Faire corps

C’était devenu une habitude depuis que la canicule s’était déclarée. Il sortait de chez lui vers 17 heures, traînant une vague solitude dans la fournaise du quartier. Les rues brûlantes, le chant des tongs qui claquent le bitume, l’ombrage du parc et puis un banc inoccupé, un peu à l’écart des corps alanguis de la pelouse. Cris des mômes qui jouent sans se soucier des merles gaillards. Tricycles et mobylettes qui fusent.
Sur le banc, ses pensées s’enracinaient avec lui.
Faire corps avec la ville. Je suis le banc. Je suis l’air chaud. Je suis l’ombre de ce magnolia.
Son âme réjouie se dissolvait alors dans l’effervescente moiteur de juillet.
Faire corps avec la ville. Faire corps avec tous les lieux de la terre.

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