Les prémices du no-code à L’Équipe

Raphaël Dardeau
May 26, 2021 · 4 min read

Saga Boxberger, le mytho qui voulait boxer, dans la tête d’un pilote de F1, etc. Publiés au sein de la toute nouvelle plateforme Explore, L’Équipe lance une série de contenus originaux intégralement conçus grâce à un outil no-code, c’est-à-dire sans écrire de lignes de code. Voici comment et pourquoi.

“Les foulées fatales des Boxberger” en mode édition

Depuis 2013, les articles longs formats (longforms) signés L’Équipe Explore sont une vitrine de la richesse éditoriale et du savoir-faire technique à l’Équipe.

Contrairement aux articles standards issus d’un CMS, chaque longform propose une expérience nouvelle et immersive, dans un univers graphique singulier. Une production multi-media haut de gamme, laboratoire d’expérimentations journalistiques, artistiques et techniques.

Au fil des numéros, nous avons cherché à en optimiser le temps de développement, sans jamais renoncer à la promesse d’un produit “cousu main”. Malgré les améliorations apportées au workflow, il demeurait rare, jusqu’à présent, de développer un longform en moins de 5 à 6 jours. En sortir une petite dizaine par an était donc déjà tout à fait honorable.

Avec le lancement d’Explore, la nouvelle plateforme de contenus originaux de L’Équipe, le besoin de productivité s’est accentuée. Pour y faire face, nous avons repensé notre logiciel et assumé un virage à 180° vers le no-code.

Des outils SaaS déjà existants…

Dès 2015, des outils spécialisés dans la création de webdocs et longforms existaient déjà sur le marché. Citons la start-up française Racontr, et quelques autres comme Shorthand, Storyform, ou Creatavist.

De notre point de vue, ce que proposaient la plupart de ces outils s’apparentait à du remplissage de templates. Cela avait le mérite de rendre ce type de narration accessible au plus grand nombre. Mais c’était insuffisant pour notre besoin, nécessitant une totale souplesse de la mise en forme, le contrôle des animations et du responsive web design.

A cette époque, l’idée de créer nos longforms entièrement avec un CMS relevait un peu de l’utopie.

…mais des outils de plus en plus performants

En 2020, j’ai été amené à réactualiser le benchmark des solutions existantes pour un besoin externe. J’ai découvert des outils comme Bubble ou Webflow qui me semblait suffisamment matures pour refaire la plupart de nos longforms. Quelques heures plus tard, l’intuition se transformait en preuve de concept : les premiers chapitres de notre longform consacré au FC Liverpool étaient reproduit sur Webflow.

J’ai été rapidement bluffé par la simplicité de cet outil, ses possibilités, et la facilité pour concevoir des animations, notamment les effets de parallaxe.

Création d’un effet parallaxe en quelques clics

Avant d’en faire une option définitive pour Explore, il fallait le tester grandeur nature sur un projet de moindre ampleur : chose faite avec le guide de la saison de Formule 1, refondu graphiquement sous Webflow en début d’année.
Facilité par une courbe d’apprentissage rapide, l’adoption a été quasi-immédiate par les métiers : développeurs, web-designers, product owners, et journalistes.

Sans code ne signifie pas sans développeur

Contrairement à des profils moins techniques, un développeur comprend exactement ce qu’il fait dans l’éditeur de Webflow. Il n’y a aucune magie : on garde le contrôle sur l’imbrication des balises HTML, la sémantique, le type de layout (grid, flex, etc.), toutes les propriétés CSS essentielles et les principaux types d’évènements JavaScript. On l’effectue via une interface web, certes, mais les logiques d’intégration sont semblables à celle que l’on aurait pu avoir avec un IDE.

De plus, il est tout à fait possible d’y greffer son propre code custom pour contourner un problème. Cela dit, je recommande d’éviter au maximum : un recours régulier à du développement spécifique est probablement le signe que le no-code n’est pas la bonne option pour votre projet.

Qu’on se le dise, le no-code est un moyen de faire gagner du temps aux développeurs et non un moyen de se passer d’eux. En tant que codeur, il ne faut pas le voir comme une menace : le temps économisé sur l’exécution de tâches d’intégration répétitives permet de consacrer plus de temps là où les développeurs ont une plus forte valeur ajoutée. C’est vertueux.

Certes le no-code permet de s’affranchir en partie de la barrière du code, et faire intervenir des profils plus variés sur des tâches autrefois réservés aux développeurs, mais ceux-ci restent néanmoins indispensables pour la mise en place initiale et la réalisation de fonctionnalités complexes.

Grâce à Webflow, qui s’est imposé en seulement quelques semaines à L’Équipe, une nouvelle ère a commencé pour le développement de nos nombreux projets expérientiels. Nous n’en sommes probablement qu’aux prémices d’un mouvement encore plus global vers le no-code.

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Tech Lead @lequipe

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