Rooney, le garant d’un football d’une autre époque

A l’heure du football moderne matérialisé par la mise en exergue des individualités et des statistiques personnelles au sein d’une équipe, Wayne Rooney représente l’un des derniers exemples de grand joueur dévoué au collectif. Son retour à Everton, son club formateur, constitue le dernier acte d’une carrière hors norme.

L’importance accordée à la starisation des joueurs, au Ballon d’Or, au décryptage de performances au travers de chiffres, les transferts fréquents et le non attachement à un club rendent les joueurs de plus en plus égoïstes. L’individu ressort totalement du collectif alors qu’il devrait au contraire demeurer à son service. Cette analyse totalement axée mathématique et ce business qui entoure le foot nous piège et nous fait oublier l’essence même du football.

Fort heureusement, il reste encore quelques exemples de joueurs “à l’ancienne”, au service du collectif. Rooney fut depuis treize ans un joueur de Man Utd. Une fidélité qu’on ne rencontre que rarement de nos jours. Au cours de toutes ces années, il aura probablement connu l’ensemble des postes de l’attaque, voire du milieu de terrain. Tantôt attaquant de pointe ou en soutien de Van Nistelrooy au cours de ses premières années mancuniennes, Rooney a également eu l’occasion d’explorer l’aile à quelques reprises. Sa qualité de passe et sa vision du jeu l’avaient reculé en numéro 10 au cours des six ou sept dernières années. Son poste de prédilection probablement. Rooney a même pu jouer milieu récupérateur quand les circonstances de matchs le demandait.

Un joueur aussi intelligent et polyvalent est une perle pour une équipe. Rooney est un cadeau pour chaque coach qui peut l’entraîner. Outre des qualités footballistiques extraordinaires, c’est le caractère et l’état d’esprit qui fait l’unanimité quand on parle de Rooney. Cette caractéristique qui fait de Rooney l’une des légendes de United à l’heure où son aventure avec ce club prend fin. Une âme de guerrier, une fidélité et des buts mémorables comme la bicyclette en pleine lucarne dans le derby de Manchester, tant d’éléments qui laisseront une trace impérissable dans le cœur des supporters mancuniens. Il revient aujourd’hui dans le club qui l’a formé, qui l’a fait découvrir aux yeux du monde en 2002, à seulement seize ans avec ce but magnifique face à Arsenal. Ce retour aux racines, impliquant une baisse de salaire considérable renforce ce caractère redevable si rare de nos jours chez un joueur de foot. L’histoire est belle.

Rooney n’entre donc pas dans le cadre commun du joueur décisif seulement par ses buts. Il représente le joueur idéal pour une équipe. Les chiffres restent dans l’histoire, c’est un fait, ils font de Thierry Henry ou Cristiano Ronaldo des légendes en étant meilleurs buteurs historiques d’Arsenal et du Real Madrid. Mais un joueur comme Rooney nous réconcilie avec la beauté simpliste du foot. Dans de longues années que restera t’il de toutes ces statistiques ? Une trace, une preuve de grandeur certes, mais le football n’est il que comptabilité ? Du côté d’Old Trafford, il restera les souvenirs de buts hors du commun, il restera l’attachement d’un joueur à un club et à ses supporters, il restera le souvenir d’un magnifique joueur reconnu à sa juste valeur par l’ensemble des connaisseurs du football : il restera Wayne Rooney.

Show your support

Clapping shows how much you appreciated Fabien Le Compès’s story.