Lucien & The Kimono Orchestra

Lucien & The Kimono Orchestra, l’Ukiyo-e musical, le je m’en foutisme nippon, entre jazz fusion et disco-funk, un projet porté par trois garçons, Lucien, Hugo, et Augustin. Lucien a lancé le groupe et a son nom en premier, est à la basse, Hugo à la guitare et Augustin aux claviers. Personne derrière le micro, une originalité aujourd’hui, surtout pour un groupe qui autrement ne déroge pas aux tropes contemporaines de l’ensemble indie.

Un EP, sorti en octobre dernier chez Cracki Records, land of plenty des nouvelles scènes musicales franciliennes (on y retrouve Agar Agar ou Lomboy). Quatre titres, un EP lui-même intitulé comme le veut l’antique pratique du nom du groupe.

Sp500, pas de chant, tout juste un sonorité très funk, métisse, qui précède le terrible mélo années 1970 de Blueshirt, années 1970, années 1980, «on est en 1985, on appelle Tokyo en PVC, et on écoute Michel Berger dans peugeot 504», peut-on lire sur le store du groupe. Ship, chanson à laquelle Laeticia Bourgeois (moitié du duo FM LAETI) prête son timbre qui de vous Guadeloupe a amené un cool un peu ricain. On chante en anglais, on fermera les oreilles là-dessus, pour cette fois. Une pointe de vue instrumentale vient pimenter le dénouement du titre, pipeau électro et cymbales, pour frôler l’excès, le pastiche.

Point de pastiche, mais une entreprise de ressucitation, de savant fou, comme dans Galaxies, qui clôt l’EP avec un bouquet d’étoiles filantes sonores, chacune porteuse d’un bout de cette disco du siècle dernier, d’une fantaisie. L’éclectisme du Shibouya-kei, ce son pop japonais «late 1990s» caractérisé par un «style copier-coller inspiré par les genres précédants basés sur le kitsch, la fusion, et l’artifice» (merci Wiki).

Alors, pour prolonger le plaisir, pour que le soleil n’arrête jamais de se lever, les petits trésors que nous a ramenés Lucien dans ses sacoches: