Vanille de Mona Di Orio: vanille “sans sucre ajouté”.

Comme je vous l’avais confié précédemment, j’ai un gros faible pour la Vanille de Mona Di Orio. J’affectionne depuis toujours les orientaux, les poudrés, les floraux orientaux poudrés, les fleurs blanches l’été … et les vanilles lorsqu’elles ne dégoulinent pas de sucre, qu’elles ne sont pas enrobées de 3 couches d’éthylmaltol (note caramel), mais plutôt traitées de manière originale, autour des facettes de la gousse, tout en conservant leur rondeur sensuelle, bien sûr.

Ce n’est donc pas une suprise que je sois tombée sous le charme de cette Vanille un peu sèche, à l’envolée fraîche voire un peu verte, sur fond boisé, très légèrement fumé. S’il y a une association que j’aime particulièrement, c’est l’accord de notes boisées et vanillées, ainsi que l’alliance tabac-vanille. Ce n’est pas pour rien qu’Habanita est un de mes parfums préférés, (bien qu’il ne puisse se résumer qu’à ça évidemment). L’envolée de cette vanille peut sembler de prime abord déconcertante, avec ses agrumes, ses accents d’orange amère et la verdeur du petit grain. Cette apparente fraicheur est d’ailleurs accentuée par l’aspect solaire de l’ylang ylang que dévoile ensuite le coeur de la composition. Mais ce n’est qu’une facette de la fragrance, puisque celle-ci joue aussi sur les nuances liquoreuses de l’absolu de vanille, avec cette note de rhum, dont l’effet est renforcé par les épices, notamment le clou de girofle. Rappelons ici que Mona Di Orio avait pensé cette vanille en imaginant les bateaux qui ramenaient des cargaisons de rhum, de gousses et d’épices des Comores ou de la Réunion. L’aspect liquoreux et épicé prend donc ici tout son sens.

Mais attention, il ne s’agit pas ici d’un remake de Spiritueuse Double-vanille de Guerlain pour autant. La dimension rhum/epices reste en retenue, laissant ce parfum s’aventurer autour des inflexions boisées de la gousse, voire légèrement fumées, avec sa touche de bois de gaïac en fond, sensation que vient renforcer le vétiver. Que les adeptes de notes ambrées et chaleureuses se rassurent, la composition n’est pas dénuée de toute rondeur, la fêve tonka et les baumes venant prolonger la douceur sensuelle de l’absolu de vanille. A essayer d’urgence pour les adeptes de l’Eau Duelle, de Vanille Insensée d’Atelier Cologne ou de Vanille absolument de l’Artisan Parfumeur. Subtile et déroutante, cette fragrance est assez révélatrice de la patte de Mona Di Orio, du moins celle que l’on retrouve dans la Collection des Nombres d’Or. Une manière de détourner une note, d’emmener sur un autre terrain que celui auquel on s’attendait d’après le nom du parfum, notamment pour le Musc, l’Oud ou la Tubéreuse.

Un nouveau parfum viendra enrichir la gamme très prochainement, l’Eau Absolue, hommage à l’amour de la créatrice pour la Méditerranée, qui fait la part belle au petit grain, au basilic et aux notes boisées. Une eau fraîche mais texturée, un peu épicée, un peu verte, mais au fond plus ambré, une fragrance à la fois vive et joyeuse, rayonnante comme un sourire avenant.

Originally published at mybluehour.blogspot.fr on December 13, 2014.

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