Forever Pavot, multisonore

ça gratte

Pull de laine, motifs et col roulé, voilà comment Forever Pavot habille sa musique, pour donner au farfelu une convenance de façade. Émile Sornin est le garçon derrière ce groupe au son psyché, depuis un premier EP, Christophe Colomb, en 2013. L’année d’après c’est un premier album, Rhapsode, une pop-rock à la manière de chez soi ou se mêlent grelots, simili-orgue, et clavecin. Ça twangue, ça onde et ça résonne, d’un morceau à l’autre vous ne savez à vous attendre. Un genre déformé, son reflet dans la marre, et plouf, Forever Pavot lance un beau caillou en plein milieu.

Forever Pavot fait semblant de vous faire peur, offre une pastiche de l’inquiétant, cet inquiétant qui se dissout au premier chant soufflé, Les cigognes nénuphars en sont un bon exemple.

Cette année passée Forever Pavot se met à l’album-concept, terme il est vrai quelque peu dénué de sens (tout œuvre n’est elle pas un concept? Ou ne peut jamais-t-elle l’être?), à l’invitation de Confort Moderne, un organisme musical poitevin. Confort Moderne s’est aussi abiboché avec Ricky Hollywood récemment, on vous en parlait il y a deux jours, je crois.

L’idée directrice est de faire le tour de particuliers vendant de drôles instruments de musique sur Le Bon Coin, le site, de s’inviter chez eux pour taquiner ces bizarres bestioles, enregistrer et filmer le tout pour un court album et un documentaire. Ainsi naquit Le bon coin forever, neuf titres pour onze minutes, neuf brins de fantaisie.Une écoute surprenante, on hésite entre émerveillement une fois, second degré l’autre. Dans le jardin d’Ogroff, une petite cacophonie savamment orchestrée, on se joue de nous, nous désoriente, nous aguiche, pour nous laisser un peu perplexes, sous le sort. Forever Pavot, lui, zigzague dans sa soucoupe.