Lors de son premier programme d’incubation, S01E01, Le Tank media a accueilli des entrepreneurs qui ont accepté de partager leur expérience. Nous avons voulu, à travers cette série d’interviews, montrer la diversité des parcours. Chaque semaine, Le Tank media vous invite à découvrir un visage de l’entrepreneuriat média.
#CestMonParcours : Fabrice Florent, Madmoizelle
Fabrice Florent est le fondateur depuis 2005 du magazine féminin Madmoizelle. Nous avons rencontré Fabrice lors du premier petit-déjeuner inspirationnel du Tank media le 18 avril dernier. Il nous raconte son parcours, son média ainsi que sa vision entrepreneuriale.

Je m’appelle Fabrice Florent, j’ai 40 ans, j’ai créé en 2005 un magazine web pour les jeunes femmes, qui s’appelle Madmoizelle. Mad’ est un mag qui est une alternative à la presse féminine traditionnelle. C’est un média où on va parler à des “vraies meufs de la vraie vie”.
Être un entrepreneur média en trois mots pour toi c’est quoi ?
C’est de la persévérance, de la curiosité et de l’espièglerie aussi.
C’est quoi un média en 2018 ?
Aujourd’hui les médias, avec les plateformes, ont vraiment éclaté. Pour moi un média c’est produire du contenu et aller à la rencontre d’un public. C’est un peu moins vrai maintenant depuis que Facebook a décidé de faire dégringoler le reach. Chez Madmoizelle, on a toujours eu notre site, notre plateforme communautaire et notre application mobile qui fonctionne très bien, c’est rassurant. Il faut pouvoir garder la main là-dessus.
“Il y a une véritable attention à savoir qui sont nos lectrices”
Quand tu penses à ton lectorat, tu penses en termes d’audience ou de communauté ?
Plutôt en termes de communauté. Je n’aime pas trop ce mot, mais il y a une véritable attention à savoir qui sont nos lectrices. C’est un de mes jobs au quotidien en tant que boss de rappeler, à l’équipe de rédaction, qui sont nos lectrices, qui sont nos lecteurs.
Qui sont vos lectrices, vos lecteurs ?
Ce sont des jeunes femmes qui sont dans l’adolescence ou qui en sortent juste. Madmoizelle est là pour les accompagner vers cette vie adulte. En général elles sont étudiantes, début de vie active, premier travail. Elles ont un point de vue sur le monde très progressiste et ont des valeurs très proches de celles du magazine. Ce sont des valeurs de bienveillance et d’empathie. Tout cela ne les empêche pas d’avoir du caractère, elles savent ce qu’elles veulent.

Comment as-tu eu cette idée, qu’est ce qui a fait que tu t’es lancé ?
Je suis rentré chez Pimkie en 1998, pour créer le site à l’époque. J’étais tout jeune, j’avais 20 ans. Je découvre dans le même temps l’univers des jeunes femmes que je ne connaissais pas ainsi que les magazines féminins. J’étais assez effaré de voir à quel point l’image que la presse féminine donnait des femmes était éloignée de la réalité de celles que je connaissais. Je me suis rendu compte qu’il n’existait pas d’alternative. J’ai toujours eu cette envie là de monter ma boîte. Pimkie m’a offert la possibilité de me former, de pouvoir apprendre à coder, à développer. Ils m’ont laissé une grande liberté et ça m’a permis de me dire qu’il y avait sans doute un truc à jouer, en tout cas un média qui serait une sorte d’alternative. Je voulais parler de trucs que les magazines féminins n’abordaient pas et creuser ce sillon là.
“Cela a été la première fois où je me suis rendu compte que j’avais réussi à monter ce média”
Quelle a été la première grande joie que tu as eu avec Madmoizelle?
La vraie grande joie a été de lancer le magazine. C’est un moment très particulier. Appuyer sur le bouton et tout d’un coup voir son site devenir réalité. Il y a un autre évènement que je retiens particulièrement. On organise des soirées avec Madmoizelle et nos lectrices où on fait venir 1500 d’entre elles pour chanter et danser, c’est très festif. La première a eu lieu fin 2014 au Bataclan. Cela a été pour moi un grand moment de “kiff”. Ça faisait 10 ans que j’avais monté Madmoizelle et cela a été la première fois où je me suis rendu compte que j’avais réussi à monter ce média et que nous avions réussi à faire venir autant de monde dans un seul et même endroit.
Quelle a été la première douche froide ?
La première douche froide a été le crash en 2008 qui nous a mis une grosse claque dans la figure. À l’époque nous étions vraiment petits et en régie publicitaire chez Auféminin. Je me souviens que pendant quelques mois on avait 0 €. Ça a été assez flippant.
Aussi, au bout de 6-7 ans, je considérais avoir fait un peu le tour de Madmoizelle. Je m’ennuyais un peu et j’ai donc créé un magazine pour les mecs qui s’est appelé GentleMec. Je me suis donné un an pour le faire. Je publiais tous les jours des articles dessus et je me suis rendu compte que cela ne fonctionnait pas. J’ai donc fermé le journal. Mais finalement cet échec a été très cool. J’ai pu me rendre compte que j’avais beaucoup d’amour pour le projet de Mad’. J’avais besoin d’y revenir à fond la caisse. Ces “passades” font partie, je pense, de la vie d’entrepreneur.
Quelle est la place des contenus créatifs à Madmoizelle ?
On produit une vidéo par jour en interne depuis 2012. On fait tout ça à la maison. On va chercher au sein de la rédaction qui a envie de créer des vidéos. Il y a deux personnes qui s’occupent de ce format à plein temps. On est une toute petite équipe. On a lancé dernièrement des podcasts, avec des formats spécifiques depuis quelques mois. C’est hyper intéressant de lancer ça. Cela amène un autre public, cela incite nos lectrices à tester d’autres formats et à consommer d’une autre façon.
Quel serait le conseil que tu donnerais à un entrepreneur média pour se lancer ?
Accroche-toi ça va être dur mais c’est cool !

