D’or, de sang et de soie

de Christine Machureau

Éditions Numeriklivres
Littérature générale

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Une reine guerrière vit par le fer et meurt par le fer. Que deviendra son royaume ?

Christine Machureau

Attila a subi une terrible défaite aux Champs Catalauniques. Après la campagne d’Italie qui ne fut pas exactement un succès, l’Étoile pâlit si fort que cela sent la fin. Depuis Rome, et tout le long du chemin de retour en Pannonie, ce chef incontesté a des maux de tête. Sa dernière nuit d’amour sera tragique… Avec qui l’a-t-il partagée ? Une princesse khazar, Orca, venue de l’embouchure de la Volga, à l’est. Son oncle a assassiné son père Ardeshir et, pour prix de la paix avec Attila, lui donne sa nièce pour épouse. Va-t-elle accompagner le grand Khan dans ses funérailles ? Va-t-elle sauver sa peau ? Elle fera mieux. Pétrie de culture persane et grecque, plongée dans une société brutale et nomade, elle va devoir s’adapter. Dans ses veines coule le sang des rois, et, reine, elle le deviendra. Mais à quel prix ? Combien d’années à errer dans les steppes ? Que devra-t-elle sacrifier ? Ses amours ? Sa fille ? Son fils ? Quel est le prix d’une horde de cinq mille âmes ? Comment fera-t-elle pour créer l’Orkastan, un royaume entre Khazarie et Bactriane ? Retrouvera-t-elle son frère Ormuz ? Une reine guerrière vit par le fer et meurt par le fer. Que deviendra son royaume ? Son fils a sept ans et sa fille Gegheen Tsets, Lumière de la Sagesse, est une chamane réputée. C’est par la destinée de cette dernière que luiront encore quelques parcelles du sang d’Attila, Kaghan de tous les Khans.

Un avant-goût

An 452, c’est un printemps merveilleux. C’est décidé, on y va. Quelques yourtes sont chargées sur les chariots avec les chaudrons et les tapis. Attila harangue sa horde, debout sur ses étriers, ce qui ne le hausse pas beaucoup. Mais la voix est forte, vibrante et chacun la sent résonner au fond de ses tripes. Les mots sont simples, éloquents.

— Shengri nous a donné l’empire de la terre. Ceux qui se soumettront et laisseront passer nos troupes conserveront leurs états, leurs familles, leurs biens. Quant aux autres… Shengri seul sait ce qu’il leur arrivera.

Une clameur se répand sur la plaine. C’est la réponse de la horde à son chef. Tous s’embarquent dans cette démentielle aventure : conquérir Rome ! Le temps de la ruiner, de la piller, de faire bonne charge d’esclaves. Cela promet un butin fabuleux.

Aquilée, Padoue, Vérone, Milan tendent leur gorge au coutelas hun. C’est la curée. Un formidable trésor gonfle les chariots et l’on approche du centre du Monde ! Alors, c’est Rome ! Rome ! Saisir l’or de Rome enfin ! C’est le couronnement absolu de l’Empereur de la steppe. Rome à genoux !

Là, les souvenirs s’amassent sous le casque de cuir qui couvre les cheveux noirs du Roi. Ses yeux étirés vers les tempes laissent fuser le rayon noir du regard perçant. La peau tannée frissonne sous les regrets, sous le rappel des humiliations subies dans cette Rome fière et hautaine qui est réduite, ce jour, à sa plus simple expression. Ce n’est plus la capitale du monde connu, c’est une ville aux abois, une ville qui attend, qui espère et qui craint.

Attila domine la campagne, il jouit de la terreur répandue. Il place ses troupes en un grand arc de cercle, autour des collines de Rome. Les oliviers sont en fleurs et les raisins sont verts. Si verts que les hommes se tiennent le ventre… Perché sur un vaste monticule à l’est de la Ville, il contemple ces fuyards qui partent vers le sud, tout étonnés d’être encore en vie. Et comme il est arrivé bien souvent, Attila est indécis. La troupe patine autour de lui, attend que l’ordre soit donné pour la curée promise. Et l’on patiente…

Le Pape ne partira pas. Il connaît Attila. Il voit cette attente inexpliquée et pense la mettre à profit. Il veut une entrevue avec le Roi des Huns. Il se portera vers lui. Foin du protocole, foin des préséances. C’est le Pape qui rendra la visite. Attila accepte. On ajoute des draps d’or et des tapis dans la ferme patricienne qui a été investie. Le Pape va venir.

Attila change d’avis. C’est sous sa tente qu’il recevra ce Grand Père et l’on déménage les draps d’or et de pourpre. Le Pape arrive à la tombée du jour sur une mule richement harnachée. C’est un homme bedonnant, la peau blafarde d’une onctuosité toute cléricale, les mains longues, fines et soignées. Il érige le discours politique au niveau de l’art. Les quelques patriciens qui l’accompagnent sont parqués dans la cour sans aucune prévenance. Ils resteront là, toute la nuit, sans boire et sans manger. Nul ne pénétrera dans cette tente où se joue l’avenir de Rome.

Tous droits réservés. Christine Machureau et Numeriklivres, 2014 — 502 pages-écrans

Format numérique (ebook) | 502 pages-écrans | 6,99€

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