L’enfant et la nature

Bon Iver — Holocene


http://vimeo.com/27506313

Chose étrange que l’enfant et la Nature.

Quand on est dans le flux de l’enfance, la Nature n’est pas belle. Du moins, l’on ne saisit pas ces séniles parents qui s’arrêtent pour regarder le paysage en s’exclamant puis se taisant.

Et pourtant l’on s’y sent bien. Il-y-a milles ruisseaux où l’on a construit des barrages et poursuivi des têtards, tant de cailloux entassées ou jetées « jamais en contrebas », les bâtons se firent fusils ou vaisseaux lacustres sur lesquels les galets ricochaient comme des boulets de canons, et ces trèfles à quatre feuilles qu’on troquait contre des Carembars comme de l’or contre de l’eau de vie.

Dans la nature, l’enfant se déride, il oublie le siècle passant, son cahier de texte et ses loisirs virtuels. Mais s’y arrêter en contemplation ? Si les parents vénèrent la Nature, les enfants lui font un bien plus insigne honneur en la foulant des pieds.

Et puis un jour, on ne se lance plus à la conquête des mousses et l’on reste pantois devant la Beauté du paysage qu’on ne voit plus qu’en deux dimensions, là, plantés sur le goudron de la route sinueuse où l’on a stoppé l’auto familiale.

« Regarde le paysage » conseillera t’on à notre tour ; « regarde comme c’est Beau ! »