à 30% par le gouvernement du Gabon. Loin de passer inaperçue, Olam figure dans un rapport accablant de l’ONG Grain portant sur les conséquences sociales et environnementales de la culture de l’huile de palme. Pourtant la société indienne montre patte blanche et assure respecter les lois gabonaises, nous voilà rassurés. Si Olam fait partie des membres RSPO, ce n’est pas le cas de sa nouvelle plantation gabonaise. Bien entendu, Olam promet que celle-ci sera soumise à un audit de certification RSPO en 2016. La société indienne est aussi présente en République Démocratique du Congo, au Libéria, au Nigéria via le groupe SIFCA.
Ainsi, la RSPO et son huile de palme durable laissent perplexe et semblent cruellement manquer d’une base volontariste, de vérifications externes et de sanctions contraignantes entre autres. Pour finir, le plus inquiétant reste peut-être ce paragraphe discret qui accompagne les rapports des bilans des plantations certifiées RSPO :
« Ce matériel et les données jointes sont basés sur les communications des membres de la RSPO qui n’ont pas été vérifiées de manière indépendante et sont fournies par la RSPO et les auteurs, sans garantie d’aucune sorte, expresse ou implicite. En faisant usage de ce matériel vous le faites à vos propres risques et vous acceptez que l’auteur ne soit pas tenu responsable des réclamations, responsabilités, pertes, dommages, coûts ou dépenses de toute nature résultante. »
Une nouvelle association internationale d’huile de palme durable, le Palm Oil Innovation Group, est en élaboration avec l’accompagnement d’ONG comme Greenpeace, Forest People Programme, Rainforest Action Network. Une nouvelle ère huile palme durable verrait-elle le jour? Quoiqu’il en soit, l’huile de palme reste finalement un enjeu de société parmi d’autres qui a bénéficié de l’éclairage des politiques et des médias. La question de la véritable durabilité de nos produits se pose sur de nombreuses autres filières. Quant à la réelle nocivité de l’huile de palme sur notre santé, elle reste à prouver, on retiendra qu’on ne sait pas toujours ce que l’on mange (jusqu’à parfois confondre ducheval et du bœuf…).





