Le Nouveau podcast, 22 juin 2017 — Compte Rendu

L’après-midi était organisé par Binge Audio

Photo domaine public

Partenaires de la conférence : Deezer, Geste, La lettre pro radio, et l’Antenne.

Pour voir les vidéos de la conférence :

C’est parti pour le compte-rendu, par thème de conférence !

L’art de l’interview

Agathe le Taillandier interviewe Nicolas Truong sur “l’art de l’interview” (plutôt meta). Nicolas Truong est journaliste au Monde et metteur en scène de la pièce “Interview” créée en 2016.

Agathe le Taillandier est enseignante, journaliste et chroniqueuse.

Truong dit que les nouvelles formes d’interview, notamment celles permises par le podcast, l’intéressent beaucoup. Il voit le podcast comme “une façon de prolonger ce genre historique du journalisme”. L’interview, c’est l’art de l’écoute selon lui.

Quand le Taillandier lui demande ce qu’est la bonne question, il répond que “c’est souvent une question de moment”. Pour faire sa pièce “Interview”, il a obtenu, d’Edgar Morin et de Jean Rouch les rushs de leur film “Chronique d’un été”. Les rushs comprenaient tous les ratés et même des questions “affligeantes” pour citer Truong : ces rushs étaient intéressants pour comprendre comment Morin et Rouch avaient travaillé.

Truong a aussi parlé de Jean Hatzfeld, qui a été journaliste à Libération, qui a couvert aussi bien le sport que les faits divers. Il a aussi couvert le génocide rwandais, et a interrogé des familles de victimes, et des personnes qui ont tué. Hatzfeld avait remarqué que les personnes responsables des tueries parlaient de leurs actions à la troisième personne “on/il tuait” au lieu de “je tuais”. Ils ne répondaient pas aux questions que Jean Hatzfeld leur posait en disant “tu”, mais seulement lorsqu’il faisait un détour en demandant “comment vous/comment ils ont fait telle ou telle chose ?”.

Ses conseils pour une bonne interview : avoir une intention, un projet. Il faut aussi séduire un peu pour que la personne ait envie que l’interview ait lieu.

Il parle aussi de la nécessité de prendre le temps lors de l’interview, pour laisser surgir l’inattendu.

II) Le podcast ou l’art de la conversation

Laura Leishman — Laura Leishman podcast et Laura Leishman podcast en français

Leishman faisait des entretiens pour Le Mouv et France Inter.

Quand elle est partie de France Inter, elle a passé un moment à chercher ce qu’elle voulait faire. Elle aime beaucoup le format audio : “Quand on a le son et pas l’image, ça nous rend plus proches”, dit-elle, et “on a plus de patience sans l’image.”

Puis, alors qu’elle réfléchissait à son projet de podcasts, des interviews de gens inspirants, elle s’est dit à un moment “nobody is stopping me”, et qu’elle n’avait pas d’excuse de ne pas le faire. “C’est difficile de commencer”, dit-elle. Elle envoie un message à une journaliste correspondante de guerre dont elle admire le travail, Arwa Damon, en pensant qu’elle ne répondra jamais. Mais elle répond et accepte de répondre à son interview. “Je me suis dit ‘faut pas que je le foire celui-là’”.

Elle voit son podcast comme des portraits de vie, pas seulement centrés sur le travail des personnes qu’elle interroge. Le but de son podcast n’est pas de faire dire à ses invités des trucs qu’ils ne veulent pas dire, mais d’apprendre à les connaître. On comprend mieux les choix des gens quand on connaît le contexte de leur vie.

Dans la radio en général, elle parle de la frustration de devoir condenser les interview en vingt minutes.

Comparaison entre son travail dans le podcast, par rapport à son travail en radio : “je n’ai pas beaucoup changé mon ton, ma façon de faire, j’ai juste élargi ma palette”.

III) Les gens, leur histoire — ou le podcast comme nouvel espace de storytelling

Julien Cernobori, Binge Audio — Produit notamment la série Superhéros. A aussi fait pour France Inter les séries Village People et Le Baladeur.

Pour France Inter, il a fait Village People, une série dans laquelle il interrogeait des gens dans les campagnes de France. A fait un podcast pour la mairie de Paris qui s’appelle Rives de Seine. Il dit qu’il a quitté la radio et ne fait plus que du podcast maintenant. Il fait le “même métier qu’à la radio mais dans un contexte très différent”. S’il avait pitché la saison “Hélène” de Superhéros à France Culture, ça ne serait pas passé, pense-t-il. “Ils sont un peu frileux à la radio” par rapport à la parole populaire, d’inconnus, d’anonymes.

“Chaque vie est un roman pour moi”, dit-il.

Superhéros : ce qu’il a voulu faire avec cette série, c’est une sorte d’A voix nue, mais avec des inconnus. La décision de découper la série en épisodes est venue parce qu’ils ont pensé que ce serait dur d’écouter un.e inconnu.e pendant deux heures. Après des années de ces courtes interviews, il a eu envie de prendre le contre pied et de prendre le temps qu’il faut pour raconter l’histoire des gens.

Il a fait attention de terminer chaque épisode sur un cliffhanger : un événement commence juste et hop, l’épisode se termine.

“Je prépare pas mes questions, jamais”. Pendant l’interview, il cherche une colonne vertébrale, un lien entre tous les événements racontés.

“Beaucoup de travail de montage”. Les rushs d’“Hélène, c’était un puzzle” qu’il a fallu ordonner.

“Pour moi, c’est viable comme activité”.

Temps de montage : Hélène (saison 1) : 3 mois de montage

Paul (saison 2) : 2 mois et demi

Vanessa (saison 3) : 1 mois, un mois et demi.

IV) Prendre son temps, laisser du temps à l’autre

Hayati Bassarlan et Candice Marchal — Boxsons

Pour Charlotte Pudlowski, de Slate, Boxsons est un média engagé.

Candice Marchal : “On a voulu ouvrir de nouvelles fenêtres, à hauteur d’Homme”. “Niveau micro plutôt que macro”. Hayati Basarslan, qui a fait une série de reportages sur Cédric Herrou, dit qu’il voulait comprendre la démarche de ce dernier. Il a pu consacrer trois jours à son premier reportage. Grâce à ces trois jours, il dit avoir pu créer une relation de confiance entre lui et Cédric Herrou. Le premier jour, il a dû attendre quasiment huit heures avant qu’Herrou ne veuille bien prendre le temps de prendre un café avec lui.

Basarslan a une formation de sociologue, anthropologue. Dans ses reportages, il n’arrive jamais avec le micro ouvert (l’exact opposé de Julien Cernobori, qui accoste les gens avec l’enregistreur déjà allumé, et inclut ces premiers échanges au reportage). Il prend le temps de parler de tout sauf du sujet pour lequel il est là, dans un premier temps.

“On ne se pose pas la question de la cible, on ne se pose pas la question de l’audience. On se pose juste la question de l’envie du journaliste” qui est sur le terrain, dit Candice Marchal.

Partie business : on est partis avec un peu plus de 1.100 (ou 1.500 j’ai du mal à me relire) abonnés de départ. Il y a eu peu de pertes, les abonnés mensuels se sont ré-abonnés. Depuis leur lancement le 18 avril, ils ont gagné entre 200 et 250 abonnés. L’équilibre sera atteint quand ils auront 6.000 abonnés, d’après leurs estimations. Ils payent les reporters et les mixeurs mais “nous, on ne se paye pas encore pour le moment”, a indiqué Candice Marchal, en parlant, je suppose, de l’équipe permanente à Boxsons — je ne sais pas exactement combien ils sont.

V) Le podcast francophone, à Montréal

Xavier Richard, coordinateur de l’innovation numérique de Radio-Canada

Le podcast continue de gagner du terrain.

Il a parlé de Première plus, un site de Radio Canada.

Le podcast s’inspire du récit, du storytelling à l’américaine. Il remarque l’arrivée de joueurs privés, qui s’intéressent de plus en plus au podcast.

Il mentionne le collectif Magneto, qui fait d’après lui beaucoup pour les médias, la culture de la mise en récit, sur le contenu, la distribution.

Radio Canada a fait une série en collaboration avec le magazine Urbania : 4 épisodes télé de 60 minutes, “des portraits de personnages hors-normes et des histoires étonnantes”, précise le site.

A écouter et à voir : le documentaire T’es où Youssef, qui raconte l’histoire d’un jeune Syrien qui était parti de son pays mais y est retourné pour combattre Daesh. Le film est accompagné d’un podcast qui semble être une sorte de journal de bord de l’équipe qui a fait le documentaire.

“On a atteint des sommets” en terme de mise en récit, juge-t-il, en parlant des sujets produits par Radio Canada. L’habillage sonore, par exemple, y est très présent. Il y a aussi un niveau de transparence, aussi bien au niveau des personnages que des producteurs.

Au Canada, il perçoit une sorte de fusion entre l’école française (peu de présence des producteurs, long temps de parole donné aux sources) et l’école américaine qui a une grande présence du “je” (le producteur y est présent et transparent), et joue sur les niveaux narratifs.

“On recrée les habitudes d’écouter”, un peu laissées à l’abandon depuis quelques années.

A aller voir : le laboratoire numérique de Radio Canada (vous pouvez aussi vous inscrire à leur “infolettre”, vive la francophonie canadienne).

Sur Facebook : RC Lab

VI) Les Braqueurs

Série documentaire de Pascale Pascariello — Arte Radio

Intervenantes — Sara Monimart et Chloé Assous-Plunian

Long travail d’enquête, de documentation, de recoupement d’informations pour trouver des braqueurs correspondant au parti pris : il fallait qu’ils n’aient pas tué, et qu’ils aient fini leur activité de braqueur assez récemment.

Pascale Pascariello a retrouvé des braqueurs, leur a présenté les enjeux : il ne s’agissait pas de juger, ni de condamner, mais il ne s’agissait pas d’encenser ou d’idéaliser non plus. L’idée était de revenir en détail sur leur parcours, revenir sur les modes opératoires de façon assez précise. Il a fallu les convaincre pour les faire venir en studio pour prendre la voix de la façon la plus fine possible. La prise de son en studio a de plus permis un montage très ciselé.

Le premier braqueur racontait de façon très cinématographique, d’où l’idée de faire du documentaire une série, comme une série TV. Il a fallu re-scénariser les interviews, faire en sorte que chaque épisode puisse être compris tout seul, en standalone, mais faire aussi en sorte qu’ils se suivent, avec des cliffhangers à la fin. Le montage fait en sorte que chaque épisode ait des moments réflexifs et des tensions.

La musique a été pensée pour accompagner les tensions, la scénarisation.

Les Braqueurs ont inauguré Arte Radio en vidéo : il n’y a pas d’images, mais la parole du braqueur est transcrite en texte, et apparaît en même temps qu’on l’entend. Monimart et Assous-Plunian ont eu des retours de gens qui n’ont pas assez de concentration pour écouter un podcast et pour qui le format vidéo/texte convenait mieux. Selon elles, il a une parenté entre le podcast et la lecture, ce sont des activités proches, qui recourent aux mêmes processus mentaux. C’est peut-être pour ça qu’elles se marient bien.

Ils ont partagé les vidéos/textes de 16 minutes sur les réseaux, ça a bien marché. Ca prenait beaucoup de temps de faire cette partie texte, et de la synchroniser avec l’audio. Penser le découpage du texte en une succession d’intertitres a pris du temps, car c’était à nouveau une forme de scénarisation de l’histoire.

Sur Arte Radio et Soundcloud : 120.000 lectures totalisées. Sur Youtube, quelques centaines d’écoutes (L’épisode 1 est à 998 vues quand j’écris ces lignes).

Sur Facebook, le teaser a été vu 230.000 fois. Les épisodes qu’ils ont partagé sur Facebook ont fait quelques milliers de vues sur le réseau social.

Crackopolis, ça a été vraiment le tournant” pour Arte Radio, disent-elles, le moment où on a entendu de plus en plus de voix nue.

VII) Comment créer son podcast en 15 minutes

Guillaume Gicquel et Omar Errais — Podcastore.

1) S’accorder un temps de réflexion. Pas tellement sur le contenu mais sur la démarche qui l’accompagne. Bien capitaliser sur ce qu’apporte l’audio. Les communautés les plus fortes et les plus engagées autour d’un podcast se retrouvent souvent autour d’une personnalité forte.

2) Personnalité, subjectivité, expertise (niche). Ne pas avoir peur de la spécificité du sujet (genre le Moyen-Âge, big up Fanny).

3) Qualiter : petite maison de production de podcasts. Ca a un sens à partir du moment où on a quelques podcasts qui sont téléchargés à un certain volume.

4) Leviers : parler de son contenu, créer des liens avec les communautés concernées par son contenu.

Patrick Bejat (qui fait le podcast French spin) ça fait plus de dix ans qu’il fait du podcast, il a quitté son boulot pour faire du podcast, ce serait la première personne à vivre du podcast en France.

Antonin Archer fait un podcast “Nouvelle École”, dans lequel il interview des entrepreneurs.

VIII) Faire de la radio/des podcasts en direct depuis le navigateur

Yann Rieder et Michel Fourrier — Radiokawa.

Constat : les outils qui existent sont plutôt adaptés aux DJs, pas trop aux radios. Les outils webradio coûtent 100 à 200 € par mois.

Donc, Radiokawa a développé un outil, qui s’appelle Radiokawai. Il sera peut-être fonctionnel pour 2017. Dans l’idée, l’outil permet de parler, et de diffuser des musiques/jingles, le tout en direct, sur internet. Ils en ont fait une démo mais c’était pas méga au point, on pouvait pas entendre le mec qui parlait au micro sur le direct).

IX) La croissance exponentielle de l’audio

Laurent Frisch — Directeur du numérique de Radio France

Apple : 70% du marché de distribution des podcasts.

15 milliards de téléchargements de podcasts. Il y a eu une croissance de 15 à 20% des téléchargements de podcasts dans le monde ces dernières années.

Les vidéos produites par Radio France marchent bien. Pour les premières secondes des vidéos, Radio France se rend compte que les gens n’activent pas le son. Pas mal de gens qui regardent se barrent après les premières secondes. Celles et ceux qui restent finissent par activer le son des vidéos.

Un certain nombre de programmes de Radio France se prêtent à l’image, pas tous. Les chroniques humoristiques notamment s’y prêtent bien, mais la plupart du temps, Frisch dit que la vidéo ne se justifie pas.

Radio France a essayé de mettre en image des chroniques et ont fini par enlever le son : ils laissent juste des illustrations graphiques.

La plupart des podcasts qu’on met en ligne sont « très, très, très » peu écoutés. Ils mettent en ligne 5000 podcasts par mois. Quelques-uns font plus d’un million d’écoutes.

Le podcast a un présent, il a un vrai avenir, mais il va falloir beaucoup travailler, dit-il.

Pas assez de mesures aujourd’hui pour être certain de comment les podcasts sont écoutés (genre est-ce que les gens écoutent tous les podcasts qu’ils téléchargent ? Est-ce qu’ils zappent la pub ?).

La qualité de l’editing. Penser format mais aussi penser aux formats dérivés, la façon dont on les indexe, dont on les met sur des plateformes où le son n’a pas sa place, en tout cas pas seuls.

30% des podcasts de Radio France téléchargés le sont hors de France.

Un des podcasts qui fait un carton : « Choses à savoir ».

Radio en déclin chez les moins de 25 ans, au profit de Youtube et Snapchat.

On est très tributaire d’Apple, très peu de pouvoir de négociation. Même si Radio France est la 3ème source de téléchargements de podcasts, derrière NPR et la BBC.

Geste — Groupement des éditeurs et services en ligne.

Geste travaille à établir une mesure de marché qui soit commune aux différents acteurs. Des mesures qualitatives pour avoir des mesures plus précises.

X) Mesurer l’audience des podcasts avec Podtrac

Velvet Beard — Vice President of Podtrac

Les annonceurs veulent pouvoir avoir des informations sur quelles démographies écoutent une émission, et avoir une mesure d’audience venant d’une source fiable.

XI) Les enjeux juridiques de l’audio non-linéaire

Clara Benyamin — Juriste en droit de la propriété intellectuelle et du numérique

La règle : composez ou faîtes composer votre propre musique. La version la plus facile au niveau du droit, en règle générale : tout faire soi-même.

Chaque usage doit être cédé. S’il n’y a pas de cession de droits signée, les sources de vos interviews peuvent décider d’exiger, plus tard, de retirer la partie d’une émission où elle parle.

Pour la musique, il faut l’autorisation de l’artiste et celle du producteur.

Il est aussi possible d’utiliser les banques de sons gratuites : les archives Creative Commons qui sont labellisée “PodSafe”. Voir celles qu’on a ajoutées dans le doc compte-rendu des brunchs.

Exceptions de citation d’une musique, d’un extrait de film : il faut limiter l’extrait à moins de 20 secondes, mais ça ne marche pas à tous les coups.

Des modèles de textes pour céder les droits pour la diffusion existent sur le site de la SACD

XII) Le Flux RSS

Carine Fillot — TacTacTac

Carine Fillot nous a présenté un site, à ne pas diffuser massivement parce qu’ils sont en train de le développer. Pour y jeter un oeil, c’est par là.

L’objectif est d’améliorer la manière dont on cherche les podcasts. Les titres ont été refaits pour qu’ils ne soient pas intitulés “émission du 9 novembre” par exemple, il y a des descriptions pour tous les podcasts, qui sont classés par thématique. On peut chercher des podcasts par durée.

XIII) Europe 1 à Cannes : 70 ans de festival en “reverse broadcasting”.

Claire Hazan, Rédactrice en chef nouveaux formats Europe 1

A la question “Comment développer la radio sur le net ?”, la réponse a souvent été la vidéo, filmer les direct.

Avec leur projet sur Cannes, ils ont fait un podcast avec les séquences cultes du festival. Le podcast a ensuite donné lieu à un format pour l’antenne, plus court, qui renvoie les auditeurs au web pour écouter la version intégrale de l’émission. Les podcasts seront ensuite diffusés à l’antenne, dans leur intégralité, cet été.

Deux enjeux de ce projet :

  • Arriver à faire travailler tout le monde ensemble, le web et les équipes radio, sur un même projet.
  • Sortir des codes habituels de la radio, se libérer un espace un peu plus créatif.

Ce projet les a fait beaucoup travailler sur les archives d’Europe 1, ça a permis de remettre ces archives en perspective.

NB : un mec de Studio 404, FibreTigre, a dit que ça, ce n’était pas du podcast. Pour lui, le podcast se trouve chez les producteurs indépendants comme Studio 404 et Radiokawa, pas chez les gros acteurs de la radio. Selon FibreTigre, ça ferait du mal aux podcasts indépendants d’être assimilés aux gros acteurs parce que leur audience est moins importante.

(Pour ce que ça vaut, je pense au contraire que plus il y aura d’acteurs, radios établies et producteurs indépendants, pour faire des podcasts, plus ce médium gagnera en popularité ).

XIV) Dialoguer avec sa communauté d’auditeurs

FibreTigre — Studio 404

Studio 404, un podcast produit par Qualiter.

Insiste sur l’importance d’interagir avec sa communauté d’auditeurs. Des échanges qui sont poussés assez loin : des auditeurs vont se marier avec des chroniqueurs.

XV) Parti Pris : à la rencontre des abstentionnistes en 6 épisodes

Laura Cuissard — Productrice

Andréane Meslard et Camille Romano — Journalistes — Nouvelles Ecoutes

Nouvelles Ecoutes veut faire entendre des nouvelles voix derrière et devant le micro.

Difficultés rencontrées pendant la réalisation du podcast :

  • Meslard et Romano voulaient faire des épisodes d’une heure au début, finalement ont réduit à des épisodes de 25 minutes.
  • Les deux journalistes étaient arrivées avec leur formation d’école de journalisme, une formation news, en produisant des sons hachés. Elles ont dû apprendre à laisser des sons plus longs, laisser leurs personnages bafouiller.

Il y a eu un travail de mise en scène : mettre en scène les personnages, mettre en scène les journalistes aussi.

XVI) Podcast et diversité : le podcast fait-il émerger des voix qui sont absentes dans les médias traditionnels ?

Mélanie Wanga, journaliste — Afrostream et Arte Radio

Kevi Donat — Les visites du Paris noir

François Oulac, journaliste — 20 minutes

Ils ont parlé de deux podcasts : le Tchip, et Noir is the new black (ce dernier est produit par Arte Radio).

Le Tchip : dure 45 minutes, ils y parlent notamment de pop culture mais pas que, ils évoquent aussi bien Nicki Minaj que l’affaire Théo. Ils font le podcast “à la roots”, chez Kevin avec du rhum.

Noir is the new black : un podcast sur “être noir et trentenaire en France”. C’est un thème qu’il ne voyait pas abordé dans les médias traditionnels, du coup ils en ont fait un podcast.

François Oulac dit qu’il y a une montée de la demande des minorités d’avoir des médias faits par elles et pour elles, afin que ces minorités parlent en leur propre nom. Il dit que leurs propos, dans ces podcasts, peuvent paraître trop clivants pour certains.

Dans ces podcasts, ils disent qu’ils traitent de sujets qui existent dans les grands médias, mais jamais par la voix des premiers concernés. Faire un podcast était un moyen de combler ce qu’ils ne trouvaient pas dans les médias traditionnels.

Kevin Donat voit le podcast comme un espace de libertés pour traiter de ces sujets.

Ils font remarquer qu’aux US, Buzzfeed (Another Round), NPR (Code Switch), New York Times (Still Processing) ont des podcasts noirs.

Ils n’ont pas encore de communauté suffisante pour un annonceur. Eux travaillent sur ces podcasts en tant que pigistes.

Wow, c’était un loooooong compte-rendu, félicitations pour l’avoir lu jusqu’à la fin.

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