À grignoter #3 — Jacques Trentesaux, en attendant le Dej’

Le 28 mai, nous recevrons Jacques Trentesaux, cofondateur du site d’investigation locale Mediacités lors du 12e Déjeuner du Tank media. L’occasion de regarder de plus près ce média acteur de la démocratie locale qui recrée du débat en se co-construisant avec ses lecteurs.

Jacques Trentesaux, cofondateur de Mediacités

Bonjour Jacques, qui êtes-vous et que faites-vous ?

Bonjour, je m’appelle Jacques Trentesaux, j’ai 52 ans et j’ai eu le culot de cofonder Mediacités, un journal en ligne d’investigation locale il y a bientôt 3 ans après une carrière classique de journaliste de presse écrite (La Croix, Liaisons sociales, Les Échos, L’Express…).

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans l’entrepreneuriat média il y a 3 ans ?

Avant tout pour défendre le beau et nécessaire métier de journaliste. Aussi suite à une opportunité liée au rachat du groupe L’Express par Patrick Drahi en juin 2015.

Quelles furent vos plus grandes difficultés avec Mediacités en tant qu’entrepreneur média ? Comment avez-vous réussi à rebondir ?

Entreprendre équivaut à sauter de difficulté en difficulté. Ce n’est pas un 110 mètres haies mais un marathon bourré d’obstacles (et truffé de grandes satisfactions). Les difficultés sont financières, techniques, commerciales, éditoriales, humaines… Pour rebondir, il faut une vision, une équipe soudée mais aussi savoir s’entourer de compétences diversifiées.

L’équipe de Mediacités © Mediacités

Et vos principales réussites ?

Être parvenu à gagner une crédibilité éditoriale et à convaincre de l’utilité démocratique et de la pertinence économique de Mediacités.

Pourquoi misez-vous sur l’investigation locale ?

Parce qu’il en manque cruellement ! Les forces journalistiques sont très inégalement réparties. Et la crise que traverse notre secteur ne fait qu’amplifier ce travers.

L’équipe de Mediacités lors d’une session brainstorming © Jacques Trentesaux

Quelles sont vos relations avec les titres de PQR déjà implantés dans les régions où vous êtes ? Comment avez-vous été accueilli par ces titres ?

C’est très variable selon les titres de PQR. Les rédactions sont parfois confraternelles, souvent distantes, rarement hostiles. Je pense qu’on a tous à gagner à davantage de pluralisme de la presse en région.

En tant que média d’investigation, comment vous inscrivez-vous dans une dynamique de co-construction avec vos lecteurs ?

C’est un axe que l’on développe beaucoup en ce moment. Cela se joue à différents niveaux : éditorial (test-lecteur, enquête participative…) mais aussi capitalistique (il existe ainsi une Société des amis de Mediacités). Il s’agit d’inventer une relation plus proche sur tous les aspects pour construire un média plus… démocratique !

© La Fabrique de Mediacités

Le 12e Déjeuner du Tank media aura lieu mardi 28 mai avec Jacques Trentesaux au Tank. L’occasion de développer les grands thèmes abordés au cours de cette première rencontre, d’échanger avec vous et de répondre à toutes les questions que vous vous posez sur Mediacités.

Vous en serez ?