Quelle concertation en faveur des ODD?

#Convergences, Mercredi 07 septembre, 14:15. Salon Bertrand — Hôtel de ville

L’équipe de Convergences a souhaité profiter du lancement du Baromètre des solutions durables pour engager une discussion autour de la concertation en faveur des ODD. L’occasion d’évoquer avec les acteurs du collectif à l’origine de la publication les nombreux défis qu’il reste encore à relever sur la longue route vers les 17 objectifs mondiaux pour mettre fin à la pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice, et faire face au changement climatique d’ici à 2030.

De gauche à droite Sylvia Amicone, Sébastien Treyer, Mathieu Ruillet, Placide Nonguierma, et Philippe Aziz. Crédits Photo: Yann Castanier

Auparavant intitulée le baromètre de la faim, le baromètre des solutions durables est porté par un collectif d’organisations et d’ONG européennes afin d’outiller les acteurs et les décideurs. Pour Sylvia Amicone[1], Journaliste et modératrice de la session, « l’édition est plus largement le support indispensable pour informer la société sur le rôle de ces ODD ». Initialement centré sur les sujets relatifs à la faim et à la malnutrition, le baromètre couvre désormais les ODD de manière globale, en abordant l’ensemble des défis et des accomplissements nécessaires à leur réalisation. Mais le Baromètre pose aussi, à l’image de la concertation des parties prenantes à sa conception, la question de la synergie de tous les acteurs pour atteindre ces objectifs.

La recherche d’une synergie et d’une mobilisation.

« Sociétés civiles de tous pays unissez-vous … et demandez des comptes à vos gouvernements ! » Voici l’appel quelque peu solennel lancé par Sébastien Treyer[2], Directeur des Programmes à Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI). « Pour que ces ODD ne soient pas le produit des seuls ministères qui rendent compte ensuite à New York, il faut que les acteurs de la société civile, dont les entreprises, interpellent les décideurs, et soient en demande de résultats », assure-t-il. Ses propos sont repris par Mathieu Ruillet[3], Délégué général de l’ONG Groupes Energies Renouvelables, Environnement et Solidarité (GERES). Celui-ci insiste en effet sur la responsabilité évidente de tous les acteurs. Selon lui, les ODD doivent permettre de « re-questionner nos métiers ». Cette recherche de mobilisation autour des ODD, alliée à un besoin de synergie, s’applique à toutes les organisations de la société civile. Convergence de point de vue avec Philippe Aziz[4], directeur des activités sociales chez AG2R la Mondiale, qui, humblement, estime ne pas être un « expert des ODD ». Cependant, il exprime à sa manière l’implication des acteurs du secteur assurantiel dans l’atteinte des ODD. A petite échelle, lorsqu’il parle de la prise en charge de « la carie du boulanger » et à plus grande échelle, quand il mentionne la volonté permanente d’insuffler du sens à un métier qui peut paraître flou.

L’implication des jeunes, un enjeu central.

La synergie et la mobilisation des acteurs de la société civile est un sujet fondamental lorsqu’on parle des ODD, mais il devient caduc si les jeunes ne s’impliquent pas. Placide Nonguierma[5], Président et Cofondateur de Comité 21 Burkina Faso débute son intervention en précisant « qu’actuellement, dans le monde, les moins de 14 ans représentent le quart de la population mondiale et les 14–30 ans, 1,8 milliards d’individus ». Ce constat dressé, il est indéniable « que les instances internationales, nationales, régionales se doivent de créer un cadre pour que les jeunes parlent des ODD ». Et quand Sylvia Amicone lui demande comment il est possible d’intégrer la jeunesse à ces questions, Placide Nonguierma ne manque pas d’exemples et d’idées. Il évoque ainsi les COY (Conference of Youth)[6] qui, en 2015, ont mobilisé 4 000 jeunes pendant 3 jours de dialogue et de partage d’idées sur des thèmes globaux relatifs aux ODD. Lui-même ajoute qu’il « a eu l’occasion de faire partie de la délégation du Burkina Faso, dans la thématique du renforcement de capacités » au sein de l’initiative « Jeunes Leaders »[7] lancée par l’ONU. Une initiative qui désigne 17 leaders (1 par ODD) qui se sont distingués dans leurs efforts pour la réalisation des ODD.

Synergie, mobilisation et implication ont donc constitué les mots d’ordre de cette conférence, sans oublier bien évidemment le concept d’universalité qui est intrinsèquement lié aux Objectifs de Développement Durable. Comme le résume habilement Sébastien Treyer, les ODD concernent tout le monde : « On est tous des pays en développement et on a tous à apprendre les uns des autres ».

Emile Ollivier

[1] https://fmc2016.sched.org/moderator/samicone2?iframe=no&w=i:100;&sidebar=yes&bg=no

[2] https://fmc2016.sched.org/speaker/sebastien.treyer?iframe=no&w=i:100;&sidebar=yes&bg=no

[3] https://fmc2016.sched.org/speaker/mathieu_ruillet.1vgdn23q?iframe=no&w=i:100;&sidebar=yes&bg=no

[4] https://fmc2016.sched.org/speaker/philippe.aziz?iframe=no&w=i:100;&sidebar=yes&bg=no

[5] https://fmc2016.sched.org/speaker/nonguierma?iframe=no&w=i:100;&sidebar=yes&bg=no

[6] http://coy11.org/fr/

[7] http://sdgyoungleaders.org/#nominate-home