Maud Geffray

L’autobahn s’étend, tout de métal et de béton, tout droit, enjambant fleuves rivières, montagnes, mers et forêts; et dessus, cheminant, Maud Geffray et son électro minimaliste, sur laquelle elle calque ci-et-là quelques mots glaçants, en anglais. Ice Teens, tiré du tout récent album Polaar, semble nous parvenir de cet espace-temps étranger, aux allures de TRON, le vide feutré, il n’y a personne si ce n’est Maud Geffray et ses synthés grésillant.

On s’approche pas à pas, on aurait peur de s’électrocuter au moindre faux mouvement, l’écho éthéré d’une voix féminine, celle de la chanteuse, nous parvient et calme nos inquiétudes, les empêches de s’insinuer au plus profond de cette musique-architecture. Architecture, car foncièrement physique, comme si un petit monde de sciences s’étendait entre nos oreilles à chaque nouveau morceaux.

Il y en a douze par ailleurs, dans cet album datant du 12 mai dernier, faisant suite à l’EP 1994, paru en 2015. Sorti chez Pan European Recordings, qui a par ailleurs récemment fêté son dizième anniversaire avec un recueil «rewind», 30 titres de Flavien Berger à Buvette et Poni Hoax pour retracer l’existence d’un label à l’identité musicale soignée.

Un édifice auquel Maud Geffray apporte sa pierre, colloborant le temps d’une chanson avec Flavien Berger, en anglais aussi, à nous plonger dans une fausse torpeur.

Krautrock, Maud Geffray? Il est en bien fait mention sur la page bandcamp de son album mais on ne retrouve des consonnances avec la monotonie de Man Machine qu’en ouverture de titre chez la musicienne, avant que ça se découse, que ça file un peu dans différentes directions.

Revenue de Finlande, de chez les lapons, voyage en terre boréale dont elle a fait la matière de son album, Maud Geffray, qui d’habitude forme la moitié de Scracth Massive -duo électro se partageant entre Los Angeles et Paris-, sera à la Gaité Lyrique le 9 juin prochain pour dévoiler sur scène ce nouvel album.