À cœur ouvert

de Thierry Ledru

Un infarctus. Le cœur de Paul Laskin se brise. À l’hôpital, il apprend qu’il est en sursis. Pas de greffon humain disponible, alors l’implantation d’un cœur artificiel lui est proposée.

Thierry Ledru

Un infarctus. Le cœur de Paul Laskin se brise. À l’hôpital, il apprend qu’il est en sursis. Pas de greffon humain disponible, alors l’implantation d’un cœur artificiel lui est proposée. Un concentré de technologie, alimenté par une batterie électrique. Le suivi se fait par informatique, les informations collectées en direct sont analysées par les chirurgiens. Paul n’a pas le choix. Il accepte l’opération. Il accepte d’être un cobaye. Il n’est qu’au début du chemin. Des phénomènes incompréhensibles, une rupture totale, inexplicable, sa personnalité qui change du tout au tout, un questionnement qui prend forme. Et des craintes récurrentes. Une dépendance aussi à la source d’énergie constituée par les batteries de son cœur artificiel. Mais malgré tout, un cheminement intérieur qui le mène vers la lumière, à la source de tout, au cœur du réel. Et l’amour comme un cadeau.


Un avant-goût

Paul Laskin, cinquante-trois ans, responsable d’une grande entreprise, secteur informatique et high-tech, une rentabilité exceptionnelle, une croissance exponentielle, cotée en bourse, actionnaire principal, un portefeuille rempli de stock-options, une très grosse somme, un travail de fou, une famille avec laquelle je ne passais pas assez de temps, mais au moins, elle n’était pas dans le besoin matériel. Besoin affectif certainement. C’est au bureau que c’est arrivé. Le 2 février. Il était vingt et une heures. Je finissais de préparer une rencontre capitale avec des financiers. Une obligation de fonds pour accroître l’export. Des jours de travail, des nuits à réfléchir, à me questionner dans tous les sens. L’euphorie du projet et l’épuisement de son fardeau. Alice, ma femme, avait téléphoné pour me dire qu’elle était rentrée très tôt, Chloé avait de la fièvre. Le médecin était passé. Je n’avais pas vraiment écouté. C’est en reposant le combiné que j’en ai pris conscience. Et puis, la douleur est arrivée, comme un coup de poignard. J’ai ouvert la bouche pour appeler à l’aide, mais rien n’est sorti. L’étau de fer rougi qui broyait ma poitrine vrillait les sons dans ma gorge. La terreur, les mains serrées sur mon cœur, comme pour empêcher l’arrachement des tissus, une incompréhension totale, aucun signe précurseur, la certitude de la mort. Je suis tombé sur le bureau au moment où la porte s’ouvrait. J’ai juste eu le temps de reconnaître Philippe, mon associé.

J’ai ouvert les yeux dans la chambre d’hôpital. J’ai compris que j’étais vivant. Il n’y avait personne. Ça m’a fait un mal de chien que personne ne me veille… J’ai pleuré tout seul. Je me suis souvenu soudainement de mes dernières larmes. Comme un éclair. La mort de mon grand-père, j’avais douze ans. Un rappel incongru.

Des tuyaux, des machines, les murs blancs de la chambre, j’ai posé une main sur ma poitrine, le souvenir de cette douleur incommensurable, j’ai senti les battements réguliers, l’idée infantile que j’étais intact, que mon intégrité physique était préservée.

Un médecin est passé. Compte-rendu de la lutte. J’avais perdu. La violence de l’attaque avait été fatale à mon cœur. Il ne s’en remettrait pas.

La rupture.

Tous droits réservés. Thierry Ledru et Numeriklivres, 2013

Format numérique (ebook) — 286 pages-écrans


Disponible également au format ePub et/ou Kindle sur iBookstore Apple, Amazon.fr, ca et com, Kobo France et Kobo Canada, Google Play, Archambault.ca, ePagine.fr, Bookeenstore, Chapitre.com, Relay.com, Decitre, Culture, Nolim Carrefour, Feedbooks et +



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