Pourquoi je suis redevenu salarié après 10 ans à mon compte.

Emmanuel
Emmanuel
Aug 26 · 5 min read

C’est fou comme j’ai toujours fuit le CDI. En général considéré comme le Saint-Graal de la situation professionnellement stable, pour moi signer un CDI c’était à chaque fois un peu comme signer mon arrêt de mort 😅. Plus de créativité, plus d’évolution et des managers pas inspirants du tout qui justifient leur salaire en regardant au dessus de mon épaule. Au bout de 6 mois j’avais fait le tour et je posais ma démission.

Depuis mon premier CDI à l’ âge de 16 à l’Intermarché du coin, j’ai été tour à tour manutentionnaire, animateur en centre de loisir, facteur, brancardier, agent hospitalier, agent de sûreté aéroportuaire avant de me tourner vers l’audiovisuel. J’ai d’abord commencé en tant qu’autoentrepreneur.

Puis au bout que quelque années j’ai créé ma SARL en me jurant de ne jamais, redevenir salarié. Au grand jamais!

J’étais persuadé que le salariat n’était pas fait pour moi. Ou bien que c’est moi qui n’étais pas fait pour le salariat. Un truc comme ça.

Photo by Rux Centea on Unsplash

J’ai adoré ma vie d’indépendant dans l’audiovisuel mais au bout de quelques années le secteur est devenu sinistré. Les chaines de télé ayant du mal à suivre face aux nouveaux acteurs pure players du web payaient de moins en moins bien. Les prestataires de plus en plus nombreux avaient déclaré une guerre des prix à laquelle je rechignais à prendre part. C’en était fait, il me fallait me réinventer et changer d’industrie.

Quelques mois plus tard, mon bootcamp au Wagon en poche, je décide d’envoyer balader mon syndrome de l’imposteur et de faire un énième switch afin de devenir développeur web. Au départ toujours en freelance et seul. Puis, le besoin de travailler en équipe se fait ressentir. Je m’organise donc en collectif avec quelques anciens élèves du Wagon comme moi pour prendre des contrats plus gros et plus challengeant techniquement.

C’était génial, mais ça ne durait que le temps du projet, nous n’avions pas le temps de construire dans la durée. Nous n’avions pas non plus le temps d’échanger avec des pairs ou d’être mentoré par des développeurs plus séniors pour monter rapidement en compétence. Une fois la mission achevée nous repartions tels des loups solitaires 🐺 à la recherche de notre prochain deal.

L’indépendance a aussi ses limites.

Photo by Thomas Bonometti on Unsplash

Un peu par hasard au cours de l’année 2017 je me suis vu proposer une mission longue en régie chez un client, au sein d’une équipe déjà constituée essentiellement de salariés. Au bout d’un an chez ce client (ma plus longue mission) le dit client, satisfait de mon apport dans son équipe me fait une offre inattendue. Il me propose un… C-D-I pour intégrer l’équipe 😱.

Surpris, je demande 15 jours de réflexion avant de donner ma réponse. Mais au bout de 10 jours le manager de l’équipe produit s’impatiente et me dit que l’offre ne tient plus car mon attitude montre que je suis trop hésitant. Il avait vu clair en moi, cette période de réflexion était pour moi comme le couloir de la mort. Faire le deuil de ma liberté et de ma personnalité en échange d’une sécurité relative. M’enterrer dans une routine en creusant mon propre trou. J’avais la boule au ventre. Impossible de me réjouir de cette offre. La mission s’est terminée en queue de poisson quelques mois plus tard… ça tombait bien j’avais besoin d’un peu de vacances 😎

LinkedIn mon amour 😅

Après une expérience mitigée en ‘presque’ dévelopeur salarié je n’étais pas 100% sur de vouloir retenter l’expérience de si tôt. Mais quand on est développeur ce ne sont pas les offres de d’emploi qui manquent, que ce soit pour des missions en freelance ou des recrutements, mon compte LinkedIn n’en finissait pas de me notifier pour me rappeler que le destin m’attendait. J’ai vu passer les offres les plus farfelues. Du recruteur 100% automatisé avec un message 100% impersonnel, au startupeur fauché qui cherche à recruter le premier venu. Au delà du divertissement que procure un inbox toujours plein de surprises quelques offres sortaient du lot et je me suis donc mis en tête de passer quelques entretiens pour rejoindre une équipe de manière durable.

La bonne pioche n’est pas venu d’un InMail de CEO ni d’un recruteur commissionné mais d’un post bouteille à la mer d’Alexandre Dana qui cherchait des devs ruby motivés pour réinventer la pédagogie de LiveMentor.

Bingo !

Ce post plutôt que d’en faire des tartines sur la stack technique, explique clairement en quoi la technique va servir la mission.

J’ai pris ma plus belle plume pour lui répondre.

Après quelques échanges passionnants avec tous les départements de l’équipe, au début du mois de juillet 2018 je commençais une mission de 3 mois chez LiveMentor. Pourtant, au bout d’un mois Alexandre Dana et Edouard Schlumberger me proposent de passer en CDI asap.

Cette fois-ci aucune hésitation. Pas de boule au ventre ou de semaine de réflexion. Le fit culturel, la mission, le challenge technique et des conditions de travail m’avaient convaincu. J’ai signé les yeux fermés.

Chez LiveMentor les développeurs font partie intégrante de l’équipe produit.

On n’est pas consultés uniquement sur la faisabilité technique. On est impliqué dès le départ. De la conception de la roadmap à la mesure de l’impact de la mise en production de nouvelles fonctionnalités. On lit les NPS des élèves quotidiennement. Certains nous rendent heureux, d’autres nous poussent à améliorer encore plus l’expérience mais dans tous les cas on a le sentiment très fort que ce que l’on fait à du sens et de l’impact.

Dans tous les cas on se sent respecté dans notre individualité et notre diversité. Et ça, ça n’a pas de prix. Ça fait maintenant un an que je suis Developpeur Fullstack salarié chez LiveMentor et comme disent les américains so far so good. Bien sur tout n’est pas rose mais on y travaille.

Photo by Meiying Ng on Unsplash

Le salariat n’était pas en cause au finalement. Ni le CDI d’ailleurs.

Ça n’a pas vraiment d’importance. Je ne suis pas aussi inadapté au salariat que je le pensais. Finalement, ce qui a de l’importance ce n’est pas de trouver un emploi, mais de trouver sa tribu, sa meute. Celle dans laquelle on se sent bien.

LiveMentor Product

Réflexions de l’équipe Tech, Design et Data sur la construction de l’école de demain

Thanks to François-Xavier Fuhrmann and Cybil

Emmanuel

Written by

Emmanuel

Digital Nomad. Fullstack Developer @ Livementor.

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