[LOWTECHTOUR_FR] Escale #4 / Grimone / L’énergie dans l’habitat

Pendant un an, l’équipe du Low-tech Lab va arpenter les routes de France à la découverte des systèmes low-tech utilisés chez nous en France ! Pour cette quatrième étape, David Mothiron nous a accueilli dans le Diois, au sein du collectif de la Terriade, afin de nous partager son expérience sur l’efficacité énergétique dans l’habitat.

Synthèse de l’escale dans le camion — La Vière

Jeudi 5 octobre — Le camion quitte Concarneau de bonne heure, un peu plus chargé que d’habitude. Pour cause, l’escale en Isère commence par une exposition sur l’énergie à la Casemate*, espace culturel et fab lab de Grenoble. L’éolienne Piggott de l’escale précédente est embarquée. Elle est accompagnée par quinze visuels « made in Konk Ar Lab* » sur l’énergie, sa consommation dans l’habitat et différents moyens de la produire.

Pour revoir le tutoriel sur l’éolienne Piggott : https://www.youtube.com/watch?v=e_sZ3tH_15E


Installation du vélo-générateur — Kevin Loesle

Plus que treize heures de route et nous serons arrivés… Paul Ritch en boucle et quinze podcasts plus tard, nous voilà de l’autre côté de la France.

Samedi 7 / dimanche 8 — Après une installation express, le public accède aux vélos-générateurs, cœur de l’exposition où nous essayons de le familiariser à l’énergie à travers « le kW.h, facile à consommer, mais à produire ? ». Ce kiloWatt.heure, si abstrait, prend forme dans les cuisses des participants. Avec une moyenne de production de 50 W par cycliste, il nous faut 20 heures d’efforts pour produire notre fameux kW.h. La consommation et la production sont présentées autour d’une nouvelle unité énergétique : l’équivalent cycliste.

Vues de l’exposition à la Casemate de Grenoble

Plus de deux cents personnes vont s’intéresser au sujet pendant le week-end. De beaux échanges sont nés de cette exposition. Autour de quelques livres à feuilleter, beaucoup se sont sentis comme chez eux.

La Terriade

Lundi 9 — Arrivée matinale dans la fraîcheur du Diois, à une heure trente de Grenoble. Escale à Grimone, commune de Glandage. Ici, nous venons rencontrer David, qui nous présente le collectif de la Terriade, à la fois logement collectif et gîte rural. Il nous raconte le parcours de cette aventure humaine de dix ans et leur démarche vers la sobriété énergétique.

Le cadre est idyllique, l’installation de la Terriade, perchée dans les montagnes fait face aux forêts multicolores de l’automne.

David Mothiron — Initiateur du collectif de la Terriade

Trois jours de tournage sur le sujet de l’efficacité énergétique. Un gros challenge pour Camille et Clément : sur cette escale, on ne construit rien ! L’objectif est d’étudier le besoin, les solutions viendront par la suite.

Mais l’histoire de la Terriade est riche et le sujet intéressant. Les jours filent vite.

Tournage à la Terriade

Sur la route de Die

Mercredi 11 — D’après tous les locaux, le marché de Die vaut la peine et « tous les Indiens du Diois s’y retrouvent ». Curieux, nous y descendons. L’heure de route est un régal tant les couleurs et les paysages varient. Le marché, modeste, est jeune, dynamique et musical. Nos dernières économies finissent dans les chapeaux des artistes. Pendant l’après-midi à la Terriade nous visitions les logements alternatifs présents : une géode, une superbe yourte et plusieurs roulottes. Intéressant pour un Tour de France sur l’habitat.

A gauche, le marché de Die — A droite, la roulotte de la Terriade

Rencontre avec Benoit Grappe

Jeudi 12 — Retour à Grenoble où nous attend Benoit, de Schneider Electric, qui est à l’origine du projet des vélos-générateurs de l’exposition. À son tour de nous livrer sa vision et son expérience sur l’énergie. Sujet qu’il connaît bien après avoir installé plusieurs centrales de production d’électricité et de chaleur en Afrique.

Les grands rêves d’autonomie énergétique de Clément prennent un coup. Il semblerait que le soleil breton ne soit pas le même qu’au Togo.


Découpe et chargement du bois — La Vière

Dimanche 15 — Nous sommes attendus à la Terriade. Six tonnes de bois, abattues il y a deux ans, doivent rejoindre le village pour passer l’hiver. Quelques bras en plus ne sont pas de trop. Le camion se faufile sur le chemin tortueux pendant près d’une heure avant d’arriver sur une prairie isolée, perdue dans la forêt. L’équipe se met au travail. C’est un étrange mélange entre l’haltérophilie et Tetris pour remplir la remorque. Les heures passent, les bûches s’entassent mais nous y arrivons, sous l’œil attentif de Camille, toujours la caméra au poing. La benne pleine de bois et l’équipe, vide d’énergie, redescendent la petite route de montagne à l’arrière du tracteur.


La Vière

Mardi 17 — Après avoir commencé le montage et l’écriture de la notice à la Terriade, nous repartons pour les hauteurs de la Vière, où nous avons chargé le bois. L’endroit est magnifique et à part les loups, nous n’attendons pas de visiteur. À chaque escale, nous profitons de notre nomadisme pour nous mettre quelques jours en autarcie. Cet isolement facilite grandement l’activité de synthèse qui suit les rencontres.

Après de denses journées de réflexion et de réalisation, nous aérons nos esprits avec de riches histoires au cœur de notre prairie aérienne. Sebastiao Salgado nous emmène à la découverte de peuplades reculées d’Amazonie et Yuval Noah Harari nous surprend avec l’histoire de l’homme.


Il est maintenant l’heure pour Clément de rejoindre la Bretagne. Passage de relais à Pierre-Alain attendu de pied ferme par Camille pour étudier les toilettes sèches vers Annecy.

A très vite !

Camille & Clément / Low-tech tour 2017