Les dessous féminins — Lafayette

Il se voudrait coquin, Lafayette ne sait se défaire de son charme. Il s’annonce «chanteur pour dames» dans un titre éponyme, celui qui chanterait au féminin, plus par paresse que par volonté expresse, se contentant de poser sa voix endormie sur une éclectique bande-son tantôt électro-pop tantôt acoustique tout en simplicité.

En simplicité, mais il ne faut pas s’y tromper, Lafayette est l’apôtre, sans le vouloir peut-être, de cette «chanson alternative», le plus antimoderne des courants modernes de la scène musicale française, celui qui revendique son héritage, avec humour et dérision parfois, pour, peut-être, mieux s’en émanciper.

Dans son premier album sorti l’année passée, Les dessous féminins, fruits de longues années de labeur, se retrouve accompagné, nous dit-il, de Basile di Manski, Part-Time Friends, et Fishbach. Fishbach, comparse de l’excellent label les disques Entreprise, avec Juniore, Grand Blanc, Paupière…

16 chansons, 16 balades pour l’édition deluxe, Lafayette, Frédéric de son prénom, y roule sa bosse mélancolique, dans Je perds la boussole, par exemple. Un titre où Lafayette se permet de parler cru, de ne pas faire de détour, de mes ses complexes et fantasmes à nu, les siens ou ceux de son alter ego. Un alter ego comme il en faudrait à tout chansonnier, se risquerait-on à avancer.

Nous avançons avec précaution, tout comme le chanteur qui au cours de l’opus ne cherche jamais à dissiper l’incertitude. On ne le sent pas sûr de lui, mais l’on ne peut pas trop fier à lui, on n’est plus trop sûr de nous, un titre à l’esthétique dépassée, et, les pistes brouillées, on ne sait plus trop quoi penser:

Si Lafayette est dur à situer aujourd’hui, son charme n’éprouve que peu de difficulté à s’exprimer, et si l’on pas trop l’impression qu’il sera sur scène de sitôt, il se prêtera tout aussi bien à vos après-midis engourdies.