
Valls, de gauche? Et mon cul c’est du poulet?
Certains hommes politiques marquent l’histoire par leurs courageuses réformes, leurs avancées sociales et leurs convictions inébranlables. Manuel Valls n’est clairement pas de ceux-là.
Dans une France et une Europe en crise, où les solutions prodiguées se sont révélées inefficaces, il aurait pourtant pu incarner le changement. Cette crise économique qui a finalement presque toujours été la norme dans notre système mondialisé, et qui aujourd’hui à son paroxysme, entraine dans son sillage une libération des extrémismes un peu partout sur le continent. Pas en Espagne pourtant, la terre de naissance de notre premier ministre. Assez stupéfiant d’ailleurs, de voir comment une même crise produit des effets politiques diamétralement opposés à quelques kilomètres de distance.
Manuel Valls n’a pas vraiment cherché à comprendre. Il s’est jeté la tête la première dans les bras d’un ordo-libéralisme à bout de souffle, se faisant défenseur d’une rigueur budgétaire qui met toujours, à l’heure actuelle, l’Europe à genoux. Il s’est attaqué aux minorités Roms, si facilement montrées lorsque tout va mal, soit disant porteurs de tous les vices, accusés de tous les maux. Persistant et signant, il a cherché encore à opposer ses concitoyens sur les questions de nationalité, tout en installant un état d’urgence dont la permanence devient inquiétante.
Certains trouveront toutes ces évolutions satisfaisantes. Évidemment. Des électeurs de droite, voire d’extrême droite s’accommoderont sans doute parfaitement de l’action de Manuel Valls. Sa côte de popularité auprès des sympathisants de ces courants de pensée en témoigne. Mais il est impossible pour quelqu’un qui se positionne à gauche de l’échiquier politique de se reconnaitre dans cette parodie de gouvernance dont il est le protagoniste.
Cheval de Troie
Certains l’ont d’ailleurs compris, un peu tardivement sans doute. Les Duflot, Montebourg, Hamon et maintenant Taubira ont finalement quitté un navire dont le capitaine souffre de cette folie conservatrice qui anime tant de gouvernants européens, de droite pour la plupart.
Un cheval de Troie. Voilà ce qu’est Manuel Valls. Un conservateur déguisé depuis des années en socialiste modéré, parvenu à accéder aux arènes du pouvoir afin de faire passer des réformes puissamment dangereuses, d’opposer les français et de bafouer les valeurs de la gauche, si tant est qu’elles existent encore .
J’avais bien senti que je ne pouvais pas te sentir, Manuel.
Morain