Quatre mois dans la caserne aux startups

Maia Mater: Incubateur de 4 mois au sein de la caserne militaire de Nantes.

En mai dernier, on m’a proposé de rejoindre Maia Mater.

Je ne connaissais pas le principe mais je savais que j’avais besoin d’un coup de main. J’étais déterminée, j’avais le marché, mais pas de team, pas de réseau en France et je ne savais pas trop par où commencer.

Maia m’a mis un petit coup de pression et m’a permis de me rendre compte que je pouvais soit jouer dans la cour des petits soit me bouger le cul et passer à l’action.

J’étais très sceptique au départ. Mais mon égo était flatté d’intégrer Maia avec Do It Abroad, qui n’était pour l’instant que ma copine Maud et moi. En plus mes finances n’étaient pas forcément “béton” à ce moment là. Je réinvestissais tout ce que la boite gagnait pour la développer.

Le « no rent to pay » et le « live in a military barracks for 4 months with 8 startups and 20 entrepreneurs » soundait très attrayant pour moi et j’avais hâte que ça commence !

Le projet a pris du retard. On a finalement emménagé au mois de Juin. L’ambiance n’était pas forcément folichonne les premières semaines/mois contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. J’avais anticipé beaucoup plus d’entraide et de partage entres les projets mais ce n’était pas le cas. Il y avait plutôt de la défiance entre les teams, voir même de la concurrence. Ce qui était totalement débile sachant que nous étions tous sur des secteurs différents. Étant business et sans aucune connaissance tech, j’étais personnellement bien déçue de ne pas bénéficier de l’expertise des autres. En même temps, je ne peux que le blâmer on me, j’avais juste à aller chercher de l’aide toute seule et provoquer le dialogue. Plutôt que d’attendre. Mais ça c’est une question de maturité. #IChangedNow 😉.

Si je devais résumer Maia, je dirais que ça a été les montagnes russes. On a vécu beaucoup de très bons moments et beaucoup de moments difficiles. Je n’étais pas sûre de comment l’expliquer alors je me suis dit que j’allais faire une liste :

Les plus :

  • Free rent, free food : on ne va pas se mentir, pendant quatre mois ça fait du bien au porte monnaie
  • Les office hours : souvent tu te prends des coups de pieds au cul. Perso, ils étaient plutôt sympas avec moi. C’est peut-être parce que je suis une nana. Qui sait. Mais en tous cas les mecs étaient calés dans leur domaine, ils étaient passés par des épreuves similaires aux notres et ils étaient hyper enthousiastes à l’idée de nous aider.
  • Quatre mois pour me rendre compte que sans dev j’allais en chier. Résultat : sortie de Maia je signup pour le bootcamp du Wagon et 9 semaines après je sais enfin de quoi je parle et je peux parler produits avec les devs qui travaillent pour nous.
  • Construction de ta team : quatre mois à vivre les uns sur les autres, à partager les toilettes, les douches, la cuisine, les bureaux. Autant dire qu’on a appris à se connaitre. Dans les bons et les moins bons moments. Maia te donne les moyens et le temps de construire une vraie team. Tu as un endroit pour bosser et vivre pendant quatre mois. On n’a pas besoin de se payer et on peut faire des essais avec différentes personnes pour tester les fits à moindre coût.
  • Le network : office hours, other teams… on a rencontré des personnes inspirantes, motivantes, qui comprennent ce que l’on vit, nous poussent, sont passés par des moments comme les nôtres. Et ça, ça fait vraiment du bien. Je me souviens par exemple du mec de Flat. Tous les mentors étaient hyper pushys, ce que personnellement j’adore. Jusqu’au jour où ce mec arrive, je pitch comme toutes les semaines. Et le mec me dit « t’as l’air à bout, pars en vacances, prends toi deux semaines et va te vider la tête » j’étais tellement sur le cul. Mais je l’ai fait. Bon je n’ai pas pris 2 semaines évidement, mais j’ai pris 5 jours et ça a été la meilleure décision du mois d’aout
  • Le content : les vidéos de The Family. Perso le B2B sales de La Rochebrochard pour moi c’est quand même le best.

Les moins :

  • Le mois d’aout. On fait tous du business et croyez-moi, le mois d’aout ça a été le désert du Sahara pour tout le monde. On avait tous la dalle. On donnait tout mais closer des ventes en Aout quand tout le monde est en vacances, c’est hardcore, il y a intérêt à être créatif et mettre le temps à profit pour avancer sur autre chose.
  • Le startup bullshit : perso ça me fait horreur. En France on est tellement sur le « mettre en valeur des idées sexys » mais les gars redescendez sur terre. Les concepts qui marchent le mieux ne sont forcément pas les plus sexys. Et perso moi le small talk ce n’est pas mon truc. Mais à Maia il faut accepter que malheureusement c’est là. Take it or leave it.
  • You might loose your soul. Je voulais vraiment le mettre ici parce que pour moi ça a vraiment était un soucis. Tu es dans un environnement où tout le monde te donne constamment son avis sur TOUT ce que tu fais, porte des jugements et te dit comment faire. Alors oui je suis d’accord il faut être fort d’esprit et imposer ses propres idées mais c’est très facile d’être vulnérable dans ce genre d’environnent. J’ai personnellement trouvé ça très difficile de trouver l’équilibre entre: être à l’écoute de la critique et lose my self et mon why dans le process.
  • Rigidity : je n’ai jamais voulu rentrer dans une grosse boite, ce n’est pas pour être cloisonnée par des horaires : mais le problème de Maia, c’est que des horaires ont voulu être imposées. Ça a été un big fail. Mais le point positif avec eux c’est qu’ils apprennent de leurs erreurs et on très vite abandonner le “les gars on regarde tous les vidéos de The Family de 9h à 11h”.

Honesty est souvent ce qui manque dans ce milieu et c’est pour ça que j’ai voulu exposer mon point de vu de manière honnête sur mon experience à Maia Mater. Je suis néanmoins thankful de l’opportunité que l’on a eu et ce que l’on a pu réaliser au cours de ces mois. On est arrivé à deux et on est repartis à cinq. Personellement, j’ai été très challengée et ca m’a permis de prendre confiance en moi. On est reparti avec des idées plein la tête. La soif d’être unique, la soif de faire la différence et d’avoir un impact dans le monde. On avait une meilleure idée de nos strenghts et nos weaknesses et il n’y avait plus qu’à y aller. C’est ce qu’on a fait.

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