Lors de son premier programme d’incubation, S01E01, Le Tank media a accueilli des entrepreneurs qui ont accepté de partager leur expérience. Nous avons voulu, à travers cette série d’interviews, montrer la diversité des parcours. Chaque semaine, Le Tank media vous invite à découvrir un visage de l’entrepreneuriat média.

#CestMonParcours, Davanac “Se planter et l’assumer”

Damien Van Achter, alias Davanac, pilote depuis 2012 un laboratoire de l’information, mobile, à bord d’un véhicule équipé pour des missions de formation et des road trips interactifs, et résidentiel, au sein d’un accélérateur de startup qu’il a co-fondé en Belgique où il accompagne des porteurs de projets.

Damien Van Achter © Marine Doux pour Le Tank media

Je m’appelle Damien Van Achter, je travaille depuis une quinzaine d’années en tant que journaliste puis maintenant comme “facilitateur de projets”. Les miens d’abord, puis ceux des autres avec un mélange savamment dosé avec des étudiants en journalisme et communication et avec des entrepreneurs. Je les accompagne dans leurs projets, pas forcément des projets médias d’ailleurs. Je passe beaucoup de temps à être le plus utile possible, du temps où je ne me fais pas “chier”.

“Cette instabilité, est créatrice de nouvelles choses, de nouvelles dynamiques”

C’est quoi un média en 2018 ?

Je n’ai pas la prétention d’avoir une définition pérenne et ad vitam æternam. Pour moi être média, c’est raconter des histoires qui ont du sens et force est de constater que ce n’est plus l’apanage des entreprises médias. Il y a des marques qui ont la capacité de raconter, qui savent alerter sur des enjeux importants liés à l’évolution de nos sociétés et qui ont su créer de la confiance avec leur audience mais d’autres, mettent ça au service de la vente de sodas, d’armes.

La réponse est entre tout cela. Ma façon d’être média est inchangée depuis 15 ans. J’ouvre ma gueule quand j’en ai envie, je raconte des histoires, je teste et j’expérimente un certain nombre de nouvelles pratiques, parce que ça me fait marrer. Moi je suis passé des médias institutionnels, à l’univers des startups qui est très instable. Cette instabilité-là, est créatrice de nouvelles choses, de nouvelles dynamiques. Mais c’est une dynamique qui bouge qui évolue, qui va encore beaucoup bouger, où la place de l’humain est encore importante.

C’est quoi un entrepreneur média ?

Je ne sais même pas s’il faut créer des médias. On n’a jamais produit et consommé autant d’informations. Être entrepreneur média, c’est tout d’abord être entrepreneur de sa propre vie et carrière. C’est trouver des moyens de subsistance qui sont en accord avec ses valeurs. Je pense, quand on est entrepreneur média on ne le fait pas pour le pognon. Je ne pense pas que ça soit celui-ci qui nous drive. Il en faut pour vivre et payer ses factures parce que la bonne volonté, la passion et l’eau fraîche ne sont jusqu’à présent pas des choses que l’on peut déposer à la banque. C’est un équilibre forcément instable, qui passe par des phases où on fait des projets qui coûtent de l’argent où on se dit “merde j’ai même perdu de l’argent”. À d’autres moments on dit “oui” à des projets parce qu’il faut bouffer mais dont on n’est pas super fier mais il faut l’assumer. Parfois on arrive à conjuguer les deux. Alors on est fier de le faire et on arrive à gagner sa vie. C’est vers ça qu’il faut tendre. Est-ce que c’est ça être entrepreneur média ? Je ne sais pas.

Quel est le conseil que vous donneriez à une personne qui veut se lancer dans ce type d’aventure ?

Justement c’est de se lancer. C’est le premier petit pas qui va déplacer le centre de gravité vers l’avant, qui va entraîner le deuxième. Parfois on a l’impression que tout est rose et que tout est génial et qu’on va gagner plein de sous et qu’à 30 ans on sera les pieds au soleil. Ce n’est pas forcément vrai non plus, je ne sais pas si c’est même envisageable. Se lancer, c’est ne pas hésiter à faire des choix un peu radicaux parfois aussi. C’est aussi une façon d’assumer ce que l’on est. Cela permet d’assumer de se planter. Se planter et l’assumer est une bonne manière de pouvoir jouir pleinement de ses succès.