Les petits papiers de JB: Lorsque le phénix renaît de ses cendres

Alors que les clubs anglais animent le marché des transferts chaque jours depuis le mois de juin, un club (et pas n’importe lequel) tente de se reconstruire grâce à des moyens colossaux. En avril dernier, le club Rossoneri officialisait le rachat de l’Institution A.C Milan par l’investisseur chinois Rossoneri Sport Investment Lux pour 740 M€. Après 5 années de galères en tout genre, le second club le plus titré à l’échelle internationale paraît renaître de ses cendres. Focus sur ce géant en plein renouveau.

C’est le grand coup de la planète transfert. Et personne ne l’avait vu venir. Leonardo Bonucci, pilier de la défense du vice-champion d’Europe et du sextuple champion d’Italie d’affilé a quitté la Juventus pour rejoindre l’ennemi Rossoneri. Rien que ça. La cellule de recrutement du Milan bosse bien car ce n’est pas le seul beau coup réalisé par les milanais. En effet, depuis juin le club milanais a signé pas moins de 8 recrues. Toutes de qualité. De Musacchio à Kessié en passant par Ricardo Rodriguez, Conti, ou encore André Silva le Milan AC a réalisé un mercato complet.

Il a tout d’abord solidifié une defense qui en avait besoin en enrolant l’argentin Musacchio qui sort d’une énorme saison avec Villareal et donc avec l’arrivée de Bonucci. De plus, les couloirs ont été remis à neuf grâce aux arrivées de Rodriguez et Conti. Au milieu la puissance de l’ivorien Kessié viendra soutenir un entrejeu composé de Bonaventura, meilleur élément milanais la saison passée, et Biglia fraichement débarqué de la Lazio. Dixième attaque de Serie A l’an passé, le Milan avait déjà tapé un grand coup en arrachant en début de mercato la signature de la pépite portugaise André Silva et attendrait un attaquant d’envergure. Les noms d’Aubameyang, de Morata et de Belotti reviennent depuis quelques jours dans la Gazzetta dello Sport. Bref, que du beau monde pour commencer un nouveau projet et tourner une page qui a besoin d’être tournée.

Un homme est derrière ce recrutement aussi clinquant qu’intelligent. Marco Fassone. Le Directeur Général du club milanais s’active en coulisse grâce aux nombreux réseaux que celui-ci dispose en Italie. Car en effet, le bonhomme a voyagé et vu du pays. Il est passé successivement de la Juve, au Napoli pour atterrir à l’Inter en 2012 et rejoindre finalement le nouveau projet de l’A.C Milan en 2017. Suffisant pour se concocter un carnet d’adresse de qualité qui lui permet d’attirer toutes sortes de stars dans la capitale Lombarde. Mais plus qu’un homme, c’est l’Institution Milan qui attire. Son glorieux passé et la passion des “Tifosi” autour de ce club mythique font du Milan AC un club respecté et fortement apprécié des joueurs. Alors quand il s’agit de rejoindre un nouveau projet ambitieux dans un des clubs les plus légendaires de la planète foot, les stars n’hésitent pas.

Exit les M’baye Niang, Lucas Ocampos ou autre Keisuke Honda qui avaient fait perdre au grand Milan l’éclat de sa splendeur. “Il Associazione Calcio Milan” est de retour. Et alors que la Juventus a vu les départs de joueurs cadres à l’instar de Dani Alves ou de Bonucci, le Milan s’est refait une santé et apparaît comme étant le principal adversaire d’une Juve qui n’a plus perdu la Serie A depuis 6 ans. Une éternité.

Mon avis reste cependant en faveur du club Juventini. La base construite reste solide avec des joueurs qui ont appris à jouer ensemble depuis 6 ans. Les départs de Bonucci et de Dani Alves seront comblés tout comme les Vidal, Pirlo et Tevez avaient été judicieusement remplacés. La Juve sait travailler sans s’inquiéter. Elle apparaît certes diminuée mais le collectif de la Vieille Dame a déjà montré qu’il savait résister à de nombreuses épreuves. Le Milan sera sans aucuns doutes dans le coup pour titiller le Juve, mais l’expérience devrait jouer en faveur des Bianconeri à l’heure où le sprint final sera lancé début mai.

Alors certes le Milan ne sera peut-être pas champion dès cette année. Certes la saison à venir se jouera une nouvelle fois sans Ligue des Champions. Mais la victoire est ailleurs. Revoir le Milan faire parler de lui dans le bon sens du terme. C’est ça le vrai succès. Un Conseil d’administration mis à jour, un Directeur sportif de renommée, un entraîneur qui aime le jeu et de nouveaux joueurs de qualité. Cela aura pris du temps. Mais comme on le dit souvent de l’autre côté des Alpes, “Emeglio tardi, che mai”… (Mieux vaut tard que jamais).