L’heure bleue… dans tous ses états.

J’avais prévu de tester un nouveau parfum, et puis, je ne sais pas, j’ai eu envie de parler de l’Heure bleue car finalement j’en parle tout le temps mais moins sur mon blog alors que c’est mon parfum préféré.

En effet, si je ne devais n’en garder qu’un (chose très difficile), ce serait l’Heure bleue. Parce que je me sens bien quand je le porte, pour son élégance, son raffinement, sa douce sensualité, son côté apaisant, la sérénité tantôt heureuse, tantôt nostalgique que ce parfum dégage, sa tenue, son évolution au fil des heures.. bref les raisons de l’adorer sont nombreuses. Contrairement à d’autres parfums que j’aime énormément, celui-ci est le seul que je pourrais porter quelque soit mon humeur, la saison, mes habits. Que j’ai envie d’une fragrance originale, sensuelle, classe ou rassurante… quelque soit l’envie du jour, je m’y retrouve. Je l’aime car, avec son évolution, il me fait voyager en quelque sorte, il m’émeut tout particulièrement. Poivrebleu le décrit très bien dans l’article qui y est consacré sur son blog. En effet, beaucoup de gens parlent de l’heure bleue comme d’une friandise rassurante, ou d’un parfum nostalgique. Pourtant, s’il se prête très bien aux froides soirées d’hiver, ou s’il peut en effet avoir un côté mélancolique, il est encore plus magnifique lorsqu’on le porte, probablement comme l’a pensé Jacques Guerlain, un soir d’été, lorsque le jour décline doucement, à mesure que s’installe peu à peu la nuit. Avec la chaleur encore présente mais adoucie d’une soirée d’été, il développe des facettes inattendues. Son caractère oriental s’affirme, d’une part, mais il se dépare de son aspect “doudou nostalgique” pour évoquer la sérénité que l’on peut éprouver un soir de vacances par exemple. C’est comme si on était à la fenêtre en train de regarder le ciel, en souriant, plein de pensées heureuses et sereines.

Réflexions qui m’ont amenée à avoir envie d’évoquer l’Heure bleue dans toutes ses concentrations. Je l’ai découvert il doit y avoir près de 15 ans, en eau de toilette. A l’époque celle-ci me paraissait un peu plus profonde, ronde que l’actuelle, mais je ne peux être affirmative, car c’est encore une question de ressenti, voire ici, de souvenir. Mais il me semble qu’elle se rapprochait plus de l’eau de parfum actuelle. Un des flacons que j’utilisais à l’époque est resté inachevé puisque vers 20 ans j’ai cessé de le porter régulièrement pendant quelques années. Lorsque j’y suis revenue, j’ai été surprise de constater que l’eau de toilette restante n’avait pas bougé, totalement conforme à mon souvenir, témoignant ainsi de la qualité de ce parfum. On me l’a ensuite offert en eau de parfum et c’est curieux car je n’ai pas vraiment vu de différence. C’était la même heure bleue, ses notes de bergamote bien présentes en tête, assortie d’aromates et de clou de girofle, pour évoluer ensuite sur un corps floral assez dense composé d’oeillet, de fleur d’oranger, de rose et de tubéreuse. Puis perce bientôt l’iris (très présent sur ma peau dans cette concentration), avant de se fondre dans un fond vanillé, accompagné d’héliotropine, et de musc, pour lui donner un côté miellé, sensuel tout en restant d’une extrême tendresse. Le tout autour d’une note poudrée inhérente à ce parfum, qui ne cesse d’évoluer au fil de la journée. C’est curieux car je n’ai pas senti de forte nuance entre cette eau de parfum de 2006 ou 2007 et l’eau de toilette qui me restait de la fin des années 90. Alors qu’en revanche lorsqu’on m’a offert l’eau de toilette à noël dernier, j’ai tout de suite tiqué. Certes, il s’agissait d’une edt alors que j’utilisais l’edp juste avant, mais celle-ci se distinguait aussi de l’edt telle que je l’ai connue. Les notes de têtes sont beaucoup plus accentuées (du moins à mon nez), tandis que les notes de fond sont plus “allégées”, et sa tenue, certes tout à fait normale pour une edt, n’égale pas celle que je lui ai connue dans cette même concentration quelques années plus tôt. C’est peut-être juste un ressenti, c’est peut-être aussi ma peau qui a changé, je ne sais pas, mais cette concentration me séduit moins. Elle est toujours belle évidemment, mais je lui trouve en effet un charme désuet, alors que je ne trouve pas ce parfum, d’ordinaire, contrairement à beaucoup de gens malheureusement, “vieux”. Mais ce n’est qu’une impression, pas une affirmation, puisque beaucoup de perfumistas semblent porter l’heure bleue en edt actuelle et la trouver superbe, donc c’est encore et toujours certainement une histoire de peau. Puis l’occasion m’a très gentiment été donnée de découvrir l’Heure bleue en extrait. Aïe aïe aïe, qu’il est difficile de faire marche arrière lorsqu’on teste les parfums guerlain dans cette concentration. L’extrait met plus en valeur les notes de fond de l’heure bleue je trouve, bien que l’on sente quand même un départ fusant de bergamote dans les premières minutes. L’extrait se concentre plus sur les notes vanillées, miellées, de ce parfum. Il est un tout petit moins poudré il me semble et plus sensuel. A essayer absolument le soir en été, pour les fans de l’heure bleue, il est divin! C’est là qu’on découvre vraiment, je pense, tout le sens et l’esprit de ce parfum. Le must, c’est d’appliquer l’extrait en petites touches sur les poignets, cou etc… et de se vaporiser un nuage d’edt autour de soi, comme le conseille Sylvaine delacourte sur son blog. A noter, contrairement à certains extraits qui sont d’une très forte puissance, comme celui d’allure sensuelle par exemple, l’extrait de l’heure bleue n’est pas extrêmement plus fort ou puissant. Il l’est bien sûr, un peu plus que dans les autres concentrations, mais à mon nez il me semble surtout plus raffiné, il sublime ce parfum. Mais ça ne m’empêche pas de savourer l’heure bleue en eau de parfum (j’en ai déniché une de 2007), qui reste superbe, vraiment à mi-chemin entre l’edt et l’extrait, avec un beau sillage. En parlant d’eau de parfum justement, une b-testeuse m’avait revendu un parfum de toilette de la fin des années 80 je crois, (le parfum de toilette correspond à l’appellation eau de parfum d’aujourd’hui). C’est amusant, car si les notes de tête se sont légèrement altérées, il faut en effet attendre dix munutes avant d’y retrouver l’heure bleue, dès qu’elle évolue cette eau de parfum se rapproche de l’extrait, probablement, en raison d’une part de l’effet de “macération” au fil du temps qui a tendance a renforcé le parfum , mais aussi parce que les concentrations n’étaient pas exactement les mêmes que celles d’aujourd’hui. C’est peut-être une impression, mais l’eau de toilette d’avant correspondrait plus à l’eau de parfum actuelle et ainsi de suite. Bref cette eau de parfum “vintage” se rapproche assez de l’extrait, tout en étant quand même moins subtile, mais très ronde, profonde, avec un sacré sillage pour le coup!

Pour finir, comme je suis une addict de l’heure bleue, je ne me lasse jamais de l’explorer sous toutes ses facettes. Quand j’étais plus jeune, avec ma mère nous avions déniché un flacon d’époque, scellé dans sa superbe boite. L’idée ne m’était jamais venue de le désceller jusqu’à que je lise sur grain de musc qu’il était encore possible de porter des parfums “vieux” de plusieurs décennies lorsque, par chance, ils s’étaient bien conservés. Après moultes hésitations , j’ai ouvert ce flacon, qui doit dater d’avant guerre (la seconde), puisque la concentration n’y est pas précisée. Quelle puissance! Les notes de tête sont clairement altérées, mais au bout d’un quart d’heure le parfum se pose pour ressembler fortement à l’extrait, en plus poivré- épicé, peut-être. Le côté encaustique que l’on perçoit parfois dans ce parfum est un peu plus présent au départ, mais ensuite l’évolution reste celle que l’on lui connaît, magnifique. Bref, l’heure bleue, un délice à savourer sans limite dans tous ses états! Dernière petite précision sur le sujet, j’ai découvert, rapidement, et récemment, Cuir Mauresque (de Lutens) et Bois de Copaïba (de la Parfumerie générale), qui se rapprochent un peu des notes de fond de l’heure bleue.. A suivre…

Originally published at mybluehour.blogspot.fr on November 30, 2014.

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