L’importance d’un Desk Top !

Travailler mieux pour gagner plus.


Mon bureau, ma vie, ma bataille.

Ça fait maintenant 12 ans que je suis indépendant. Des années passées à travailler devant mon écran dans un lieu assez sombre, calé sur une de ces chaises de bureau en cuir totalement banale avec comme seul compagnon permanent, ma vaillante tablette graphique. Croyez-moi, il lui en faut du courage pour accueillir mes 5 cafés du matin, mes éternels plats de pâtes réchauffées du midi (15h) et mes innombrables coups de poing lors de “retours clients” fortement désagréables. Je précise, que cette pause repas est la seule vraie interruption de plus de 30 minutes dans ma journée. Évidemment, lors de cet énorme break, je ne quitte toujours pas mon écran histoire de ne pas manquer le tout dernier épisode d’une de mes 60 séries préférées.

Je répète cette journée de travail 6 fois par semaine voir 7 quand il y a des rushs clients. Les rushs clients étant permanents, je fais ça durant mes 8 premières années. Je me vante d’ailleurs auprès de mes proches du nombre d’heures effectuées par semaine n’hésitant pas à les railler devant leurs vulgaires 35h. Une vie de Designer/Geek traditionnelle me direz-vous.

Oui. Sauf que ça, c’était avant.

Bureau de 2,50 m avec finitions bois et métal + incrustation d’une rame de papier en 100 x 70 cm

Les 7 points capitaux.

“Voyager a changé ma perception des choses.”

En 2012/2013, j’ai eu la chance de vendre un projet passionnant qui m’a permis de voyager durant près de 4 mois à travers le monde. Nous filmions de célèbres artistes numériques indépendants dans leur environnement de travail. J’ai ainsi découvert des créatifs de tout bord, en Argentine, aux USA, en Corée, au Japon, en Russie et dans pas mal de pays d’Europe. Une bonne manière de découvrir comment les autres Designers évoluent en dehors de l’hexagone. Certains travaillaient chez eux, d’autres en Agences ou dans des espaces de co-working. Résultat : une sacrée claque ! Je n’imaginais pas à quel point, en France, nous étions si nombreux dans le faux.

Évidemment, je ne généralise pas, mais pour avoir formé pas mal de graphistes dans de grosses agences Parisiennes et pour avoir été sous-traité par pas mal d’entre elles par la suite, on est d’accord, qu’on bosse trop souvent dans l’urgence. Cette caractéristique des “charrettes clients” est même devenu une banalité, on a l’impression que ça fait partie de notre métier. Bizarrement, lors de nos reportages au cœur des meilleures agences internationales chez Arstanea en Pologne, chez TBWA Los Angeles ou encore chez Serial Cut en Espagne, nous n’avons jamais ressenti ce “climat” de stress malgré les rushs hallucinants auxquels nous avons eu la chance d’assister. Les équipes, sans avoir forcément de vrais horaires fixes s’organisent différemment. Les développeurs échangent en permanence avec les Webdesigner qui s’entraident les uns avec les autres, les DA sont dans le même espace que les graphistes facilitant les échanges et les réunions sont très rares.

Voici 7 points communs que j’ai pu retrouver d’un créatif à l’autre :

  • ils prennent tous le temps de faire de nombreuses autres activités, le sport, la photo et la cuisine étant des facteurs communs.
  • ils ne bossent que très rarement plus de 6 heures par jour devant leur écran
  • très peu de rushs client qu’ils évitent grâce à une bonne organisation (et je parle également des grosses agences)
  • un espace de travail dédié avec de la lumière naturelle
  • une chaise de bureau ergonomique ou confortable
  • une bibliothèque à portée de main pleine d’inspirations
  • une pause loin de leur écran toutes les 2h minimum

Je suis donc revenu en France avec une seule chose en tête, mettre en place cette liste de 7 points !

L’emploi du temps.

J’ai commencé par bannir cette fameuse phrase qui nous est si cher “non, désolé, je n’ai pas le temps pour ça”. Comment aurais-je pu voyager 4 mois sur 12 sans prendre le temps ? Dire que ça faisait 5 ans que j‘avais stoppé le sport (Basket et Foot) en me mettant cette idée dans le crâne. C’est d’ailleurs assez marrant ce rapport à la gestion du temps qu’on a souvent en commun, nous les indépendants :

  • un sentiment de culpabilité quand on explique à nos proches que “se lever à des heures non-fixes” n’est pas forcément signe de fainéantise
  • peur de dire qu’on a pris une journée en pleine semaine pour aller se balader
  • penser qu’il est impossible d’expliquer à un client qu’il ne peut pas nous appeler à 22h le samedi soir.

Donc, tout ça, c’est TERMINÉ ! Je ne mets plus de réveil, je ne bosse plus les week-ends, ma journée ne dépasse que très rarement les 6 heures devant mon écran, je refuse les projets dans lesquels je sais que ça sera le Rush permanent (dans certains cas je les accepte en facturant le double).

Le lieu de vie.

Espace Bibliothèque avec Canapé + Fauteuil + Bureau

Une fois l’emploi du temps remanié, je me suis enfin attaqué à mon espace de travail ! Là se sont posés les éternelles questions de l’indépendant : dois-je absolument sortir de chez moi pour vraiment me couper de la maison ? J’en étais intimement persuadé. Sauf qu’après pas mal de recherches, je suis rapidement arrivé à une évidence, louer des bureaux représente trop de frais supplémentaires et trouver un espace qui me convient réellement est proche de l’impossible. Je me suis donc orienté vers des espaces de co-working, hélas, dans ma région ils ne sont pas légion. J’ai bien trouvé des discussions autour d’une création sur Avignon mais rien de bien concret.

J’ai finalement opté pour rester chez moi. Par contre, cette solution n’était envisageable que si les conditions de ma petite liste plus haut étaient totalement remplies ! Pour la petite histoire, je suis propriétaire depuis 5 ans d’un appartement qu’on a totalement rénové en Loft avec un espace ouvert salon en bas + mezzanine avec bureau en haut. Au final, j’avais donné toute l’importance au salon en lui laissant l’espace le plus grand à proximité de la fenêtre avec vue sur un très joli parc. Le calcul était idiot, pourquoi privilégier un espace dans lequel je passe finalement peu de temps durant la journée pour finalement délaisser l’autre espace dans lequel je passe minimum 8 heures par jour.

J’ai donc interverti les deux et je crois que, c’est de loin, la meilleure idée que j’ai eu depuis quelques années ! Dorénavant, durant ma journée de travail, je suis accompagné par la lumière du jour. Incroyable comme cette particularité joue sur le bien-être général ! Le fait d’entendre les oiseaux quand j’ouvre la fenêtre est réellement un bonheur (putain, je vieillis).

Le bureau.

Gros plan sur la partie “Rame de papier” incrusté dans le bureau

Je voulais un grand plateau en bois clair, du métal, quelque chose de minimaliste et surtout pratique. Marre d’avoir un bureau rempli de post-its et de papiers de bloc-note que je perds toutes les 30 secondes ! J’ai donc scrollé durant des heures dans ma sélection Déco sur Pinterest et je suis retombé sur ce bureau créé par Miguel Mestre. Une idée géniale qui mêle un concept de post-its géants à porter de main et cette fameuse table d’architecte permettant de dessiner sur de grandes feuilles. En plus d’être magnifique dans ses lignes, ce bureau est juste super utile.

J’ai ensuite montré ça à mon “Super Tonton bricoleur” qui s’est rapidement passionné pour ce projet. On a utilisé du bois de peuplier qui a l’avantage d’être clair et peu “veiné”. Pour le papier, nous avons opté pour le format standard utilisé en imprimerie Offset du 70cm x 100 cm histoire de pouvoir demander à l’imprimeur près de chez moi de me commander une rame.

Au niveau des cotes, pas simple de trouver les mesures idéales pour une position de travail optimum. Il y a peu, dans notre Podcast The Walking Web, nous avions invité Julien Moya, auteur de l’excellent livre Profession graphiste indépendant et c’est une nouvelle fois grâce à lui que j’ai mis la main sur ces infos essentielles.

En résumé, voici quelques conseils :

  • Hauteur du bureau et de la chaise : vos avant-bras sont en position horizontale et vos cuisses doivent être horizontales ou légèrement inclinées vers l’avant. N’hésitez pas à utiliser un repose-pieds si la hauteur du bureau n’est pas réglable.
  • Position de l’écran : placez l’écran de telle sorte que vous soyez exactement en face de lui et que le bord supérieur se trouve à la hauteur de vos yeux ou légèrement plus bas.
  • Distance à l’écran : la distance optimale est d’une longueur de bras avec la main tendue pour les écrans de 15'’. Il faut ajouter 20 cm pour les écrans de 17'’.
  • Lumière et éclairage : votre écran doit être placé de manière à éviter les reflets, tant de la lumière provenant des fenêtres que de lampes. Mais en aucun cas votre écran ne sera placé en face d’une fenêtre, afin d’éviter un contre-jour.
  • Clavier et souris : ils seront posés de manière à ce que les avant-bras reposent sur la table.
  • Pause : offrez-vous chaque heure de travail à l’écran une pause de 5 à 10 minutes en adoptant une autre activité.

Écran ou double écrans ?

Un seul écran 27" installé sur un plateau tournant.

La fameuse question de l’utilité du “double écrans”. Pendant longtemps j’utilisais deux écrans convaincu par l‘intérêt d’avoir un espace démesuré pour mes palettes, mes 10 applications ouvertes, ma timeline twitter toujours visible d’un simple coup d’œil… En fait, je me suis rendu compte qu’avec mon iMac 27" mêlé à une bonne utilisation de la fonction “Space” d’OS X (F10), un seul grand écran suffit amplement. J’évite ainsi les torticolis provoqués par les mouvements de tête incessants. À propos des mouvements répétitifs pénibles, je trouve que l’accès aux sorties USB de l’iMac est très pénible au quotidien, toujours obligé de se tordre pour aller brancher son micro ou ses périphériques. Du coup, j’ai investi dans un petit gadget très pratique qui me permet de tourner mon iMac super facilement. Un peu cher, mais la finition en “Alu” est de toute beauté et respecte avec minutie le design de Steve.

Seul petit manque, mon écran Eizo non brillant qui permettait d’éviter les reflets et qui se calibrait parfaitement. Il m’était indispensable quand je travaillais dans le Print, il l’est un peu moins depuis que je ne fais que du Web et du design d’application.

Game of Thrones.

Chaise ergonomique Herman Miller Aeron (Full options)

Alors là, c’était la question la plus épineuse. J’ai d’ailleurs fait appel à mes amis twittos pour m’aider un peu, vue la difficulté pour se faire un avis. De la chaise “Design” au fauteuil de bureau jusqu’à la chaise ergonomique, on peut passer de 100 € à 1500 € en un clin d’œil. Au départ, je voulais vraiment “une belle chaise” je regardais principalement du côté des Eames mais j’ai fini par me convaincre qu’une chaise ergonomique, certes beaucoup moins belle, serait largement plus bénéfique pour mon petit dos. De nombreux Tweets me conseillaient ces chaises, celles-ci ou celles-là mais c’est clairement la fameuse Herman Miller Aeron qui revenait le plus souvent. Bon, souci principal, son prix. Car oui, pour espérer poser ses fesses sur ce trône, il faudra débourser entre 800 € et 1600 € selon les options (et croyez-moi, elles sont nombreuses).

Tellement loin de mon budget, que je me jetais à corps perdu dans une recherche désespérée sur Google Shopping, Ebay et autres sites du genre. Hum… Rien. Alors, dans un dernier élan de folie, je tentais ma botte secrète, Leboncoin. Oui, oui Leboncoin. C’est souvent que je trouve des perles sur ce site, ma dernière paire de Jordan très rare par exemple (pour une somme dérisoire en plus) ou mon meuble d’imprimeur rempli de casses typographiques qui nous a permis de créer les tables de notre Coffee Shop à Aix. Et oui, quand on cherche bien, qu’on n’est pas pressé et qu’on a un peu de chance, ça marche !

Ainsi, après de nombreuses recherches infructueuses, je tombais enfin sur un petit “fou-fou” qui, sous prétexte d‘un départ urgent à l’étranger, se séparait de sa chaise ergonomique Herman Miller Aeron (full options) pour la modique somme de 250 € ! Quelques jours plus tard, je recevais donc mon précieux en “contre remboursement” (option proposée par la poste qui permet de ne payer qu’en voyant la marchandise, parfait pour éviter les usurpateurs, hélas depuis, j’ai entendu que la Poste ne proposait plus cette possibilité).

Ça fait maintenant plus de 2 mois que j’utilise ma chaise et c’est clairement magique. Plus de soucis de dos (j’avais notamment mal aux lombaires) plus de douleurs dans le cou et surtout beaucoup moins de migraines (qui découlent de l’ensemble).

La recette Damidot.

Logo Végétal naturel au nom de notre Bakery Just Cupcakes.

Loin de moi l’idée de maroufler mes murs, par contre, ça fait un bon moment que je souhaitais apporter une touche de texture à ce placo sans vie. J’ai donc opté pour des briques de parement en plâtre chinées chez l’ami Castorama. Elles ont l’avantage d’être pas très cher et l’effet destructuré donne ce rendu irrégulier qu’on retrouve sur les fameux murs New-Yorkais que j’affectionne depuis toujours. Au final, on a repeint l’ensemble en blanc pour apporter le plus de luminosité possible à cette pièce.

J’ajoute à ça un soupçon de “nature” à l’aide de notre Logo Végétal Just Cupcakes dont on s’était servi pour mettre en avant la finition “Lichen des rennes” sur notre site ainsi qu’une pincée de tableau de chez l’ami Amkashop (réalisé par le frèro Neopen). Enfin, je conclus cet instant chocolat en rangeant tous mes livres dans 2 bibliothèques proches des canapés et fauteuils Club fraîchement récupérés de notre Coffee Shop Brooklynette à Aix.

Et voilà, mon petit bureau aux oignons est enfin prêt à être déguster. Si cette recette de bureau mi bois, mi métal, mi papier vous a plu, sachez que mon “super Tonton” peut fabriquer le votre, ça commencera à partir de 700 € selon la taille et les matériaux sélectionnés, contactez-moi sur wisibility@gmail.com !

Je vous invite à écouter nos 2 podcasts qui parlaient un peu de ces différents sujets : celui sur les statuts des indépendants et l’un de nos tous premiers sur la gestion du temps : travailler moins pour gagner plus.

Pour info, quand je me suis mis en tête de créer ce nouveau bureau, je souhaitais en faire un sujet pour The Walking Web. J’ai ensuite pensé à mon site Wisibility, puis, j’ai finalement craqué pour enfin tester comme il se doit Médium. Des mois que j’essayais cette plateforme sans savoir vraiment pourquoi l’utiliser. Cet article un peu (trop) long m’a permis de réellement prendre du plaisir à écrire. Rares sont les outils qui produisent ce type d’effet, TeeHan+Lax, c’est définitivement plus fort que toi.

Étape suivante, continuer à écrire par ici, créer enfin mon premier Portfolio (jamais eu le temps de le faire) et me mettre à la cuisine (j’ai commencé avec les Ramen, essai peu concluant).

See you soon (ou pas).