Qui a peur du grand méchant Uber ?

Depuis que Maurice Levy, le chantre du marketing des idées, a popularisé l’expression, il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous rebatte les oreilles de l’Uberisation.
C’est quoi l’Uberisation d’abord ? Voyons voir …
- Des clients voulant un service immédiat, parfait, et moins cher (et la crémière …)
- Des jouets technologiques permettant la condition du dessus de s’accomplir (comme la vie est bien faite …)
- De faux idéalistes qui prétendent changer le monde en se rendant compte des deux conditions ci-dessus avant les autres
En gros, et c’est l’utilisation de l’innovation pour capter toujours plus de pognon en direction d’un nombre toujours plus restreint de gens ?
Ouais, et vous allez me dire que ça c’est nouveau peut-être ?
C’est peut-être juste un peu plus compliqué que ça en fait…
Parce que cette innovation elle vient bien de quelque part, peut-être que les clients (ces salauds qui veulent toujours mieux et toujours moins cher) sont allés regarder du côté des services Uberisés parce qu’ils n’avaient pas les moyens de faire autrement ? Peut-être que le coût d’un hôtel ou d’un taxi deviennent prohibitifs pour un nombre toujours plus grand de personnes …?
Oui mais c’est la crise, espèce de jeune con !
Allons bon, la crise.
Y avait longtemps qu’on ne nous l’avait pas sortie celle là.
Non je déconne ! La crise, on nous en rebat les oreilles depuis … Ah merde. Depuis qu’on est nés en fait ! Et depuis qu’on est nés, on voit les uns et les autres droite ou gauche, conservateurs ou libéraux nous asséner que c’est la crise et qu’il faut y faire quelque chose.
C’est bien beau tout ça, mais en attendant que les uns pendent les patrons au premier réverbère et que les autres pendent les ouvriers avec des liasses de coupons de réduction, on aura pas plus le cul sorti des ronces.
Parce qu’en fait, pendant que les uns et les autres ont passé leur dernier quart de siècle à se demander comment ils allaient pouvoir continuer à faire pareil, nous on a écopé le bateau France sans rien dire.
Nous ? Les jeunes.
Vous savez, ces branleurs qui ne veulent pas finir comme leurs parents sacrifiés à la gloire de la sacrosainte entreprise. Ces fainéants qui enchainent les stages payés sous le seuil de pauvreté et les contrats précaires en entendant le bon quinqua d’à côté se plaindre de la disponibilité de jours de vacances. Ces emmerdeurs qui finissent par se dire que tout compte fait être son propre patron ne peut pas être pire que ce qu’ils vivent déjà.
Cette génération que vous appelez Y parce que vous ne savez même pas traduire correctement une expression Américaine. Cette génération why, cette génération pourquoi. Qui se demande pourquoi vous parlez de crise alors qu’elle n’a connu que ça. Qui se demande pourquoi vous essayez encore de revenir à un monde mort depuis 40 ans.
Qui se demande quand est-ce que vous allez ouvrir les yeux et affronter l’avenir plutôt que pleurer sur le lait renversé (une autre expression Américaine, décidément)
Et Uber dans tout ça ? Uber pourrait être le nom du quotidien de la génération Y. Trouver des combines pour vivre, trouver des combines pour avoir accès à des services décents, trouver des combines pour se créer un nouveau monde parce que vous avez fermé les portes du votre.
C’est trop tard au fait. Vous nous avez marginalisé dans l’emploi précaire, les solutions sans lendemain, et une absence d’avenir depuis une quinzaine d’années.
Uber est une première étape massive de la conquête de l’économie par la génération Y.
Demandez vous ce qui se passera quand on s’intéressera à la politique.