Lescop dérive les gris

Un premier EP en 2011, qui se fait album éponyme l’année suivante, pour un second LP cette année, intitulé Echo. Entre pop et rock, il faut aller chercher les racines de Lescop dans la cold wave, sur de grises plaines de Lorraine, arrosées par la pluie. Chez Lescop, la pluie se métamorphose en de sombres textes, répétés à envie, et qui renouent avec un héritage s’étendant de Bashung à Daho.

Une écriture sublimée par le déclamé rythmé de Mathieu Lescop -ancien chanteur d’Asyl-, qui, épaulé par Johhny Hostille (de John & Jen) et Gaël Étienne, se fait un Baxter Dury francophone. On retrouve chez Lescop beaucoup du britannique, au-delà même de sa technique de chant tout en retrait. L’instrumentalisation s’en rapproche aussi, tantôt synthé rétro, tantôt guitare balnéaire. Car si Lescop est l’homme qui venait du froid, sa musique elle, est bien plus difficile à retracer. On pourrait penser avoir compris, et quelques roulements de vague, en fin du titre Loeiza, viennent effacer nos certitudes commes des gribouillis sur le sable.

Palmer, David

Avec Echo, Lescop s’affirme, se balade, nous laisse transis de froid comme d’extase. Sa musique est schizophrène, glaciale en studio, brûlant sur scène. Il faut, pour pleinement l’apprécier, faire l’expérience de ses deux faces opposées. Cela tombe bien, Lescop sera en tournée à partir de mars.

Jusque-là il vous reste peut-être du rattrappage à effectuer, autant vous laisser envoûter dès maintenant.