Pourquoi je me suis lancée dans la balado

Au printemps 2015, j’animais l’émission sur l’économie et la société Vivre ensemble au XIXe siècle à CKIA 88,3 FM. C’est là que j’y ai fait la rencontre de Marie-Laurence Rancourt, qui y animait L’Alternative économique. Comment, un an plus tard, en sommes-nous arrivées à fonder ensemble un OBNL dédié à la création de baladodiffusions?

Marie-Laurence, qui rédigeait un mémoire sur l’histoire de la culture à Radio-Canada, caressait un rêve ambitieux. Elle souhaitait depuis deux ans déjà faire revivre la riche tradition radiophonique que l’on avait connue au Québec avant la disparition de la chaîne culturelle de Radio-Canada, c’est-à-dire renouer avec les documentaires travaillés comme des longs-métrages, les longs entretiens éloignés de tout vedettariat ouvrant sur la profondeur d’un sujet, le radio-théâtre, et plus encore. L’idée m’est immédiatement apparue comme lumineuse, importante et d’envergure. Mais comment faire? Imaginez deux jeunes femmes qui veulent renouveler la culture radiophonique de leur pays. Par où commencer?

Imaginez deux jeunes femmes qui veulent renouveler la culture radiophonique de leur pays. Par où commencer?

C’est en discutant l’été dernier au Café Sirocco, à Québec, du caractère quasi impossible de créer à nous deux une nouvelle radio nationale, ou de réformer celle déjà existante, que nous avons eu l’idée d’une toute autre approche. Marie-Laurence écoutait en baladodiffusion beaucoup d’émissions européennes et moi, beaucoup de balados (podcasts) américaines. Autant en Europe qu’aux États-Unis, la nouvelle radio créatrice qui innove et poursuit dans les traditions de l’écriture sonore se réalise et s’écoute surtout sur le web, en baladodiffusion, hors des ondes FM. Il nous est apparu possible de développer ce savoir-faire au Québec. L’idée de créer un organisme dédié à la création de documentaires, aux entretiens, aux fictions et aux parcours audio était née.

S’en est suivi un tourbillon de rencontres avec des acteurs du milieu de la culture et de la création sonore. Tous les vendredis soirs entre août et décembre dernier, nous invitions amis et mentors potentiels à prendre un verre autour de la longue table en bois dans la cuisine de Marie-Laurence dans Villeray pour discuter de nos idées et recevoir des conseils. La réponse fut unanime : autant les libraires que les gens de théâtre, en passant par les universitaires — tous ceux que nous avons rencontrés on insisté sur la difficulté d’avoir une tribune différente dans les médias actuels.

Autour de la grande table en bois.

Nous avons compris qu’un organisme ouvrant d’une nouvelle avenue de médiatisation de la culture serait accueilli à bras ouverts par le milieu culturel québécois. Très tôt, l’économiste Ianik Marcil, le libraire Jean-Michel Lapointe, le philosophe Christian Nadeau, le professeur en cinéma et histoire de l’art Serge Cardinal, l’ancien animateur de la Chaîne culturelle Stéphane Lépine, les créateurs Olivier Ginestet, Cédric Chabuel et Guillaume Campion et le journaliste Nicolas Pelletier et plusieurs autres nous ont offert leur appui et ont donné de leur temps pour penser la structure du projet qui portait jusqu’en mai dernier le nom de L’Atelier radio.

En avril 2016 dernier, notre projet a remporté la bourse du Plan culturel numérique de Culture pour tous. Grâce à cet appui important, Marie-Laurence et moi nous consacrons depuis mai dernier à faire décoller Magnéto, qui ne vivra pas de subventions mais s’inscrira plutôt dans le secteur en plein essor de l’économie sociale. Nous produisons des balados sur demande pour le compte du milieu culturel et sommes, à notre connaissance, le premier et le seul organisme au Québec qui promeut la création radiophonique et la culture par le son.

Pourquoi le son, plutôt que l’écrit ou la vidéo? Et comment au juste démarre-t-on une entreprise culturelle? Suivez Magnéto sur Medium, Facebook et Instagram!

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