Les lanternes de papier
Marriage — Gold Panda
L’Asie n’a jamais fini d’infléchir la culture mondiale en une sienne direction. Déjà il y a quatre ou cinq siècles on trouvait dans les plus beaux salons français des bibelots orientaux qui jouaient la touche de modernité. C’est d’un même élan que les librairies aujourd’hui laissent la part belle aux mangas, que les mairies ou Google s’entichent de luminaires pourpres tandis que le Nouvel An Chinois pétarade juste en bas, à la sortie du métropolitain.

L’anglais Gold Panda a lui même importé quelques raretés harmoniques du Japon à l’image de ces boules de QiGong, lourdes, qui égrainent quelques notes métalliques quand on les fait tourner dans la paume. Il a enveloppé une ligne mélodique grésillante et magique dans un étui molletoné de soie, chaud et cliquetant où l’on entend parfois une voiture à côté de là. Elle a peut-être aboyé au passage saccadé du train de quartier, mais elle ne dérange guère, ni elle, ni toutes ces matières sonores qui donnent du grain à une lente rêverie clignotante où néons et luminaires dans le flou urbain se chargent d’émotions.
Ronni Shendar s’est occupé d’illustrer à sa manière cet ensemble diffus apercevant quelques visages bien humains, très humains, imparfaitement éclairés par ces fascinantes lanternes de papier. 花燈.