COMMENT RÉUSSIR UN ATELIER D’IDÉATION ?

Image for post
Image for post
Atelier idéation chez France Médias Monde (juin 2017)

Comment former l’équipe qui prendra part à l’idéation ?

Dans l’idéation, le primat de l’équipe sur l’individu provient du champ varié de points de vue et de compétences qu’elle a à sa disposition. La division du travail et la spécialisation ont rendu nécessaire la collaboration entre différents acteurs pour obtenir à la fois des connaissances pointues et des larges perspectives de réflexion. Ainsi, il est essentiel de réunir des individus avec des backgrounds et des compétences différentes. D’une part, cela multiplie le nombre d’idées potentielles qui émergeront du workshop ; d’autre part, les idées pourront être consolidées et approfondies plus facilement à l’aide de connaissances et d’expériences différentes. La diversité des profils est donc une qualité qui doit obligatoirement être affichée par ces workshop teams. On ne doit pas hésiter à intégrer dans un même groupe les chargés de marketing, de la stratégie, analystes, ingénieurs informaticiens, spécialistes du digital, etc. L’objectif est de faire jaillir un consensus d’idées créatives : cela passe inévitablement par la diversité des typologies des parties-prenantes et des utilisateurs finaux.

Les conditions préalables pour créer une atmosphère de co-innovation

De façon générale, il est souhaitable de créer les conditions matérielles et relationnelles qui pousseront les collaborateurs à s’investir entièrement dans la réflexion collective. L’objectif premier est d’établir un confort qui bannira les pensées parasites pouvant gêner les différents protagonistes. Ces dernières peuvent avoir pour origine un inconfort matériel ou une gêne affective qui entraverait la communication. Il faut donc en premier lieu faire en sorte que les collaborateurs trouvent les conditions pratiques les plus agréables possibles : espace lumineux, accueillant, avec la possibilité de manger, de boire, etc. Dans l’idéal, l’endroit investi et l’atmosphère doivent s’éloigner de la routine des différents membres de l’équipe ; cela contribue à créer l’esprit d’invention requis par les objectifs de l’atelier. Il est préférable de disposer les participants en cercle plutôt que de deux côtés d’une table pour éviter les échanges bilatéraux uniquement et créer un réseau le plus interactif possible. Nous préconisons également de demander à chacun de désactiver les notifications de son téléphone pour pouvoir se plonger pleinement dans l’atelier.

La définition du problème

Une fois que l’animateur du workshop a pris le temps de créer une ambiance détendue et que tout le monde est disposé à réfléchir, le véritable travail de groupe peut débuter. Nous vous recommandons de commencer la réflexion par une définition collaborative du problème. Cette phase peut commencer par une introduction de l’organisateur qui peut ensuite être complétée par un tour de table. Il est ici conseillé de définir clairement les objectifs de l’atelier et lister tous les problèmes auxquels s’adresse la recherche d’idées. Il sera alors possible de dégager des perspectives de réflexion vers lesquelles l’atelier pourra s’orienter. C’est aussi l’occasion pour le groupe de poser des limites claires à l’idéation, trouver ce que le problème n’est pas et les sujets vers lesquels on risque de dériver mais qu’il n’est pas nécessaire d’aborder.

La recherche d’idées

Une fois que le problème a été bien défini, la phase de recherche à proprement parler peut commencer. Nous vous recommandons de procéder par différentes étapes et activités, ponctuées par des moments qui permettent de faire le point sur l’avancée et des pauses. Le but de faire varier les activités est de multiplier les cadres en fonction desquels s’oriente la pensée et ainsi d’éviter les impasses. Pour chaque phase, il est bon de prendre soin à ne pas influencer la recherche et à donner si possible des consignes neutres. Ainsi, quand cela est possible, on préférera les questions ouvertes aux questions directives. Il y a de nombreuses activités et cadres de recherche possibles, parmi lesquels nous pouvons vous conseiller les suivants (le détail de ces activités fera l’objet d’un article) :

  • Le Six-to-One. Dans ce jeu, inspiré des pratiques de la société de conseil Adaptive Path, les participants reçoivent chacun une feuille comportant six cases. Il s’agit alors pour chacun de trouver six solutions différentes au problème posé en un temps limité. Chacun à leur tour, ils devront ensuite défendre leurs solutions à l’occasion de très courtes interventions. Cela fait, ils devront chacun choisir une idée parmi toutes celles qui ont été proposées précédemment, et monter un discours plus long pour faire valoir leurs forces. On retrouve dans ce jeu la démarche intellectuelle essentielle de l’idéation : exploiter les différents profils pour émettre des idées divergentes, puis en sélectionner certaines et les approfondir.
  • Contextualiser les épisodes de la vie de tous les jours qui concernent le problème. Se demander qu’est-ce qui pourrait améliorer ces situations. On peut ici se permettre de viser un idéal lointain, cela pourra contribuer à l’émergence d’une piste innovante.
  • Créer puis utiliser des cartes d’idéation. Les cartes d’idéation sont des cartes contenant un mot, un groupe de mots ou une phrase avec lesquels chaque participant devra établir un lien avec le problème traité. Ces cartes peuvent afficher un produit, un service, un concept, une citation générale ou un proverbe (« Il n’y a pas d’innovation sans désobéissance », « Si tu ne sais pas où tu vas, commence par regarder d’où tu viens », …). Ici aussi, on peut par la suite sélectionner les résultats les plus prometteurs et en approfondir les idées.
  • Toujours avoir l’actualité et les sujets du moment en tête. Pour cela obtenir une liste de ces sujets, on peut se servir abondamment des fils d’actualité des réseaux sociaux (les tendances du moment avec les « # » les plus utilisés sur Twitter). Il existe aussi des sites comme Trendhunter qui classent les sujets les plus en vogue. Il suffit alors de piocher dans ces sujets pour demander aux différents collaborateurs de l’atelier de trouver les liens avec l’axe de réflexion.

Ne pas laisser les idées s’échapper et garder des traces de la réflexion tout au long de l’atelier

Un risque pour l’animateur de l’atelier est de se laisser emporter par une bonne participation des protagonistes et de ne pas capitaliser sur chaque idée. Lorsqu’une idée nouvelle se dégage de la réflexion collective, il faut systématiquement l’analyser, l’approfondir, lui trouver des modalités d’application etc. À la fin de chaque activité, il faut faire le point sur l’avancement de la recherche et relancer la réflexion sur une idée si elle n’a pas été suffisamment approfondie.

LinDA by LINAGORA

Digital agency of Linagora Group: We are open by design

Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch

Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore

Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store